Un barrage capital sur le plan économique

Un barrage capital sur le plan économique©Media365
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Rémi Farge, publié le jeudi 30 mai 2019 à 07h30

Dijon et Lens, qui s'affrontent en barrage jeudi et dimanche, n'ont pas seulement un intérêt sportif à évoluer en Ligue 1 la saison prochaine. Selon le résultat de cette double confrontation, les conséquences économiques peuvent en effet être énormes.

En quelques heures, les 38 200 places du stade Bollaert ont été vendues. C'est donc dans un stade aux vrais airs de Chaudron que Lens et Dijon s'affronteront ce jeudi soir (20h45) en barrage aller. A l'issue de cette double confrontation, dont le retour sera joué dimanche soir (21h00), une des deux équipes décrochera un billet pour la Ligue 1 en 2019-20, l'autre devant se contenter de la Ligue 2. Sur le papier, Dijon, 18eme de L1, part légèrement favori en raison de la débauche d'énergie des Lensois, qui ont dû passer par deux matchs de 120 minutes pour sortir le Paris FC et Troyes lors des play-offs.

Un fonds d'aide versé aux relégués pour les accompagner

« C'est subjectif, irrationnel, mais on a eu tellement d'éléments contraires avec l'arbitrage, les expulsions, les prolongations, et nous sommes toujours là. Même si les joueurs y sont pour beaucoup, on se dit qu'il y a peut-être des énergies autour qui permettent de se sublimer », a souri Philippe Montanier en conférence de presse cette semaine. Sauf qu'en face, le DFCO est aussi porté par une force nouvelle depuis qu'il accroché de façon presque inespérée le barrage à l'issue de la 38eme journée de championnat le week-end dernier. « On veut à tout prix se sauver. On a notre destin entre nos mains avec cet avantage de jouer le retour à la maison », a déclaré Antoine Kombouaré avant d'aller dans le Pas-de-Calais.

Si l'enjeu sportif est immense pour Dijon et pour Lens, l'enjeu économique l'est encore plus. Le gouffre est tel entre les deux divisions qu'une montée ou une relégation change complètement la face de toute la structure professionnelle. Depuis peu, la LFP a instauré un fonds d'aide aux clubs relégués en L2 pour éviter les accidents industriels. Mais cela ne suffit pas à combler cette impression de deux mondes complètement différents. A titre d'exemple, la saison dernière, le budget issu des droits TV garantissait entre 15 et 16 millions d'euros à un club de L1 (en finissant dernier), avant même une montée à 20 M€ pour les clubs se maintenant dans l'élite.

Moitié moins de droits TV entre L1 et L2

A l'inverse, en Ligue 2, les sommes se divisent presque par deux. Reims, sacré champion en 2017-18, n'avait touché que 7 M€ via les droits TV. Moitié moins que la lanterne rouge de Ligue 1. Si Lens a donc tout à gagner en arrachant sa promotion, le DFCO a lui beaucoup à perdre. Comme pour prévenir toute sinistrose, le président bourguignon Olivier Delcourt avait d'ailleurs anticipé un échec avant la 38eme journée de L1, la semaine dernière dans les colonnes du Parisien. « Pas mal de clubs sont obligés, quand ils descendent, de serrer la vis financièrement à cause notamment de la baisse des droits TV. Mais nous sommes une petite structure à taille humaine avec des finances saines. J'ai pris l'engagement que le personnel administratif ne sera pas impacté en cas de descente », a-t-il assuré. C'est déjà ça de pris...

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