Puel, même pas mal

Puel, même pas mal ©Icon Sport
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GM de la rédaction de TELEFOOT, publié le samedi 28 novembre 2020 à 18h30

Evénement TELEFOOT - Depuis 7 journées, l'AS Saint-Etienne enchaîne les défaites et plonge au classement. Une situation grave mais pas encore désespérée pour son entraîneur, l'ultra expérimenté Claude Puel, qui en a vu d'autres et qui garde son flegme alors que les Verts reçoivent dimanche Lille.




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« Je commence à avoir l'habitude maintenant dans le foot.

On passe de la crise à l'Europe et de l'Europe à la crise en un rien de temps. C'est comme ça... ». Quand les entraîneurs rabâchent à tout bout de champ que tout va très vite dans le foot, Claude Puel en connaît un rayon sur ce vieil adage à l'effet boomerang. Il y a six ans déjà à l'OGC Nice, l'actuel entraîneur de l'AS Saint-Etienne avait traversé pareille zone de turbulences après avoir croulé sous les louanges. Sans parler des crisettes, crises de croissance et autres crises de foi en son projet qui ont émaillé depuis vingt-et-un ans son brillant parcours d'entraîneur, débuté à l'AS Monaco, puis prolongé à Lille, Lyon et Nice, avant de goûter aux joies de la Premier League du côté de Southampton puis Leicester.


Tout va si vite dans le foot...

Il y a tout juste deux mois, Claude Puel marchait donc sur l'eau. Pour son 600e match sur le banc d'un club de Ligue 1 (ce qui en fait le sixième entraîneur le plus capé de l'histoire du championnat de France), le technicien castrais réalisait un doublé d'anthologie avec ses Verts : premier succès à Marseille depuis 41 ans synonyme de première place du classement de L1 depuis la saison 1981-82 ! De quoi voir venir et qui sait, d'envisager à terme l'Europe, pensait-on dans le Forez. Mais comme il est dit que tout va très vite dans le foot...

Ne pas céder à la « panique »

Car depuis fin septembre, rien ne va plus à Saint-Etienne qui vient d'enregistrer sa septième défaite consécutive en championnat et qui pointe désormais à la 13e place avec un mince tapis de 2 points d'avance sur le barragiste lorientais. Une effrayante chute libre qui dépasse le simple cadre de la mauvaise passe ou de la série noire. Mais Claude Puel ne s'affole pas. A 59 ans, l'actuel manager général de l'ASSE en a vu d'autres et ne veux pas céder au pessimisme ambiant. Avec son débit apaisé et son calme apparent car on l'imagine forcément bouillonnant de l'intérieur.

Toujours des ambitions européennes

« Je voudrais que Saint-Etienne retrouve au plus vite les joutes européennes, confie Claude Puel à Téléfoot La Chaîne. J'avais aussi dit ça par le passé à Nice quand j'étais arrivé et ça avait fait sourire. Je m'étais bien fait allumer. Mais finalement au bout d'un an, on finissait quatrièmes. J'ai envie que ce club de Saint-Etienne se fixe des ambitions. Je veux toujours que l'on puisse avoir des ambitions de haut de tableau, de coupes d'Europe. Mais ça ne vient pas tout seul. Alors oui, en ce moment, on est à la peine mais on a toujours ces ambitions chevillées au corps, de récupérer plus de joueurs, d'avoir plus de possibilités. Et de reprendre notre marche en avant... »

Une double casquette qui pèse lourd

Malgré la tempête et le bashing, le triple champion de France (2 fois comme joueur en 1982 et 88 avec Monaco, 1 fois comme coach de l'ASM en 1999) garde le cap. Même si son bilan comptable ne plaide pas forcément en sa faveur depuis son arrivée sur le banc stéphanois en octobre 2019 avec seulement 38% de victoires en 39 matches officiels disputés, Claude Puel ne devrait pas être inquiété de sitôt. Le foot, ce ne sont en effet pas que des cycles, des séries, des stats et des lendemains qui déchantent. Ce sont également des contrats parfois bien bétonnés comme le sien puisque le technicien français porte à la fois les casquettes d'entraîneur et de manager général à l'anglaise. Surtout, il incarne à la perfection le projet souhaité par les membres du Conseil de surveillance du club. Et puis, par les temps qui courent, les Verts plomberaient un peu plus leurs finances en se séparant d'un coach sous contrat jusqu'en 2022 qui émarge aux environs de 200.000 euros par mois...

« Plus le challenge est difficile, plus ça m'attire »

« J'ai toujours ce truc en moi pas très bon pour un entraîneur de fixer des challenges qui ne paraissent pas possibles, insiste Puel, qui n'est pas près de déposer les armes. Plus le challenge est difficile, plus ça m'attire. » Une vraie marque de fabrique pour cet entraîneur à la détermination bien trempé qui, il y a encore quelques années, mettait la misère à ses joueurs lors des footings collectifs. Mais pour espérer redresser la barre et replacer les Verts dans des eaux bien plus dignes de leur standing, le coach va devoir trouver la bonne alchimie en proposant du neuf avec beaucoup de jeunes et quelques « vieux ». Le genre de défi qui transcende ce dur à cuire. A Saint-Etienne, les feuilles mortes ne se ramassent pas encore à la Puel...