Euro 2024 : La Turquie évolue presque comme à domicile en Allemagne

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Mathieu Warnier, Media365 : publié le samedi 22 juin 2024 à 15h25

Alors qu'elle a rendez-vous ce samedi avec le Portugal, la sélection de Turquie bénéficie d'un large soutien populaire en Allemagne grâce à une large communauté qui s'est installée outre-Rhin au cours des 50 dernières années.

Les coéquipiers d'Hakan Çalhanoglu peuvent se faire une idée de ce qui les attend en 2032. Dans huit ans, la Turquie accueillera l'Euro en collaboration avec l'Italie mais la sélection nationale bénéficie déjà d'un large soutien populaire à l'occasion de l'édition 2024 du championnat d'Europe en Allemagne. En effet, comme lors du succès acquis face à la Géorgie le 18 juin dernier, les joueurs de Vincenzo Montella verront leur supporters transformer le Signal Iduna Park en volcan lors du duel contre le Portugal, dont le vainqueur compostera son billet pour les huitièmes de finale. Une situation qui s'explique par l'importante présence turque sur le territoire allemand depuis plus de 50 ans. A l'image du Portugal ou de l'Italie, la Turquie a noué un partenariat avec une République Fédérale d'Allemagne en reconstruction afin d'importer la main d'œuvre à ce projet consécutif à la Seconde Guerre Mondiale. Selon les statistiques, il y a trois millions de personnes vivant actuellement en Allemagne qui ont des origines turques. Ce qui se ressent autant dans la sélection allemande que dans son homologue turque à l'occasion de l'Euro 2024. Elu meilleur joueur lors de la victoire de l'Allemagne face à la Hongrie ce mercredi, Ilkay Gündogan est le capitaine de la Mannschaft, qui a également vu évoluer sous ses couleurs Mesut Özil. Emre Can ou encore Hakan Çalhanoglu, s'ils portent le maillot de la Turquie, sont tous deux nés en Allemagne comme cinq autres de leurs coéquipiers.


Un match Allemagne-Turquie pourrait être redouté

Le football a souvent joué un rôle dans l'intégration des familles turques dans la société allemande, comme a pu en témoigner auprès du quotidien L'Equipe Ilker Gündogan, frère du joueur du FC Barcelone, dont le rôle de capitaine a été conforté par Julian Nagelsmann en amont de la compétition. « On a pu nouer des liens sociaux, s'impliquer dans la communauté locale. Cela a favorisé notre sentiment d'appartenance au club, au quartier, à la ville, à la région et, en fin de compte, à l'Allemagne, a-t-il confié. Le foot permet de montrer son talent mais aussi de briser les préjugés négatifs et les stéréotypes. Pour beaucoup, mon frère est un modèle d'intégration réussie dans la société allemande, grâce à ses exploits et à sa popularité. » Alors que l'Allemagne est déjà assurée de sa place en huitièmes de finale et que la Turquie pourrait l'imiter dès ce samedi, il existe une possibilité que les deux nations se croisent à l'occasion de la phase finale de la compétition, ce qui serait une première depuis un match amical en octobre 2020 conclu sur un match nul (3-3) à Cologne. Alors que le contexte géopolitique pourrait générer des tensions, le frère d'Ilkay Gündogan a assuré espérer qu'une telle rencontre n'ai pas lieu. « Je peux imaginer qu'il serait la cible de l'hostilité de nombreuses personnes, a-t-il affirmé. L'interaction peut déclencher ou exacerber les tensions locales et internationales au lieu de les désamorcer et les résoudre. » Ce qui est certain, c'est que la sélection de Turquie sera poussée par un public nombreux et empli de ferveur pour les siens.

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