Bordeaux : GACP sur le point de se désengager ?

Bordeaux : GACP sur le point de se désengager ?©Media365
A lire aussi

Rédaction , publié le jeudi 28 novembre 2019 à 15h05

Les deux actionnaires principaux de Bordeaux, King Street et GACP, sont englués dans un conflit ouvert qui pourrait mener au rachat des parts du second par le premier. Un scénario qui inquiète les supporters des Girondins.



En façade, tout va bien à Bordeaux, 4eme de L1 après une série de quatre matchs consécutifs sans défaite toutes compétitions confondues. Mais la solution est loin d'être aussi reluisante en interne. A en croire les informations de Sud-Ouest, King Street et GACP, qui avaient racheté conjointement le club début 2019, ne s'entendent plus. Une situation qui pourrait mener à différentes issues, la plus probable étant le rachat des 13,6% de GACP par King Street, qui détient déjà 86,4% du club girondin. Le quotidien régional évoque même la réception de Marseille le 8 décembre prochain comme possible échéance pour l'officialisation. La rupture est liée à la situation financière du club.

Bordeaux vers la vente de quatre joueurs ?

GACP avait promis de la rétablir, sans succès pour l'instant, arguant qu'elle était bien plus pourrie qu'il ne l'avait dans un premier temps évalué, après divers audits. King Street, embarqué dans l'aventure par l'autre fonds de pension américain, qui n'avait pas les moyens de racheter seul le club, ne croit plus au plan présenté. Il pointe par exemple l'augmentation massive de la masse salariale, évaluée à 11 millions d'euros par Joe DaGrosa en septembre sur RMC Sport. Les comptes des Girondins sont tellement à sec que des actionnaires ont déjà dû injecter de l'argent frais dans les caisses pour régler les traites, en salaires ou en charges. C'est pourquoi la vente de quatre joueurs est programmée pour le Mercato d'hiver. Sans aucune garantie qu'il y ait des mouvements dans l'autre sens. Ayant une vision strictement financière du projet, qu'il s'est engagé à porter pour au moins cinq ans, King Street oppose son point de vue à celui plus sportif de GACP, qui réclame un investissement sur l'effectif plutôt que le secteur commercial.

Bordeaux vers une période d'incertitude

D'où l'opposition frontale entre Frédéric Longuépée, président des Girondins loin de faire l'unanimité par son comportement dans les bureaux, et Eduardo Macia, directeur sportif. « Je dois être concentré sur ce que je peux contrôler, ça, ce n'est pas le cas, a soufflé Paulo Sousa jeudi en conférence de presse. Ça aura des conséquences, ça en a déjà. On ne peut pas le mettre de côté. Je suis inquiet quand je vois qu'un club n'a pas encore compris que donner des informations privées n'aide pas à mettre en place ce qu'on essaye de construire. (...) Chacun doit mettre son ego de côté et respecter le club. » Les supporters de Bordeaux, rassurés par les résultats des dernières semaines, ont logiquement pris le parti de GACP, à l'origine de la venue de Macia et donc de Sousa sur le banc. Ils ont d'ailleurs manifesté leur colère à l'encontre de King Street dimanche lors de la réception de Monaco (2-1). Si GACP n'a pas abandonné l'idée d'agrandir sa part dans le capital, sa possible capitulation entraînerait Bordeaux dans une période d'incertitude. D'abord par la politique d'austérité qui en découlerait probablement, les têtes pensantes du projet sportif se trouvant de facto sur la sellette. Ensuite par la pérennité de l'investissement américain, qui ne pourrait pas atteindre les cinq ans promis.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.