Fabien Le Floc'h, Media365 : publié le jeudi 26 juin 2025 à 15h55
Grâce à un intérêt grandissant du public et des investisseurs pour le football féminin, le salaire moyen des joueuses de football a progressé ces dernières années, mais il reste insuffisant pour une grande partie d'entre elles.
Du point de vue économique, le football féminin est séparé par un gouffre de son homologie masculin, même si de nombreuses actions sont réalisées depuis plusieurs années pour tenter de réduire l'écart entre ces deux mondes, à la fois très proches et très éloignés. Avec le temps, les progrès sont réels, surtout au niveau international, où les fédérations et les instances comme l'UEFA ou la FIFA tentent de convertir financièrement l'intérêt grandissant du public pour le football féminin. Le prochain Championnat d'Europe (qui sera disputé du 2 au 27 juillet en Suisse) illustre cette progression, avec une dotation historique de 41 millions d'euros pour les 16 équipes engagées, dont la France. Un montant quasiment multiplié par 5 depuis l'Euro 2017 (8 millions d'euros) !
Revendications
Une façon pour un grand nombre de participantes à l'Euro 2025 d'augmenter leurs revenus. En effet, à la différence des joueurs masculins, qui sont en général tous professionnels et donc payés par leur club en tant que salariés, les joueuses internationales n'ont pas toutes le statut professionnel et peuvent rencontrer des problèmes financiers lorsqu'elles sont appelées en sélection. Sans oublier des salaires annuels bien moins élevés que chez les hommes. C'est pour cette raison que les revendications des joueuses internationales se sont multipliées ces dernières années, ce qui a permis d'arriver dans plusieurs pays à une égalité de revenus entre la sélection masculine et la sélection féminine. Une évolution bénéfique à long terme pour le football féminin.
Dans un rapport publié en mars dernier, la FIFA estimait que le salaire moyen d'une joueuse de football au niveau professionnel était de 10 000 euros environ (10 900 dollars, ndlr). Un chiffre à relativiser, puisque les 40 meilleurs clubs (principalement européens et américains) font largement grimper une moyenne encore très faible pour des joueuses de haut niveau. Au sein des meilleures équipes, le salaire moyen est d'environ 22 000 euros (24 000 dollars), selon ce rapport « Setting the Pace, FIFA Benchmarking Report on Women's Football ». Mais, pour les clubs de niveau 2, selon les termes de la FIFA, le salaire moyen est seulement de 4000 euros environ. Pour les clubs de niveau 3, la moyenne tombe même à 2500 euros.
Des salaires en progression en France
En France, les salaires des clubs de Première Ligue illustrent bien cette disparité entre clubs d'un même championnat. En dehors de l'OL Lyonnes (où le salaire moyen est estimé à 20 000 euros, selon L'Equipe) et au PSG (13 000 euros), les salaires moyens pour les dix autres clubs étaient cette saison compris entre 3000 et 1600 euros. Les plus hautsne salaires sont néanmoins en augmentation depuis plusieurs saisons. En 2019, les meilleures joueuses de Lyon, comme la Ballon d'or Ada Hegerberg ou les stars de l'équipe de France Amandine Henry et Wendie Renard, émargeaient à environ 30 000 euros par mois. À l'heure actuelle, l'attaquante lyonnaise Tabitha Chawinga touche environ 80 000 euros mensuels, suivie de près par deux de ses coéquipières, la Brésilienne Tarciane (70 000 euros) et la Française Marie-Antoinette Katoto (60 000 euros).
En France, la création de la Première Ligue a permis d'améliorer les conditions de travail des joueuses, même si le retard dans la signature de la convention collective (censée améliorer les conditions de travail et salariales, ndlr) est déploré par celles qui n'évoluent pas au PSG ou à l'OL Lyonnes. Il est tout de même bon de noter que le salaire minimum est passé à 1820 euros par mois et que la moyenne des salaires a connu une hausse comprise entre 10 et 15 % en une seule saison. Le nombre de contrats fédéraux a lui aussi augmenté de 10% en un an. Insuffisant toutefois pour permettre à la totalité des joueuses de ne jouer qu'au football, puisque certaines sont obligées de prendre un emploi à mi-temps pour compléter leur salaire. Il faudra vraisemblablement encore plusieurs années avant que les salaires ne soient assez confortables pour que les footballeuses ne puissent véritablement penser qu'au terrain.













