Ligue 1 : Lorient enfonce Reims

Ligue 1 : Lorient enfonce Reims©Media365
A lire aussi

Arnaud DEMMERLE, publié le samedi 17 octobre 2020 à 19h22

Handicapé par les absences et réduit à neuf, le Stade de Reims a de nouveau chuté à domicile face à Lorient (1-3), métamorphosé au retour des vestiaires. Les Merlus renouent enfin avec la victoire. Pour les Champenois, la seconde période, cauchemardesque, est à vite oublier.

Visage fermé, regard noir, traits tirés, David Guion a le masque au coup de sifflet final. L'entraîneur rémois est-il en sursis ? La question, impensable, saugrenue il y a quelques semaines, ne l'est plus aujourd'hui. Après son élimination sans gloire sur la scène européenne et un début de saison plus que décevant (deux matchs nuls en six journées avant cette rencontre), le Stade de Reims a enregistré, ce samedi, son cinquième revers de la saison en Ligue 1 lors d'un match charnière face au promu lorientais, qui n'allait guère mieux jusque-là. Mais portés par un trio offensif de feu (Wissa, Moffi et Hamel), les Merlus ont renversé la vapeur pour s'octroyer une bonne pêche et sabrer le champagne comme il se doit.

Cassama, les montagnes russes

Après une première période globalement bien maîtrisée, le club de Jean-Pierre Caillot a complètement perdu le fil de son match lors d'un second acte cauchemardesque. Moreto Cassama en est le parfait symbole. L'excellent international bissaoguinéen, successeur dans l'entrejeu d'Alaixys Romao, a d'abord rayonné et débloqué la situation ainsi que son compteur personnel d'une merveille de frappe enroulée du pied droit (1-0, 15eme). Mais il est également rentré avant ses coéquipiers aux vestiaires, après une grossière faute sur Pierre-Yves Hamel (70eme). Le score était déjà à ce moment-là de 1-2 pour les Lorientais. Comment peut-on expliquer ces deux visages ? Le manque de confiance évident. Mais surtout la cascade d'absences avant (Konan, Berisha, Zeneli, Hornby et Dia) et pendant ce match (Chavalerin et Kutesa). C'est bien trop pour une formation comme Reims, malgré le potentiel évident de certains jeunes lancés dans l'arène (Ekitike et Drammeh).

Il faut y ajouter le rendement insuffisant de Wout Faes. Le défenseur belge de 22 ans n'arrive pas aux chevilles d'Axel Disasi, transféré à Monaco et encore moins de David Luiz malgré un mimétisme capillaire et gestuel. Si l'on y ajoute la bêtise d'Anastasios Dionis, expulsé pour un tacle par derrière sur Thomas Monconduit, rien ne va. Le Stade de Reims, 19eme de Ligue 1, est en difficulté et va devoir se reprendre lors de la prochaine journée. Avec ou sans David Guion ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Lorient, l'attaque pétaradante

Le contraste était saisissant en tout cas avec Christophe Pélissier, soulagé et le sourire jusqu'aux oreilles. Lorient a retrouvé le chemin de la victoire après quasiment deux mois de disette et le succès inaugural face à Strasbourg (3-1). Il prend cinq points d'avance sur son adversaire du soir et a préparé de la meilleure façon la réception toujours très attendue de Marseille samedi prochain. Chaque chose en son temps et les Merlus vont déjà en profiter et savourer. Car tout n'a pas été parfait à Auguste-Delaune. Loin de là. Ils ont affiché deux visages bien disparates. Le premier, indolent et décevant, durant les quarante-cinq premières minutes. Puis efficace et séduisant au retour des vestiaires. Les trois joueurs les plus offensifs ont d'ailleurs trouvé le chemin des filets : Pierre-Yves Hamel en renard des surfaces comme depuis le début de la saison (1-1, 61eme), Yoane Wissa sur un penalty plein de sang-froid (1-1, 65eme) et Terem Moffi, le nouveau venu, récompensé de tous ses efforts (1-3, 80eme). Ce dernier a montré de très belles choses pour sa première en Ligue 1, un savant mélange de vélocité et puissance. Le Nigérian a des qualités qui ne sont pas sans rappeler celles d'un certain Victor Osimhen, l'ex-Lillois aujourd'hui à Naples. Il lui faudra évidemment confirmer, comme d'ailleurs cette équipe lorientaise, encore trop branchée sur courant alternatif.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.