Ligue 1 : Gendarme du foot français, la DNCG refait parler d'elle

Ligue 1 : Gendarme du foot français, la DNCG refait parler d'elle©Media365
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Rémi Farge, publié le vendredi 23 juin 2017 à 15h18

C'est devenu une sale habitude. A chaque intersaison, la DNCG doit sanctionner des mauvais élèves.

Cette fois, ce sont les clubs corses qui se sont retrouvés dans le viseur de l'instance : en vingt-quatre heures, l'AC Ajaccio et le SC Bastia ont été relégués en National 1 pour ne pas avoir satisfait aux règles fixées par le gendarme financier du football français. Car contrairement à certains autres championnats européens, la France ne laisse aucune place aux dérapages économiques. Créée en 1984 dans le cadre du code du sport, la DNCG est une commission indépendante placée sous la tutelle de la LFP et de la FFF. Elle a pour but d'assurer la pérennité financière des clubs professionnels de Ligue 1, Ligue 2 et National (pour partie). Aux échelons inférieurs, des commissions régionales se chargent de sanctionner les clubs déviants.
Objectif zéro déficit
A chaque intersaison, la DNCG auditionne les clubs pour vérifier que les investissements sportifs n'excèdent pas les capacités financières. En gros, ne pas dépenser plus qu'on ne possède, avec un objectif : l'équilibre budgétaire. Pour les clubs qui ne respecteraient pas les règles, un panel de sanctions existe : encadrement de la masse salariale, limitation du nombre de contrats pros, interdiction de recrutement ou relégation administrative. Voilà pourquoi de nombreux clubs sont aujourd'hui obligés de vendre avant de pouvoir acheter lors du Mercato. Mais la mesure la plus marquante reste la relégation. Et ces dix dernières années, la DNCG y a recours de plus en plus fréquemment.
Luzenac, Lens, Bastia, Strasbourg : tous sanctionnés par le passé
L'exemple le plus marquant reste celui de Luzenac, interdit de monter en Ligue 2 en 2014. Lens avait connu pareil sort la même année, et avait finalement obtenu gain de cause devant le CNOSF pour évoluer en Ligue 1. Bastia, dans le viseur de la DNCG cette année, a déjà rencontré des difficultés avec l'instance par le passé. En 2010, alors relégué en National, le club s'était vu rétrogradé en CFA. En 2015, rebelote, le Sporting avait été envoyé en Ligue 2. Avant, à chaque fois, de s'en sortir en appel, souvent grâce à la vente d'un joueur pour équilibrer les comptes. Parfois, une décision de la DNCG peut avoir des conséquences terribles. Cela avait été le cas pour Strasbourg. Tombé en National après une saison catastrophique, le club alsacien avait été sanctionné et avait été envoyé en CFA. Quelques semaines plus tard, le Racing était placé en liquidation judiciaire.
Un manque de conformité en Europe
Cet été, Bastia et Ajaccio pourraient s'en sortir en appel. C'est en tout cas la tendance si l'on en croit les déclarations des dirigeants des deux formations de l'Île de Beauté. Mais ce qui pose problème, c'est le manque d'uniformité d'une telle juridiction en Europe. La France est le championnat le plus encadré à ce niveau et certaines équipes n'hésitent pas à s'en plaindre publiquement. En Espagne, par exemple, le Real Madrid et le FC Barcelone croulent sous les dettes mais ne sont pas inquiétés. Car si le fair-play financier, instauré en 2011, tend à se rapprocher du rôle joué par la DNCG, il ne vise qu'à limiter les pertes mais ne s'intéresse en aucun cas aux dettes. En 2008, Frédéric Thiriez avait proposé un DNCG européenne. Un projet mort-né.

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