Justice : Nasser Al-Khelaïfi inculpé par la justice suisse pour corruption

Justice : Nasser Al-Khelaïfi inculpé par la justice suisse pour corruption©Media365
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Rédaction : publié le jeudi 20 février 2020 à 12h44

Nasser Al-Khelaïfi et Jérôme Valcke ont été inculpés par la justice suisse dans le cadre de l'attribution des droits TV des Coupes du Monde 2026 et 2030.



L'étau se resserre pour Nasser Al-Khelaïfi. Ce jeudi, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC) a affirmé avoir déposé un acte d'accusation contre le dirigeant parisien, Jérôme Valcke (ancien secrétaire général de la FIFA) et « un homme d'affaires actif dans le domaine des droits sportifs. » Selon les éléments dévoilés par la justice suisse (voir ci-dessous), le président de beIN Media Group aurait accordé des avantages à Valcke - comme, par exemple, l'usage d'une villa en Sardaigne - dans le but de se voir attribuer les droits TV des Coupes du Monde 2026 et 2030. Ces faits de corruption auraient permis au groupe qatari d'obtenir les droits précités contre un chèque de 480 millions d'euros, et cela sans tenir compte des offres de concurrents potentiels.

Voici les allégations de l'acte d'accusation telles que communiquées par le MPC :

« L'enquête a révélé que Valcke a obtenu des avantages indus des deux co-accusés. Valcke a ainsi obtenu le remboursement d'un acompte d'environ 500 000 euros qu'il avait versé à des tiers pour une villa en Sardaigne, ce après l'achat de la villa par Al-Khelaïfi, via une société, à la place de Valcke. Valcke a ensuite obtenu d'Al-Khelaïfi le droit de jouissance exclusif de la villa pour une période de 18 mois au total - jusqu'à sa suspension de la FIFA - sans s'être acquitté pour cela d'un loyer d'une valeur estimée entre environ 900 000 euros et environ 1,8 million d'euros. Valcke a reçu du troisième prévenu trois paiements d'une valeur totale d'1,25 million d'euros. à sa société Sportunited SARL.

L'accusation de gestion déloyale découle de ce que Valcke n'a pas annoncé les avantages précités à la FIFA, se comportant ainsi de manière contraire à ses devoirs dans le cadre de son activité de Secrétaire général de celle-ci, et du fait qu'il s'est enrichi de manière illégale. Dans ce contexte, Al-Khelaïfi et le troisième prévenu sont accusés d'instigation.

Concernant les faux dans les titres, Valcke est accusé d'avoir ordonné l'établissement de bilans de Sportunited SARL. contraires à la réalité pour les années 2013 et 2014 en faisant faussement comptabiliser comme prêts les trois paiements précités du troisième prévenu.

Les accusations de corruption active et passive sont les suivantes : Valcke a, entre 2013 et 2015, fait usage de son influence comme Secrétaire général de la FIFA pour influencer en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence les processus d'attribution de droits médiatiques, pour l'Italie et la Grèce, de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la FIFA dans la période de 2018 à 2030. Le troisième prévenu a, en contrepartie, promis et effectué en faveur de Valcke les trois paiements précités pour une valeur totale de EUR 1,25 millions d'euros.

Les soupçons selon lesquels Valcke aurait accepté une montre de luxe qu'Al-Khelaïfi lui aurait offert en échange de son influence en tant que Secrétaire général de la FIFA n'ont par contre pas été confirmés. Une ordonnance de classement en lien avec ces faits a par conséquent été rendue en février 2020. »

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