L'Italie se paie la Belgique

L'Italie se paie la Belgique©Media365
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Rédaction Media365, publié le vendredi 02 juillet 2021 à 23h05

Les Italiens ont été meilleurs que la Belgique vendredi (2-1) et méritent leur qualification en demi-finales.



Parce qu'elles désignent la ligne d'arrivée, les finales restent toujours dans les annales, mais la qualité des tournois se mesure, aussi, à ces matchs qui éclairent leur chemin. Il s'en dégage une odeur de chaos si spéciale. On peut la humer en Ligue des Champions, souvent, mais aussi dans le foot de sélections. C'est rassurant. Ce Belgique-Italie en était un, pour une multitude de raisons : l'opposition de styles, la croisée des destinées, le casting. Dans ce combat haletant, prenant, c'est bien l'Italie qui a eu le dernier mot.

Deux styles pour un combat épique

Il n'y a pas eu de round d'observation. Ces deux cadors avaient leur propre mode opératoire. On a vite constaté que l'Italie allait être pro-active dans son jeu et ses initiatives, face à une équipe de Belgique plus attentiste et pragmatique qu'elle ne le laisse croire, et dont la menace était incarnée par ses talents individuels. Un doute subsistait sur les participations de ses deux leaders technique : Si Hazard manquait à l'appel,De Bruyne était là. Le maître à jouer de Manchester City est un drôle de phénomène. Même avec un corps balbutiant, tout ce qui sort de ses pieds est un danger. Il aura été le principal déclencheur d'une équipe cantonnée à sa volonté de contrer, d'abord sur une sublime frappe du gauche repoussée magistralement par la main ferme de Donnarumma (22e), puis sur une passe lumineuse pour Lukaku, qui a aussi buté sur le futur gardien du PSG (26e).

Cette Italie est épatante

Que l'on ne s'y trompe pas : au-delà de ses quelques fulgurances isolées, c'est bien l'Italie qui a fait la pluie et le beau temps. Avec ses ingrédients. Un cadre collectif clair, un jeu léché, une admirable ténacité. Quelle que soit l'issue de cet Euro, il faudra se souvenir que Roberto Mancini a fait des miracles en partant d'un champ de ruines. C'est très fort. Ce qu'elle a peut-être de plus plaisant, ce sont ses paradoxes : des dépassements de fonction dans un collectif où aucune tête ne dépasse, une menace aussi latente dans la largeur que dans la profondeur. Il y a quelque chose qui se rapproche d'un foot total dans son expression. Et pour ne rien gâcher, les Azzuri ne sont pas maladroits sur coup de pied arrêté.

C'est sur une phase de ce type que leur première opportunité est venue, engendrant un but refusé de Bonucci (13e). Une première alerte assez académique avant de passer aux notes artistiques. À la demi-heure de jeu, sur un coup-franc rapidement joué par Verratti, Barella s'est joué de deux gardes du corps dans un mouchoir de poche avant de déclencher très rapidement un tir croisé qui a laissé Courtois pantois (0-1, 31e). Moins d'un quart d'heure plus tard, Insigne a fait le break d'une merveille de frappe enroulée en pleine lucarne (0-2, 44e). La virtuosité d'un enchaînement technique à dix mille ou la soudaineté d'un coup de canon : faites votre choix.

La Belgique s'est révoltée, sans succès

Dès lors, un nouveau match a commencé pour les Belges. Plus question de jouer petit bras. La bande à Mancini ne pouvait plus se cacher. Le Rennais Doku, intenable sur les premiers mètres, leur a ôté une première épine du pied en obtenant juste avant la pause un penalty sur un coup de rein face à Di Lorenzo - peno que Lukaku a transformé sans trembler (1-2, 45e+2).

Surtout, la Belgique est revenue du vestiaire sur le même tempo, avec un bloc plus haut, comme l'Italie finalement, donnant encore une autre dimension à ce match fantastique. On a alors pu constater que l'Italie sait autant souffrir que briller. Leonardo Spinazzola en est le symbole. Le très offensif latéral de la Roma, si entreprenant devant, a réalisé un sauvetage exceptionnel sur une reprise à bout portant de Lukaku (61e), avant de frôler le 3-1 à l'autre bout du pré sur un contre express (65e). Spinazzola aura été au bout de ses efforts. Touché musculairement, il est sorti à dix minutes de la fin. Peut-être les dernières de son Euro. Comme un héros.

La Nazionale a perdu une force, mais c'est par le prisme du collectif, toujours, qu'elle devait résister aux derniers assauts belges. Elle y est parvenue tant bien que mal, vaille que vaille, en fermant les espaces avec un bloc plus reculé. Les Belges ont poussé, jusqu'au bout. Une conduite de balle dangereuse de De Bruyne par ci, un slalom et un missile de Doku par là (84e)... L'Italie a plié, mais l'Italie n'a pas craqué. Elle porte désormais sa série d'invincibilité à 32 matchs en domptant, pour la première fois, un poids lourd du foot mondial. Ça donne tout de même un tout autre cachet. L'Espagne, une autre montagne, se dressera sur sa route pour continuer à rêver...

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