Thomas Siniecki, Media365 : publié le lundi 05 janvier 2026 à 14h32
Jeudi, à 21h heure locale et 19h heure française, le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille vont perpétuer au Koweït une forme de nouvelle tradition. Qui pose question.
Depuis 2009, le Trophée des champions ne s'est tenu qu'à deux reprises en France, à Lens en 2020 (à huis clos en raison du Covid) et en 2023 au Parc - mais en janvier 2024, en réalité. Jeudi, le Koweït deviendra ainsi le dixième pays étranger à organiser le Trophée des champions, après le Canada en 2009 et 2015 (Montréal), la Tunisie en 2010 (Radès), le Maroc en 2011 et 2017 (Tanger), les Etats-Unis en 2012 (Harrison), le Gabon en 2013 (Libreville), la Chine en 2014, 2018 et 2019 (Pékin et Shenzhen), l'Autriche en 2016 (Klagenfurt), Israël en 2021 et 2022 (Tel-Aviv) et le Qatar en 2024 (Doha).
Gayant : "Pas d'engouement particulier"
Mickaël Terrien, économiste du sport, avançait une explication l'an dernier à pareille époque, pour nos confrères de Franceinfo : "Il y a un objectif d'aller valoriser le football français à l'étranger pour développer les droits commerciaux internationaux. Avant la crise de Mediapro, leur montant était le principal problème du football français en matière de droits télé. Il y avait l'idée qu'en délocalisant un match en Thaïlande, en Chine, aux Etats-Unis, ça valoriserait le produit. Mais c'est presque impossible de voir l'effet d'un événement individuel tel qu'un Trophée des champions sur l'augmentation d'un contrat, qui est généralement valable dans plusieurs pays et sur plusieurs années."
Son collègue Jean-Pascal Gayant est même plus catégorique : "Le football français n'a pas de grand palmarès européen, il n'a pas vu naître de grandes écuries devenues des marques à la notoriété mondiale. Et malheureusement, on ne fait pas, par ces matchs épisodiques, naître une passion et une notoriété. Il n'y a pas d'effet significatif de ce Trophée des champions, car les droits étrangers restent faibles. On n'a pas vu d'engouement particulier." Depuis, le PSG est devenu champion d'Europe. Mais le constat d'absence de notoriété mondiale, il y a un an, valait donc déjà pour l'ère post-Lionel Messi, Neymar et Kylian Mbappé, ce qui n'a pas changé depuis.
De Zerbi : "La Supercoupe de France ou d'Italie doit se jouer dans le pays en question"
Un constat un peu sévère, à l'évidence, pour un Paris Saint-Germain qui s'est implanté partout à travers la planète, jusque sur les plus grandes artères commerciales de New York, Londres ou ailleurs. Le problème ne change pas vraiment à l'échelle du football français, à savoir que le PSG est surtout seul, bien trop seul... L'affiche de cette année, PSG - OM, est une petite bénédiction, mais ça ne devrait pas changer grand-chose au dossier, même si le coach de l'OL Paulo Fonseca jurait encore ce week-end que la Ligue 1 était "le meilleur championnat d'Europe et sur le podium mondial". Etrange, car on aimerait savoir par ailleurs quels seraient selon lui les autres ligues hors Europe qui pourraient devancer la Premier League ou la Liga... "On a de bons matchs, de bons joueurs et une superbe compétitivité." Malgré tout le respect qu'on doit au grand retour en grâce de l'Olympique Lyonnais, on a surtout et heureusement le RC Lens qui tient. Sinon, l'OM est déjà à sept points derrière...
Quoi qu'il en soit, l'habitude de la délocalisation pour le Trophée des champions a été conservée, ce qui ne fait ni chaud, ni froid à un Luis Enrique habitué à exporter ainsi Paris dans tous les pays du globe - et particulièrement au Moyen-Orient - : "Je n'en pense rien, je suis très content de jouer partout avec le PSG." Bien plus acclimaté, visiblement, que Roberto De Zerbi : "Mon avis reste le même, c'est le mien et ça ne veut pas dire que ce soit le plus juste : la Supercoupe de France ou la Supercoupe d'Italie doivent se jouer dans le pays en question, devant les supporters des clubs. Mais j'irai au Koweït car c'est mon travail, et on est fiers de disputer ce match. Ce n'est pas un problème par rapport au Koweït qui va nous accueillir de la meilleure façon, mais je suis contre cette idée." C'est sûr, l'ambiance ne sera pas la même qu'au Parc ou à l'Orange Vélodrome. Mais la sécurité ne sera pas non plus sur les dents, rétorqueront certains.














