Digérer l'ascenseur émotionnel, c'est le gros défi de Troyes et Lorient

Digérer l'ascenseur émotionnel, c'est le gros défi de Troyes et Lorient©Media365

Lucile Alard, publié le jeudi 25 mai 2017 à 07h46

« A deux minutes près, on aurait pu être sauvés. » « C'est extrêmement dur à vivre. » Ces deux phrases pourraient logiquement se suivre dans une seule et même déclaration. Mais elles sont signées de deux entraîneurs différents.

La première est l'œuvre de Bernard Casoni, le coach de Lorient, et la seconde de Jean-Louis Garcia, celui de Troyes. Et si les deux hommes avaient les mêmes sentiments à la fin de ce qui aurait pu être leur ultime match de la saison, c'est qu'ils ont vécu la même chose. Jusqu'au bout, Lorient a cru se sauver grâce à son nul face à Bordeaux (1-1), mais Caen a égalisé face au PSG à la 92eme minute. Le supplice des Troyens a duré un peu plus longtemps, mais le but d'Amiens à l'ultime seconde de la 38eme journée de Ligue 2 les a condamnés à jouer les barrages face à Lorient alors qu'ils pensaient accéder directement à l'élite. Pour les deux équipes qui s'affrontent jeudi, il s'agit de bien digérer ce condensé d'émotions.

Casoni : « Il y a un peu de déception »

« Quand vous donnez tout, que vous êtes pratiquement sauvés et qu'à deux minutes du terme, vous vous retrouvez barragiste, c'est sûr qu'il y a un peu de déception, » a reconnu Bernard Casoni après le nul des siens face à Bordeaux. Les paroles de Jean-Louis Garcia font là aussi écho à celles de son homologue au moment d'évoquer l'intensité de la fin de saison. « On a vécu un scénario plus terrible que celui de Lorient, car Amiens a marqué juste avant que l'arbitre ne siffle la fin du match, après six minutes de temps additionnel, a-t-il expliqué en conférence de presse. C'est juste hallucinant. Forcément, cela a été un ascenseur émotionnel terrible. » Un « ascenseur émotionnel » qu'il faudra réussir à oublier au moment de jouer le match aller du barrage prévu jeudi au Stade de l'Aube.

Garcia : « Cette décharge émotionnelle pompe de l'énergie »

Et c'est sans doute celui qui aura le mieux digéré cette cruelle déception qui parviendra à aborder le mieux cette rencontre. « Cette décharge émotionnelle pompe de l'énergie », reconnaissait ainsi Jean-Louis Garcia. Le coach des Bretons estimait lui : « L'important, c'est de récupérer. Après le match de Bordeaux, on a lâché un peu d'énergie, mais il faut retrouver de la fraîcheur physique et mentale ». Cet aspect mental sera d'autant plus crucial que l'enjeu est énorme pour les deux équipes. Les Bretons veulent éviter de redescendre et de se retrouver en Ligue 2 pour la première fois depuis 2005-2006, avec toutes les conséquences, économiques et sportives, que cela implique. Troyes peut, de son côté, retrouver la Ligue 1 un an tout juste après l'avoir quittée.

Garcia : « On ne joue pas avec une quelconque peur »

Cette possibilité de remonter rapidement est une éventualité que les Troyens prennent comme une chance au bout d'une saison réussie et c'est aussi cela qui peut leur permettre de jouer totalement libérés. « Nous, on est en Ligue 2, soulignait ainsi Jean-Louis Garcia. On était programmé pour y rester. On ne joue pas avec une quelconque peur. Il n'y a qu'un bonheur extrême qui puisse nous arriver. » Pas vraiment la même logique à Lorient qui a tremblé et joué avec le feu toute l'année et qui a, surtout, beaucoup plus à perdre que son adversaire. « On a galéré, on a souffert, on est passé par beaucoup d'états d'âme. A nous d'être à la hauteur pour ce premier match », a lâché Bernard Casoni. Les Bretons ont gardé jusqu'au bout leur destin en mains. C'est déjà beaucoup. A eux de montrer qu'ils ont encore la force de résister à une équipe sur une très belle dynamique lors des dernières semaines.

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