Perrin, le Derby dans la peau

Perrin, le Derby dans la peau©Icon Sport

La rédaction de TELEFOOT, publié le samedi 07 novembre 2020 à 10h00

Evénement TELEFOOT. Ancien capitaine des Verts, Loïc Perrin sait mieux que quiconque ce que représente un Derby entre Lyon et Saint-Etienne, dont le 121e Acte a lieu ce dimanche soir.

Imprégné de cette rivalité depuis ses 12 ans, le néo retraité a croisé le fer près d'une cinquantaine de fois avec ses meilleurs ennemis !



Plus volcanique qu'un PSG-OM, plus historique qu'un Bordeaux-Nantes, plus suprémacisme qu'un Lille-Lens, c'est Lyon vs Saint-Etienne. Le derby des derbies made in Ligue 1, qui s'apprête à livrer dimanche soir son 121e Acte.

Pour évoquer cette rivalité séculaire entre deux villes distantes d'une soixantaine de kilomètres, qui de mieux que Loïc Perrin, le néo retraité et ancien capitaine stéphanois, aujourd'hui consultant pour TELEFOOT La Chaîne ? Rare joueur moderne à n'avoir défendu qu'une seule couleur durant toute sa carrière, Perrin a été biberonné à ce Derby dès son arrivée en 1997 au centre de formation des Verts à l'âge de 12 ans. Avant d'en devenir un acteur récurrent et saisonnier des catégories jeunes à l'équipe première jusqu'en 2020, pour un total d'une bonne cinquantaine de Derby disputés ! Verbatim.

Une rivalité plus soft chez les jeunes

« En catégories jeunes, les résultats étaient plutôt équitables. J'ai disputé mon premier Derby lors de la saison 1997-98 en U13. Aborder des matches comme ça, c'est formateur même si heureusement, on ne ressent pas la haine qu'il peut avoir au niveau supérieur. On parle de suprématie régionale mais perdre un Derby en jeunes, ça ne change pas la face du monde. Je ne sais d'ailleurs pas si c'est le résultat qui est le plus important ou si c'est de se former pour être prêts en professionnels. »

De l'électricité dans l'air

« L'atmosphère est particulière la semaine qui précède un Derby. J'ai vécu plein de situations différentes : les supporters qui venaient au centre d'entraînement. D'autres fois où ils ne voulaient pas venir pour nous laisser tranquille. D'autres fois encore où ils étaient le matin avec des fumigènes pour nous voir partir à Lyon car ils étaient interdits de déplacement. Quand un nouveau joueur arrivait, je n'avais pas forcément besoin de lui expliquer ce qu'était un Derby car il s'en rendait rapidement compte à l'approche du Derby où l'atmosphère était différente... »

Un goût amer

« Aujourd'hui, ce qui m'embête, c'est de voir le climat et les proportions que le Derby peut prendre entre supporters. Le foot est un jeu. On doit aller au stade pour prendre du plaisir et après, que le meilleur gagne ! Mais aujourd'hui, ça dépasse les limites et c'est pour cela que les groupes de supporters ont été interdits de part et d'autre parce que ça va trop loin. C'est dommage. Il peut y avoir une grande rivalité entre deux clubs mais sans haine. Ça doit rester du sport. »

Ses meilleurs souvenirs

« Les meilleurs souvenirs que je garde des Derbies, c'est la communion avec le public quand on a gagné. Je n'en ai d'ailleurs pas gagné un chez les pros de 2004 à 2010. J'ai dû attendre 2010 pour la Centième pour remporter une victoire. A notre retour au centre d'entraînement de l'Etrat, c'était n'importe quoi avec les supporters ! Lors du premier Derby que l'on regagne à Geoffroy-Guichard 3-0 (en 2014), ça reste également un souvenir très marquant. Mais je me souviens également d'un Derby chez les jeunes : mon coach avait prédit le score de 2-1 pour nous avec une boulette du gardien. Et on avait gagné à la Plaine des Jeux à Gerland 2 à 1 avec une boulette du gardien ! Ça m'est resté ! »

Une date vite cochée dans le calendrier

« Je ne sais pas si le mot est conditionné, je ne sais pas comment ça se passe à Lyon même si je sais pour en avoir discuté avec certains Lyonnais que c'est un grand au-dessus, même quand on a 13 ans. En tout cas chez les pros, quand le calendrier de Ligue tombe 1 en début de saison, c'est automatique : on regarde d'abord le Derby, puis Paris, les gros matches, savoir quand c'est. Et depuis que je joue, c'est incroyable, c'est toujours en octobre-novembre. Ce n'est jamais en début de saison. Ça rend les conditions de jeu encore plus âpres,... »

Pas de haine des Lyonnais

« Quand j'ai retrouvé sous le même maillot à Saint-Etienne des anciens Lyonnais comme Jérémie Clément ou François Clerc, ou d'autres Lyonnais encore lors des rassemblements en équipe de France, on a pu échanger au sujet du Derby et c'était plutôt sympa. Il faut savoir faire la part des choses. Les Lyonnais étaient mes adversaires. Quand je rentrais sur le terrain, j'avais envie de gagner, de mener un combat mais je n'ai jamais haï un adversaire. C'est l'histoire d'un moment où l'on rencontre une certaine équipe. »

Inconcevable de passer à l'ennemi

« Le Derby d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ceux d'avant, où il y avait plus de la moitié des deux effectifs qui avaient été formés et formatés pour ce Derby. Même si je ne suis pas le bon exemple, c'est le foot actuel. Ça n'existe plus un joueur qui reste toute sa carrière dans le même club. En tout cas, pour moi, ça aurait été inconcevable de jouer à l'OL. Ce n'était pas possible. Je n'ai rien contre Lyon, c'est une super équipe, mais ça ne m'a jamais effleuré l'esprit. »

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