Thomas Siniecki, Media365 : publié le lundi 14 juillet 2025 à 21h37
Mondial, Euro ou Jeux d'été, les grands tournois de football féminin sont de plus en plus tendance.
L'affluence est de plus en plus conséquente lors des matchs de l'Euro féminin en Suisse. A tel point que Laurent Bonadei a été interrogé sur la pression que pouvaient subir ses jeunes joueuses face à une ambiance hostile, avant d'affronter les Pays-Bas et ses nombreux supporters (5-2 pour les Bleues) : "On nous annonce beaucoup de fans adverses, mais on est à Bâle et c'est tout proche de la France, notre public sera présent. Plus de 2 000 personnes ont pris leurs billets, il y a un bel engouement de notre public." Il évoquait déjà la précédente rencontre face aux Galloises, "c'était une bonne préparation" selon lui en termes d'atmosphère. Bref, une chose est sûre, on ne rigole plus des tribunes vides.
Les suiveurs français donnent effectivement de la voix et se sont arrachés les places pour le quart de finale de samedi contre l'Allemagne, toujours à Bâle. Plus largement, c'est une tendance qui se poursuit après l'Euro 2022 en Angleterre, qui s'était conclu sur une finale avec plus de 87 000 spectateurs en finale à Wembley ! Certes, l'Angleterre était de la partie à domicile - et s'était imposée -, ce qui avait forcément contribué au phénomène de popularité, mais c'est également le cas pour n'importe quelle compétition masculine.
"Déjà plus que le total final de tous les tournois autres que l'Angleterre 2022"
En Suisse, les standards sont différents car les stades n'ont pas la même capacité. Là où l'Angleterre a largement défriché le terrain en ouvrant le champ des possibles, grâce à ses immenses et mythiques enceintes, le pari est tout autant réussi chez nos autres voisins helvétiques. Les environnements ont quelque chose de plus chaleureux, à l'image de l'Euro 2008 masculin déjà en Suisse, et le tournoi bénéficie là aussi de la qualification un peu inespérée du pays hôte pour les quarts de finale - même s'il est probable que l'aventure s'arrête vendredi contre la redoutable Espagne.
Cinq matchs du premier tour viennent même d'intégrer le top 10 des plus fortes affluences de l'histoire de l'Euro féminin, et on n'y trouve que deux rencontres de la Suisse. La n°1, qui prend la quatrième place au total, est d'ailleurs Allemagne - Danemark (2-1 à Bâle). Cinq jours plus tôt, Espagne - Portugal (5-0 à Berne) s'était déjà adjugé la marque continentale de référence pour un match ne concernant pas le pays hôte. Un classement sans doute amené à évoluer, plus que jamais, avec le tableau final à venir. L'UEFA rappelle qu'après la deuxième journée de la phase de groupes, l'affluence cumulée dépassait déjà les 300 000 spectateurs, "soit plus que le total final de tous les tournois autres que l'Angleterre 2022".
"Des hordes amicales de fans heureux"
D'après nos confrères locaux du Temps, les rentrées de sponsoring devraient exploser de 150% par rapport à cette édition précédente. Un jackpot potentiel pour l'UEFA, essentiellement dû aux droits TV (à plus de 50%) devant les sponsors et partenaires (20 à 30%), la billetterie et les hospitalités (15 à 20%) et une partie encore minime pour les licences, le merchandising et les opérations digitales. Certes, les recettes totales attendues de 120 millions d'euros ne représentent que 5% des quasiment 2,5 milliards amassés à l'occasion de l'Euro 2024 masculin, mais ce n'est pas pour rien si l'instance continentale a lancé un plan de développement d'un milliard d'euros sur six ans. L'idée est claire : rembourser les pertes des Euros précédents en surfant enfin sur la vague.
Et puis il y a ce qu'on pourrait considérer comme un cliché, mais pourtant toujours si vrai, relayé par cet éditorialiste suisse sur place (toujours pour Le Temps) : "Un monde sans violence ni affrontements et autres batailles rangées sur fond de haine ordinaire. Dans les rues, il n'y a plus de flics casqués et de Robocop, il n'y a plus de casseurs et de hooligans : ils sont remplacés par des hordes amicales de fans heureux, partageant le simple bonheur de vivre des moments de communion. Dans les tribunes, pas de fumigènes et de 'spectacles' pyrotechniques dont on sait qu'ils peuvent tuer. Les parents ont tout loisir de pouvoir se rendre sans crainte au stade avec leurs enfants." Loin d'être une idée reçue, c'est bien le football masculin qui continue d'en pâtir et de dégoûter, même si le Mondial aux Etats-Unis sera peut-être de nature à tous nous réconcilier dans un an, rêvons un peu... En attendant, on respire en Suisse, et plutôt bien.














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