Les Crocos font le spectacle, mais cela pourrait se retourner contre eux

Les Crocos font le spectacle, mais cela pourrait se retourner contre eux©Media365
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Raphaël Brosse, publié le vendredi 21 septembre 2018 à 07h30

Malgré son statut de promu, Nîmes affole les compteurs en attaque en ce début de saison. Problème : les Crocos prennent aussi beaucoup de buts. Un équilibre trop instable pour espérer se maintenir ?

Le 25 août dernier, Nîmes s'est incliné à Toulouse (1-0) dans le cadre de la troisième journée de Ligue 1. Cette rencontre fait figure d'exception, de cas à part dans le début de saison gardois. Car depuis le coup d'envoi de l'exercice 2018-19, les promus sont les fournisseurs attitrés de l'élite en matière de spectacle. Il y a tout d'abord eu cette folle remontée à Angers (3-4), suivie une semaine plus tard d'une prestation enthousiasmante face à un Olympique de Marseille que l'on pensait pourtant un cran au-dessus (3-1). Même s'il a finalement eu le dernier mot, le PSG a lui aussi été chahuté dans l'enceinte surchauffée des Costières (2-4). Dimanche dernier enfin, les Crocos ont décroché un point à Bordeaux au terme d'un match tout sauf nul (3-3). Avec Nîmes, il est donc difficile de s'ennuyer. Ce dont les observateurs assidus du championnat de France ne sauraient se plaindre.

Après cinq journées, Nîmes a déjà inscrit douze buts en L1. Et, à vrai dire, ce n'est pas franchement une surprise. Meilleure attaque de L2 la saison passée (75 réalisations), le NO propose un jeu résolument tourné vers l'avant, en phase avec la philosophie de Bernard Blaquart. « On ne joue pas au football pour s'emmerder, mais pour gagner des matches, pour être libéré et être heureux, » avait affirmé le technicien de 61 ans après le nul des siens à Bordeaux (3-3). Ce jour-là, l'ancien coach du Tours FC avait opté pour une composition très audacieuse, avec quatre joueurs à vocation très offensive (Sada Thioub, Umut Bozok, Baptiste Guillaume et Renaud Ripart). Alors que la plupart des formations de l'élite cherchent avant tout à sécuriser leurs bases arrières en déplacement, les Nîmois, eux, jouent leur carte à fond.

Ces intentions sont évidemment louables, surtout au regard des modestes moyens du promu. Mais les Crocos ne risquent-ils pas d'être pris à leur propre jeu ? Troisième meilleure attaque de L1 (derrière le PSG et l'OM), le Nîmes Olympique occupe en parallèle l'avant-dernière place au classement des défenses (douze buts encaissés, seule la lanterne rouge guingampaise fait pire). Généreux dans leur volonté d'aller de l'avant, Moustapha Diallo et ses coéquipiers laissent fréquemment des espaces conséquents dans leur arrière-garde. Sans un Paul Bernardoni très bon depuis début août, les Gardois n'auraient probablement pas déjà engrangé sept points. Si la tendance affichée lors de ces premières journées se confirme tout au long de la saison, les protégés de Blaquart pourraient sérieusement compromettre leurs chances de maintien, à moins de suivre l'exemple de Dijon. L'an passé, le club bourguignon avait effectivement compensé la perméabilité de son arrière-garde (73 buts encaissés) par une certaine efficacité devant (55 buts marqués). Surtout, les hommes d'Olivier Dall'Oglio avaient su enchaîner les victoires dans leur antre de Gaston-Gérard, étant intraitables ou presque face à leurs concurrents directs dans la lutte pour le maintien. Au final, le DFCO avait terminé à une honorable onzième place, loin des affres de la relégation. Nul doute qu'un tel dénouement ferait le bonheur des Nîmois.

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