Ligue 1 : Moins de remous pour la journée de lutte contre l'homophobie

Mathieu Warnier, Media365 : publié le lundi 20 mai 2024 à 11h00

Alors que l'initiative avait provoqué des polémiques l'an passé, la mobilisation de la Ligue 1 ce dimanche pour la lutte contre l'homophobie a été plus largement respectée même si certains n'ont pas souhaité y participer.

La 34eme journée de Ligue 1 avait un côté exceptionnel. Au-delà de conclure la journée, elle a permis au football professionnel français de prendre position dans la lutte contre l'homophobie. Alors que les numéros aux couleurs de l'arc-en-ciel ont été remisé, les joueurs ont porté un maillot portant un logo du championnat arborant ce symbole ainsi qu'un badge sur lequel le mot homophobie apparaissait barré. Pensé pour éviter les polémiques vécues la saison passée, ce dispositif n'a toutefois pas obtenu l'adhésion de tout le monde. « 99,9 % acceptent de porter le maillot, a noté dans des propos recueillis par le quotidien L'Equipe Jeff Puech, co-fondateur de la Fondation pour le Sport Inclusif. Et à côté, cette lutte avance, les lignes bougent, il y a un dispositif, un travail qui est fait tout au long de la saison contre les discriminations, contre le racisme et l'homophobie, avec une jeunesse plus sensibilisée, des joueurs rencontrés en club, une concertation avec l'UNFP, une compréhension des joueurs qui a évolué. » Alors que l'ensemble des entraîneurs et des arbitres ont rejoint le mouvement en portant un brassard dédié, deux joueurs se sont signalés en amont des rencontres. Dès ce samedi, le FC Nantes a communiqué sur l'absence de son attaquant Mostafa Mohamed, qui avait déjà refusé de participer à cette mobilisation l'an passé. Ce qui pourrait valoir à l'Egyptien une sanction de la part de ses dirigeants. Du côté de Monaco, c'est Mohamed Camara qui a s'est refusé à afficher les symboles voulus par la LFP lors de cette rencontre.

La ministre demande des sanctions

Titularisé par Adi Hütter, qui a confié que « c'est une initiative personnelle » du joueur qui appellera « une discussion en interne avec lui à propos de cette situation », et buteur lors du succès monégasque contre Nantes ce dimanche, le milieu malien avait apposé de la bande adhésive blanche sur les logos placés sur son maillot en lien avec la lutte contre l'homophobie. Alors que, selon les informations du quotidien L'Equipe, la LFP ne compte pas sanctionner le joueur monégasque, le son de cloche n'est pas le même du côté du gouvernement. « Je trouve que c'est un comportement inadmissible, a ainsi affirmé la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra ce lundi dans un entretien accordé à RTL. J'ai pu d'ailleurs dire ce que j'en pensais à la Ligue de Football Professionnel hier (dimanche) soir et j'estime qu'un tel comportement doit faire l'objet des sanctions les plus fermes à la fois contre le joueur, mais aussi contre le club qui l'a laissé faire. » Il y a toutefois une prise de parole qui fait polémique, celle de Jimmy Briand en amont de la rencontre entre Monaco et Nantes. L'ancien attaquant, consultant pour Prime Video s'est exprimé au sujet de l'absence de Mostafa Mohamed en Principauté. « Il faut respecter, a-t-il affirmé alors que les deux équipes posaient pour une photo commune quelques instants avant le coup d'envoi de la rencontre. Chacun a ses convictions et c'est ça aussi le respect, de respecter les convictions de chacun. » Un discours qui n'a pas échappé au collectif « Rouge Direct », mobilisé contre l'homophobie dans le football, qui a vivement réagi via les réseaux sociaux. « Vous diffusez un message d'apologie de l'homophobie ? C'est un délit, a rappelé le collectif via un message publié sur Twitter Un rappel à la loi s'impose en direct. »

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