Juba Touabi, Media365 : publié le mercredi 08 avril 2026 à 21h45
Le rapport annuel de la DNCG pour la saison 2024-2025 confirme une tendance inquiétante : le football professionnel français est plus que jamais déficitaire, dépendant des transferts et des apports extérieurs pour survivre.
Le constat est sans appel. Avec des produits en chute à 2,36 milliards d'euros (-18 %) et un résultat net global de -542 millions d'euros, la situation financière du football français se dégrade. Le résultat d'exploitation atteint même -1,404 milliard d'euros, traduisant un modèle structurellement déficitaire. Derrière ces chiffres alarmants, une réalité persiste : sans les ventes de joueurs, estimées à +886 millions d'euros, les pertes seraient abyssales. Si les capitaux propres progressent (+49 %) et que l'endettement s'améliore légèrement, cette évolution repose essentiellement sur les injections des actionnaires et non sur une activité rentable. Dans le même temps, les revenus ont reculé, notamment en raison de la fin partielle de l'accord CVC. Les droits TV (797 M€) et le sponsoring (788 M€) stagnent, tandis que certains produits annexes chutent fortement.
Un championnat de plus en plus inégalitaire
La situation est encore plus marquée en Ligue 1, où le déficit net atteint -466 millions d'euros. Le championnat est dominé économiquement par le Paris Saint-Germain, qui concentre à lui seul 38,7 % des revenus totaux et près de 45 % des recettes commerciales. Un déséquilibre frappant, puisque le club parisien génère plus de revenus que les 12 plus petits clubs réunis. Les droits TV illustrent également cette concentration, avec 33 % captés par le PSG, tandis que plus de la moitié des revenus audiovisuels proviennent désormais des compétitions européennes.
Les charges atteignent 3,35 milliards d'euros, largement supérieures aux revenus hors transferts. La masse salariale représente à elle seule plus de la moitié des dépenses (51,7 %), avec une légère baisse globale. Si les salaires des joueurs reculent (-10 %), ceux des staffs explosent (+26 %), illustrant un ajustement encore insuffisant. Dans ce contexte, les transferts restent la clé de voûte du système. Avec 754 millions d'euros de plus-values et un résultat positif de 736 millions, ils permettent de compenser une grande partie des pertes. Mais ce modèle demeure fragile, dépendant du marché international. Le rapport de la DNCG dresse ainsi le portrait d'un football français sous tension, marqué par des pertes massives, une dépendance aux investisseurs et des inégalités croissantes.














