Liga - FC Barcelone : Comment Messi est passé d'élève à maître du coup-franc

Liga - FC Barcelone : Comment Messi est passé d'élève à maître du coup-franc©Media365

Geoffrey Steines, publié le mardi 10 avril 2018 à 07h37

Quintuple Ballon d'Or et dans la discussion pour le titre honorifique de meilleur joueur du monde, Lionel Messi s'est imposé comme le patron dans un domaine cette saison : les coups-francs directs.

Lionel Messi est souvent désarmant de facilité. Il l’est dans le jeu depuis des années, et maintenant sur les coups-francs directs. Son énième bijou, qui a lancé son 40eme triplé en carrière avec le FC Barcelone samedi contre Leganés (3-1), a confirmé qu’il était passé maître dans l’exercice. Il est devenu le premier joueur depuis 2006-07 et Ronaldinho, avec qui il a débuté chez les Blaugrana, à inscrire six buts sur coup-franc direct dans une même saison de Liga. Et il a encore sept matchs devant lui pour améliorer ce record. Le plus fort, c’est que Messi les a tous claqués en 2018 (un en Ligue des Champions plus tôt dans la saison). C’est dire si son pied gauche est d’une précision diabolique depuis le début de l’année civile. Il affiche un excellent taux de réussite sur ces phases de jeu sur la saison, son 10% surpassant la moyenne de 6% dans les cinq plus grandes ligues européennes, où personne n’en a inscrit plus de trois cette saison (Neymar et Nabil Fekir, par exemple).

Marquer d’en dehors de la surface, le nouvel eldorado de MessiUne arme supplémentaire pour un FC Barcelone d’une froide efficacité, comme en quart de finale aller de Ligue des Champions contre l’AS Rome (4-1, match retour à 20h45 ce mardi). Son succès actuel sur les coups-francs directs entre dans une dynamique plus globale. Avec son but contre Leganés le week-end dernier, le numéro 10 du Barça est devenu le premier joueur de Liga à marquer d’en dehors de la surface adverse lors de six matchs consécutifs. Autant le Messi version Pep Guardiola était un finisseur hors-pair, autant il n’avait pas cette qualité dans la frappe lointaine. D’abord parce que Xavi était alors le préposé aux coups-francs. Ensuite parce qu’il n’a plus aucun concurrent dans sa propre équipe pour lui contester cette mission, après le départ de Neymar pour le PSG. Enfin parce que la « Pulga » avait un tel pouvoir d’accélération et une telle faculté à éliminer dans les petits espaces qu’elle n’avait pas besoin de cette arme dans sa palette pour enquiller les buts.

La leçon du maître MaradonaA maintenant 30 ans, Messi sait qu’il n’a pas le même feu dans les jambes et qu’il doit trouver d’autres solutions pour rester au niveau de ses standards statistiques habituels. Alors il s’est mis au travail, avec intelligence. « Il s’entraîne toujours, et il marque toujours », avait expliqué Ernesto Valverde pour justifier la progression de son joueur sur les coups-francs directs. Ancien préparateur physique de la sélection argentine, Fernando Signorini a aussi fait part de sa théorie dans un entretien accordé récemment à La Nacion. Selon lui, le déclic remonte à février 2009 et à un échange avec Diego Maradona au Vélodrome avant une victoire de l’Albiceleste sur la France en amical (0-2). « Diego l’a pris par l’épaule et lui a dit : ‘recommençons’. C’était comme un professeur avec son élève. Il a continué : ‘Mets la balle ici et écoute-moi. N’enlève pas ton pied du ballon si vite, parce que sinon, il ne saura pas ce que tu veux’. Il a ensuite frappé directement du pied gauche dans le petit filet, avec le visage de Messi plein d’admiration. »

Pas de technique particulièreDepuis cet épisode, le natif de Rosario n’a fait que se perfectionner, pour atteindre les 40 coups-francs directs transformés en carrière, sélection et club confondus. Il en avait converti un seul jusqu'au coup d’envoi de la saison 2009-10, il en est à 18 avec le Barça depuis l’été 2015. Il a dépassé Roberto Carlos ou Andrea Pirlo dans les classements historiques. Mais contrairement à eux, ou d’autres spécialistes de l’exercice, comme Juninho Pernambucano ou Cristiano Ronaldo, Messi n’a pas développé une technique de frappe particulière. Il dégage la même impression de facilité que dans tout ce qu’il fait sur le terrain, à l’image de son inspiration géniale contre Gérone (6-1), quand il a fait passer le ballon sous le mur. « Nous attendions sur le bord de la touche pour voir comment il allait contourner le mur. Et il a envoyé le ballon en dessous. Quand tu le vois, tu te dis : « Ah, bien sûr… ». Leo fait paraître cela facile, mais ça ne l’est pas. » Ce qui rend sa réussite actuelle encore plus impressionnante.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU