Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le vendredi 11 septembre 2026 à 13h20
Sidney Govou n'aime pas du tout le climat actuel autour de l'Olympique Lyonnais et ne se gêne pas pour le dire. Cela le pousse même à prendre une décision très forte.
Le 29 août dernier, l'Olympique Lyonnais a concédé le match nul au Groupama Stadium devant Le Havre (1-1). Le club rhodanien était déçu par la contre-performance à domicile et était encore plus désappointé après la rencontre quand il a appris une agression raciste.
Une élue de Rillieux-la-Pape, Meriem Bouchedda, et son conjoint ont été agressés à l'extérieur du stade lyonnais alors qu'ils regagnaient leur voiture. « Après avoir été insultés à plusieurs reprises, notamment par le terme "bougnoules", mon conjoint a été roué de coups par plusieurs individus. En tentant de lui venir en aide, j'ai à mon tour été violemment frappée. Mon t-shirt a été déchiré et mes lunettes ont été cassées », avait expliqué sur les réseaux sociaux l'étudiante en droit.
L'OL avait déploré et condamné fermement « toute forme de violence », apportant son soutien aux victimes. Ancienne gloire du club, Sidney Govou est également dépité par ce climat malsain autour de l'institution lyonnaise. L'ex-milieu offensif international dénonce le racisme dans le football, vendredi dans les colonnes du Progrès.
Govou refuse que son fils de 17 ans aille en tribune
« À l'époque où je jouais, il y a déjà eu des actes discriminatoires, narre Govou. Je me souviens m'être battu avec un responsable d'une tribune du virage Sud parce qu'il m'avait fait des réflexions racistes, sans doute après un match où je n'avais pas été bon. Mais là, c'est en père de famille que je réagis ».
Titré champion de France à 7 reprises avec l'Olympique Lyonnais (2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008), Sidney Govou refuse ainsi que son fils de 17 ans suive les matchs du club en tribune. « Mon fils, 17 ans aujourd'hui, est né à Lyon, il est fan de l'OL, il est métis. Plusieurs fois, il m'a demandé d'aller suivre un match en tribune. Et je lui ai dit non, naturellement. Ce n'est pas normal que je refuse qu'il aille en tribune parce que j'ai peur des actes racistes à son encontre, juste parce qu'il est métis. »
« Depuis trop longtemps, on a laissé faire »
L'ancienne figure lyonnaise n'a pas tous les supporters de l'OL dans le viseur. Il en veut surtout à l'Etat. « Je pense que le club agit. Ce n'est pas sa responsabilité mais celle de l'État. Le racisme est un délit puni par la loi, ce n'est pas juste une pensée politique. Depuis trop longtemps, on a laissé faire, lâche Govou, 47 ans. Je parle de l'OL parce que c'est ce que je connais le mieux, mais je peux parler de pas mal d'autres clubs. Les seuls où je n'ai pas ressenti ça, ce sont Marseille et Paris. Il n'y a pas ce côté malsain où les mecs te regardent avec un côté haineux qui va au-delà du foot. À Lyon, je trouve que c'est trop présent. »
« Il faut agir vite avec l'État car c'est au-delà du foot. Je pense que ce sont des partis politiques extrêmes, quelle que soit la tendance, qui mettent des gens dans ce milieu-là. Et ça devient dangereux », ajoute Sidney Govou dont l'ancien club se déplacera sur le terrain du Paris FC, samedi (20h45).














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