Mathieu Warnier, Media365, publié le samedi 15 février 2025 à 19h55
Sur fond de dissensions entre la LFP et DAZN, le président du RC Lens Joseph Oughourlian a pointé du doigt les défaillances de la ligue et de ses dirigeants.
La Ligue 1 est de nouveau en crise concernant les droits TV. Diffuseur de huit rencontres à chaque journée, la plateforme DAZN a mis sous pression les acteurs du football professionnel français en ne payant que la moitié de la somme qui était due cette semaine. Une attitude qui est venue matérialiser les tensions grandissantes entre la LFP et son principal diffuseur. Une situation compliquée qui exacerbe les tensions au sein des présidents de clubs et qui fait vaciller la position de Vincent Labrune à la tête de la ligue. L'un d'entre-eux a décidé de prendre la parole avec des mots forts. Il s'agit de Joseph Oughourlian, président du RC Lens, au travers d'un entretien accordé au quotidien Le Parisien. L'homme d'affaires y confirme qu'il y a « un problème de fond » lié à des changements incessants de diffuseurs au cours des dernières années. « En six ans, on ne peut pas changer de diffuseur tout le temps. On ne peut pas émietter notre produit, a-t-il affirmé. Cela a conduit à perdre nos clients, les consommateurs de foot sur la télé payante et c'est la responsabilité de la Ligue et de son président. » A ses yeux, « l'erreur DAZN est pire que celle de Mediapro ».
Oughourlian : « On n'a pas un produit intéressant »
Pour Joseph Oughourlian, les leçons du passé n'ont pas été retenues, considérant que la LFP « a persévéré dans cette erreur » avec les clubs qui ont « perdu le consommateur ». Mettant en avant la baisse du nombre d'abonnés entre les époques Canal+, Amazon Prime Video et DAZN, l'homme d'affaires juge que « la baisse est catastrophique » et que « c'est insensé dans un pays fan de foot comme la France ». Cet entretien a également permis au patron du RCL de pointer du doigt « un gros problème de gouvernance » au sein de la LFP et le déséquilibre entre les clubs dans la redistribution des montants versés par les diffuseurs. « On ne peut pas avoir un championnat où le résultat est connu d'avance dès la première journée, affirme-t-il avant de confier craindre de perdre plusieurs clubs. La L1 ne peut pas être compétitive car on n'a pas un produit intéressant. Et la logique de la LFP va nous amener demain à avoir une L1 composée de quatorze clubs et peut-être même à douze... » Alors que la ligue espère récupérer par voie de justice les montants non-versés par son diffuseur, cette crise montre un peu plus la fragilité du modèle économique des clubs français.













