L1 : Amiens a fait vaciller le PSG !

L1 : Amiens a fait vaciller le PSG !©Panoramic, Media365
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Rédaction , publié le samedi 15 février 2020 à 20h15

Au terme d'un match fou, le Paris-SG a concédé un incroyable match nul à Amiens (4-4), samedi lors de la 25eme journée de Ligue 1. Profitant de la passivité des Parisiens en première période, les Amiénois ont d'abord mené 3-0, avant d'encaisser quatre buts, puis d'arracher le nul sur le gong.

Sehrou Guirassy a ouvert le score à la 5eme, puis Gaël Kakuta (29eme) et Fousseni Diabaté (40eme) ont creusé l'écart. Mais Ander Herrera a permis aux visiteurs de ne pas couler juste avant la pause, puis Tanguy Kouassi a inscrit un doublé de la tête sur corner (60eme et 65eme). Si Mauro Icardi a pensé offrir la victoire au PSG à la 74eme, Sehrou Guirassy a arraché le point du nul dans les arrêts de jeu. Le club de la Capitale reste largement en tête du championnat avec 62 points, celui de la Somme plafonne à l'avant-dernière place avec 21 unités. Mais après une telle prestation, la lumière est au bout du tunnel pour les protégés de Luka Elsner ! Ceux de Thomas Tuchel peuvent maintenant se focaliser sur leur huitième de finale de Ligue des Champions.

Les Amiénois ont fait bloc derrière leur coach

Quand un président annonce qu'il conforte son entraîneur, ce n'est jamais bon signe pour ce dernier. Et même si Bernard Joanin avait présenté la réception du leader comme un « match bonus », la situation de Luka Elsner se serait encore compliquée en cas de nouvelle défaite. En effet, Amiens ne l'avait plus emporté en championnat depuis le 2 novembre et la réception de Brest (1-0). Douze rencontres et 4 points pris plus tard, l'ASC est tombé de la treizième à la dix-neuvième place, à 4 unités du barragiste. Et pourtant, Christophe Jallet y croyait en conférence de presse : « Le PSG a perdu des matches contre des équipes un peu comme nous. Il faut s'en inspirer. Il n'y a rien d'impossible. Il faut le jouer à 200 % et sans complexe ». Refusant d'être de simples sparring-partners des stars parisiennes, portés par 13 000 personnes (le stade était à guichets fermés), les Samariens ont joué crânement leur chance.

D'abord sur le reculoir, ils ont vite compris que la formation mixte alignée par Thomas Tuchel cherchait ses marques et son envie. Dès la 5eme, une interception de Juan Otero dans les pieds d'Idrissa Gueye permettait à Gaël Kakuta d'adresser une passe sublime pour Serhou Guirassy dans le dos de Thiago Silva. L'avant-centre concluait avec sang-froid, en croisant sous les jambes de Keylor Navas. Les rôles s'inversaient à la 25eme, lorsque l'attaquant permettait au milieu offensif de se retrouver sur la gauche de la surface grâce à une feinte de corps. Gaël Kakuta profitait alors de la passivité de Thiago Silva pour nettoyer la lucarne opposée d'une frappe splendide. Servi un quart d'heure plus tard par le chef d'orchestre amiénois, Fousseni Diabaté voyait Tanguy Kouassi mettre à terre son avant-centre et décidait donc d'y aller tout seul. Au bout d'une chevauchée de 40 mètres, l'attaquant malien provoquait la réussite, sa frappe croisée étant déviée par le malheureux Thiago Silva et heurtait le poteau opposé avant de rouler au fond des filets.

Hélas, l'ASC est l'équipe qui concède le plus de buts sur corner en Ligue 1. Ander Herrera, puis Tanguy Kouassi par deux fois profitaient de la fébrilité samarienne dans l'exercice, avant que Mauro Icardi ne trompe Régis Gurtner au bout de l'un des rares mouvements adverses. Il restait alors un quart d'heure à jouer, l'avant-dernier du championnat venait d'en prendre quatre, et ses supporters ne chantaient plus. Mais Edinson Cavani mangea la feuille de match à l'entrée du temps additionnel, et Quentin Cornette, fraîchement entré, prenait le meilleur sur Juan Bernat côté droit avant de chercher Sehrou Guirassy devant le but. L'avant-centre concluait la partie comme il l'avait lancée, avec sang-froid, gagnant un second duel face à Keylor Navas pour offrir un point à ses partenaires. Un petit point au classement, mais un grand pas pour l'ASC, qui s'est prouvé qu'il pouvait faire vaciller n'importe quel adversaire en faisant bloc derrière Luka Elsner.

Des Parisiens intermittents du spectacle

Quatre jours avant sa rencontre la plus importante de la saison, le PSG tenait-il vraiment à prolonger sa série de 9 victoires consécutives toutes compétitions confondues ? Thomas Tuchel n'avait pas emmené ses deux principaux arguments offensifs, Neymar et Mbappé - ménagés pour le huitième de finale aller à Dortmund - et aurait aussi voulu se passer d'Angel Di Maria. Mais El Fideo tient à « jouer absolument avant chaque grand match » d'après le tacticien allemand, qui alignait une équipe mixte, composée de joueurs de retour de blessure, d'éléments devant faire leurs preuves et de coiffeurs. Si le rugueux Leandro Paredes indiquait en amont de la rencontre vouloir faire le job - « Nous devons battre Amiens samedi pour préparer au mieux ce match face à Dortmund », a dit l'Argentin -, le onze parisien livrait une première période inquiétante.

Croquée dans l'impact, impuissante dans l'animation, la formation de Thomas Tuchel ne parvenait à piquer que sur corner, juste avant la pause, Ander Herrera profitant d'une déviation malheureuse de Nicholas Opoku pour marquer au second poteau. Malmenés durant le premier acte, Thiago Silva et Idrissa Gueye ne revenaient pas des vestiaires, au profit de Marquinhos - chargé d'amener de la sérénité en défense - et de Marco Verratti, - qui devait apporter de la création. C'est néanmoins sur deux coups de pieds de coin que Tanguy Kouassi - impressionnant dans sa prise d'élan et sa détente - ajoutait deux buts de la tête. Thomas Tuchel pensait que son coaching était gagnant lorsque Marco Verratti lançait d'une excellente ouverture Juan Bernat. L'Espagnol - qui venait d'entrer - permettait à Mauro Icardi de marquer de près.

Auteur de plusieurs miracles, Régis Gurtner empêchait Di Maria et Cavani de faire le break. Mais à la 91eme, c'est l'Uruguayen qui ratait le coche tout seul face à la cage, donnant aux Amiénois le sursaut de rage pour aller chercher le point du nul. Les Parisiens écrivent tout de même l'histoire : menés 64 fois en championnat 3-0, ils avaient toujours perdu jusque-là. Et ils n'auront pas besoin d'attendre longtemps pour évacuer la déception. Cruellement éliminé l'année dernière en huitièmes de Ligue des Champions (et ce pour la troisième fois d'affilée), ils peuvent désormais se concentrer sur leur objectif principal : aller taper du poing sur la table des grands au Signal Iduna Park.

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