L1 : Un choc de modèles entre Nice et Lille

L1 : Un choc de modèles entre Nice et Lille©Media365
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Julien Pereira, publié le samedi 28 septembre 2019 à 08h00

Ce samedi soir (20h00), dans le cadre de la 8eme journée de L1, Nice et Lille s'affrontent à l'Allianz Riviera pour un duel entre deux modèles.

Le projet économico-sportif du LOSC est assez clair. Celui de Nice aussi. Mais méfiez-vous des apparences : les deux clubs, qui s'affrontent ce samedi soir (20h00) dans le cadre de la huitième journée de Ligue 1, ont deux projets bien différents. Leur confrontation ne dira rien de la viabilité de l'un ou de l'autre mais tout porte à croire que la stratégie adoptée par le club azuréen, depuis son rachat par le groupe Ineos, est la plus pérenne.

Lille mise sur les jeunes, Nice aussi...

On n'ira pas jusqu'à dire que ce Nice - Lille sera en fait un Lyon - Monaco, mais un peu quand même. Il est évident que le club nordiste s'est totalement imprégné du système de dépôt-vente importé en France par l'ASM, et plus particulièrement par Luis Campos, aujourd'hui conseiller du président Gérard Lopez. Son Mercato estival n'a pas dit autre chose : au bout d'une saison réussie, conclue à la deuxième place de Ligue 1, les Dogues ont bien vendu, à hauteur de 145 millions d'euros, et ont beaucoup réinvesti - 83 millions d'euros - sur des joueurs à forte valeur marchande potentielle (Osimhen, Bradaric, Yazici, Weah...).

A première vue, Nice en a presque fait de même. Même si son rachat a tardé à être officialisé, le club azuréen a tout de même lâché 52,5 millions d'euros au total dans les jours qui ont précédé la fermeture du marché et, également, sur de jeunes joueurs à fort potentiel : Dolberg (20,5 millions), Claude-Maurice (13 millions d'euros), Nsoki (12,5 millions d'euros), Boudaoui (4 millions d'euros)... Mais la direction des Aiglons n'a pas voulu pousser la comparaison plus loin. « Si je devais citer un modèle, ce serait plus Lyon », a d'ailleurs récemment confié Julien Fournier, revenu au club en tant que directeur du football, sous Ineos.

La formation, le pilier

Nice veut aussi ressembler à l'OL sur sa capacité à reposer sur son centre de formation. Et y arrive déjà. Lors de sa dernière sortie, à Monaco, les Aiglons ont inscrit quatre joueurs formés ou post-formés au club (Burner, Pelmard, M.Sarr, Clementia), un de plus que l'OL à Brest (Tousart, Lopes, Aouar). La raison ? La formation est un pilier de la stabilité au plus haut niveau. Elle a largement aidé les Gones à ne jamais quitter le Top 5 de Ligue 1 depuis le début de la décennie, là où Monaco a flirté avec la relégation (17eme la saison dernière) seulement sept ans après avoir réorienté son modèle.

Cela ne veut pas dire que Lille finira par plonger. Mais il s'y expose : le renouvellement annuel d'une partie du onze-type entraînera forcément de l'instabilité qu'un entraîneur ne pourra pas toujours compenser, même s'il s'agit d'un bâtisseur comme le sont Christophe Galtier ou Leonardo Jardim. Nice n'a pas voulu de cette prise de risque-là car il a tout pour réussir à se calquer sur l'autre modèle : des infrastructures modernes, un centre de formation plus efficace et un cadre idéal pour attirer quelques grosses pointures (Balotelli, Sneijder, etc). Avec les retours de Rivère et Fournier à sa tête, Nice a bétonné son avenir à moyen-terme, au contraire du LOSC, où Luis Campos a failli partir l'été dernier. En rachetant l'OGCN, Ineos s'est donné « trois à cinq ans » pour développer sa stratégie. Celle de Lille ne permet pas de voir beaucoup plus loin. D'ici-là, on saura lequel des deux clubs a fait le meilleur choix.

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