Alain Roche : " Ressentir à nouveau la boule au ventre "

Alain Roche : " Ressentir à nouveau la boule au ventre "©Media365
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Clément Pédron, publié le mercredi 02 septembre 2020 à 15h17

Intronisé le 10 août comme directeur sportif des Girondins de Bordeaux, Alain Roche retrouve une fonction qu'il exerçait au Paris Saint-Germain il y a plusieurs années. De retour dans son club formateur, l'ancien défenseur entend relancer la dynamique bordelaise.

L'ancien international français (25 sélections) s'est confié à Orange Sport sur son arrivée en Nouvelle-Aquitaine cet été. Il explique les motivations qui l'ont conduit à signer avec les Girondins, ses ambitions pour le club et la perspective d'une saison particulière liée au contexte sanitaire.

Alain Roche, pourquoi avez-vous choisi de retravailler dans le monde du football en tant que directeur sportif, après plusieurs années à collaborer avec des médias ?

J'avais envie de repartir dans un club pour travailler, être au quotidien auprès des joueurs et développer la formation et la pré-formation. J'avais cette volonté de regoûter au stress aussi, ressentir la pression et la boule au ventre avant les jours de matchs. Cette incertitude du résultat et tout ce qui peut se passer avant une rencontre, ça me manquait. J'avais envie d'être présent tous les jours dans un club de football comme j'avais pu l'être au Paris Saint-Germain avant (il a été ancien joueur et directeur sportif du club parisien pendant une dizaine d'années).

Vous avez donc choisi Bordeaux, un club où vous avez été formé et pour lequel vous avez joué de nombreuses saisons (1983-1989 et 2000-2003). Quelle est la genèse de votre arrivée en lieu et place d'Eduardo Macia ? 

J'avais eu des opportunités par le passé avec Le Havre (Ligue 2) et plus récemment avec Saint-Etienne, mais ça n'avait pas été au bout, et la possibilité de revenir chez moi était très intéressante. J'étais ravi que Frédéric Longuépée (PDG des Girondins) et les actionnaires me contactent pour revenir dans mon club formateur. J'ai bien sûr réfléchi, de par la situation du club et de ce qui se disait à son propos. Il y a toujours une réflexion qui doit se faire au préalable pour savoir si on ne va pas dans le mur et là, ce n'était pas le cas. J'ai eu le président peu après la mi-juillet, on a pu discuter, on s'est rencontré et je me suis entretenu avec King Street, les actionnaires, pour arriver à un accord assez tardif, en même temps que l'actuel entraîneur Jean-Louis Gasset. Il y a du boulot mais j'ai été rassuré et le challenge est très motivant.

Comment sont vos rapports avec King Street justement et quels sont les objectifs du club ? 

On échange toutes les semaines ensemble, on fait des bilans sur tout l'aspect sportif. On souhaite bien entendu faire mieux que l'an passé (12eme, avec 37 pts à l'arrêt de la compétition, 14eme avec 41 pts lors de la saison 2018-2019) avec les moyens que nous avons actuellement, qui sont limités. Il faut que l'on gagne en stabilité financière par le biais du sportif, que l'on retrouve de l'unité, de la solidarité. Nous allons accentuer le développement de la formation et le recrutement des jeunes de la Nouvelle-Aquitaine. On veut vraiment valoriser le travail des éducateurs au sein du club et continuer à faire émerger des Jules Koundé (21 ans, défenseur central parti en 2019 au FC Séville), Aurélien Tchouaméni (20 ans, milieu défensif transféré en janvier 2020 à l'AS Monaco) ou encore Adam Ounas (23 ans, ailier droit de Naples depuis 2017). Comme beaucoup de clubs français, on est tributaire de notre formation et on n'a pas les mêmes moyens que certains pour conserver nos jeunes.

Bordeaux a ouvert sa saison à domicile contre le FC Nantes (0-0) puis s'est imposé à Angers (2-0), qu'est-ce que cela vous inspire ? 

Les deux matchs étaient très différents. A la maison, on a très rapidement été à 10 contre 11 (après l'expulsion du jeune Mehdi Zerkane à la 20eme minute), c'était très difficile mais l'équipe a bien tenu et a été bonne tactiquement. Les gars sont restés concentrés et l'état d'esprit a été irréprochable. On a réussi à maintenir ce 0-0, même si nous n'avons pas été très dangereux non plus. C'était un premier match, c'était important de bien lancer la saison. A Angers, on n'a pas bien débuté mais on a été très efficaces lorsqu'on a eu des occasions. On s'est appliqué défensivement et on a montré de belles phases de jeu, à mon sens cette victoire est méritée.

Qu'en est-il du mercato, dont la fin est fixée au 5 octobre ?

Tout d'abord avec nos moyens et le contexte actuel, plus que jamais, on s'appuiera sur notre centre de formation s'il y a des joueurs qui poussent. C'est toujours plaisant de voir des jeunes vouloir bousculer la hiérarchie au sein du groupe, c'est une dynamique motivante. Pour ce qui est du mercato, on a des pistes, on est en éveil mais on fait attention aux finances, on n'est pas comme Nice, Rennes ou encore Monaco qui ont déjà sorti le carnet de chèques. Pour l'instant, il n'y a pas de précipitation, on se doute que les entraîneurs veulent avoir leur effectif au complet, mais cette fenêtre de transferts étendue au 5 octobre nous empêche d'être sereins.

Vous commencez votre fonction dans un contexte particulier lié au Covid-19, comment vous le vivez ? 

Ça va. On fait comme tout le monde, on s'adapte, de toute façon on n'a pas le choix. Bien sûr, quand on évolue à domicile, on préfère avoir nos supporters avec nous. Ça reste frustrant car c'est la base d'un club, ce sont eux qui sont là tout le temps. On nous impose une jauge, on doit la respecter. On sait également que ces incertitudes économiques auront sans doute un impact sur le sportif et qu'il va falloir être solidaire ensemble.

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