Juba Touabi, Media365, publié le mercredi 25 juin 2025 à 15h45
Face à la montée des violences et comportements haineux dans les tribunes, l'État et la Ligue de Football Professionnel (LFP) ont signé une convention inédite.
Les instances veulent garantir des rencontres de football plus sûres et responsabiliser tous les acteurs du sport professionnel. Insultes racistes, chants homophobes, usage de fumigènes, violences physiques... La fréquence des incidents dans les stades français a conduit les autorités à prendre des mesures concrètes. Pour la première fois, une convention regroupe dans un même texte les engagements de l'État, de la LFP et des clubs. Elle fixe une ligne commune : renforcer la sécurité des spectateurs, joueurs et personnels.
Mobilisation sans précédent des forces de l'ordre
Chaque week-end, près de 30 % des forces mobiles seront mobilisées pour encadrer les matchs de football professionnel. Les stades accueilleront désormais systématiquement des Postes de Commandement (PCM), permettant une analyse en temps réel des images de surveillance. Par ailleurs, des Contrats Locaux de Sécurité (CLS) verront le jour entre clubs, préfectures et exploitants pour fluidifier la coordination locale. Les clubs devront renforcer les contrôles aux entrées, interdire les chants discriminants, proscrire les objets dangereux et instaurer une billetterie nominative.
Marie Barsacq, la ministre des Sports, y voit un "tournant majeur" dans la gestion sécuritaire du football hexagonal : « Cette saison a été le théâtre d'incidents graves, des chants homophobes, racistes... Cette convention va nous donner les moyens d'agir. » Fini les sanctions collectives jugées pénalisantes pour les supporters exemplaires. La nouvelle convention prône une répression individualisée, facilitée par un accès plus rapide aux images de vidéosurveillance. Les interdictions administratives de stade seront renforcées. « Il faut individualiser les sanctions, je n'ai pas d'attrait pour les sanctions collectives, mais cela veut dire qu'il faut les preuves », a martelé le ministre Bruno Retailleau. Ce changement de méthode repose sur une alliance inédite entre pouvoirs publics, forces de l'ordre et monde du football. Vincent Labrune, président de la LFP, a indiqué : « On ne peut pas appeler sans cesse à la fin des sanctions collectives si dans le même temps les clubs ne nous aident pas à individualiser [les sanctions] ». Avec cette convention, les instances espèrent restaurer un climat serein dans les stades et réconcilier passion et sécurité.













