Mandanda, un plan B de premier choix

Mandanda, un plan B de premier choix©Icon Sport
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La rédaction de TELEFOOT, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 12h00

Evénement TELEFOOT. Douze ans après son arrivée en équipe de France, Steve Mandanda reste un indéboulonnable de la Maison Bleue.

A 35 ans, le gardien de l'OM doit cette exceptionnelle longévité à une remise en cause exemplaire. G.M. de la rédaction de TELEFOOT



Avec des si, l'Olympique de Marseille aurait mis depuis belle lurette Paris en bouteille et Hugo Lloris serait maître-nageur dans sa bonne vieille ville de Nice. Mais l'histoire du sport recèle de rendez-vous manqués, de problèmes de timing et de concurrence exacerbée. Et Steve Mandanda n'échappe pas à cette règle. Douze ans après son arrivée en équipe de France, le capitaine de l'OM ne compte « que » 34 sélections au compteur (ce qui en fait tout de même le 6e gardien tricolore le plus capé de l'histoire ex-aequo avec Grégory Coupet) alors que son nom a pourtant été couché... 142 fois sur une feuille de match international, si l'on inclut d'ores et déjà le match de ce samedi face au Portugal en Ligue des Nations ! Converties en capes « sonnantes et trébuchantes », ces appels en Bleu seraient synonymes de co-record absolu, au même niveau que les 142 sélections record de Lilian Thuram... tandis qu'Hugo Lloris en compte aujourd'hui 118 ! Mais avec des si...

« Je suis numéro 2 »

« Cela fait des années que je suis là et aujourd'hui, dans mon esprit, c'est toujours la même chose : être performant au service du collectif et avec comme objectif n°1 que l'équipe gagne, expliquait Steve Mandanda il y a un an en conférence de presse après son retour en force sur le devant de la scène. Je suis le plus ancien de ce groupe et s'il y a pas mal d'écart entre les convocations et les sélections, je connais mon rôle depuis pas mal d'années. Je suis n°2, je dois répondre présent lorsque l'on fait appel à moi. Cela ne met pas davantage de pression car j'ai beaucoup d'expérience et d'années en Bleu. Hugo est notre capitaine, le n°1, et il n'y a aucun débat à ce sujet. »

Dix kilos en moins et ça repart !

Pourtant, s'il a bel et bien existé un différentiel parfois ténu, souvent manifeste entre les deux portiers durant la période allant de la Coupe du monde 2010 au Mondial 2018, l'écart entre Mandanda et Lloris ne cesse de se réduire depuis plus d'un an et la décision radicale du natif de Kinshasa de se remettre autant en question qu'au charbon. Rondouillard, nettement moins performant et explosif, le meilleur gardien de Ligue 1 2008, 2011, 2015, 2016 et 2018 - alors âgé de 34 ans - avait décidé de sortir de sa zone de confort et de suivre durant l'été une cure drastique d'amincissement. Histoire de s'alléger d'un excédent pondéral estimé alors à une dizaine de kilos. Le tournant de son retour au plus haut niveau et le maintien de son statut finalement d'indéboulonnable de la Maison France, au point même d'avoir été titularisé dans la foulée quatre fois au cours de l'automne 2019 dans les cages des Bleus. De quoi rafraîchir et mettre à jour son surnom d'« El Fenomeno » !

« Les critiques, il faut savoir les accepter »

« À aucun moment je n'ai pensé arrêter l'Équipe de France, cela ne m'a jamais traversé l'esprit, souligne Mandanda. C'est un plaisir, un honneur de faire partie de ce groupe, de porter ce maillot. C'est une source de motivation supplémentaire pour être performant en club et d'avoir dans un coin de ma tête d'être présent aux rassemblements. On doute forcément mais j'avais cet objectif de revenir et de me donner tous les moyens pour être performant et de nouveau convoqué en Équipe de France. Les critiques, il faut savoir les accepter, comme les éloges. Un sportif de haut niveau doit être fort mentalement et savoir se remettre en question quotidiennement. C'est ce qui me permet d'être là encore aujourd'hui. »

« Beaucoup de gardiens n'ont pas duré... »

Quitte à passer pour le papy de la bande qui fait de la résistance ? « Je n'en suis pas agacé, c'est une réalité, a-t-il avoué le mois dernier en conférence de presse. Je suis le plus ancien. J'ai un rôle à jouer. Je l'assume et je le fais avec grand plaisir si on me demande d'être présent ou de donner mon avis. (...) On a vu beaucoup de gardiens ou de joueurs passer et qui, malgré beaucoup de talent, n'ont pas duré. Moi, j'ai énormément de convocations, mais peu de sélections par rapport au nombre de convocations. Je prends tous les matches avec énormément de plaisir. C'est une fierté d'être encore là aujourd'hui. Je profite et je vis à fond tous les moments. Je ne suis pas quelqu'un qui se projette. »

De retour vers le futur

Pourtant, c'est presque un retour vers le futur dans lequel est embarqué le champion de France 2010 et triple vainqueur de la Coupe de la Ligue, qui a défendu les buts français le mois dernier face à l'Ukraine (7-1), avant de remettre ça cette semaine contre la Finlande pour une issue nettement moins heureuse (0-2). Avec pour cerise sur le gâteau, un brassard de capitaine solidement accroché à son biceps. Une double marque de confiance de Didier Deschamps qui vaut tous les hommages, même si le sélectionneur national ne pense que du bien de cet inoxydable gardien de but, accessoirement joueur le plus capé de l'histoire de l'OM avec 559 matches disputés sous le maillot phocéen. « Il a une expérience énorme, je l'ai connu en club (de 2009 à 2012), je sais son rôle de leader, souligne le sélectionneur national. Il a eu un passage difficile et il prolonge sa carrière. Il est à un poste où les années posent moins problème. A lui de maintenir son niveau de performance. C'est un garçon positif qui tire le groupe vers le haut. »

Un ticket presque composté

Propulsé pompier de service ces dernières semaines dans les buts marseillais, Steve Mandanda a prouvé qu'il va falloir encore sérieusement compter sur lui cette saison. Au train où vont les choses, ses prestations en club devraient lui permettre de composter tout naturellement et dans la logique des choses son ticket pour monter dans le train de l'Euro 2020, qui aura lieu l'été prochain Covid oblige. Après les Coupes du monde 2010 et 2018, ainsi que les Euro 2008, 2012 et 2016, le gardien formé au Havre disputerait ainsi la sixième compétition internationale sous le maillot de l'équipe de France. La marque des grands, assurément.

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