Le jour où Messi a failli ne pas signer au FC Barcelone

Le jour où Messi a failli ne pas signer au FC Barcelone©Media365
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Clément Pédron, publié le mercredi 26 août 2020 à 16h06

Lionel Messi a annoncé mardi soir, sa volonté de quitter son club de coeur, le FC Barcelone. Pourtant, il fût un temps où La Pulga a failli ne pas revêtir la tunique blaugrana et connaître le succès acquis.

En 1994, à la mi-temps des matchs de l'équipe première de Newell's Old Boys en Argentine, un étrange gamin quitte son poste de ramasseur de balles pour se divertir avec un ballon sur le terrain. Quinze minutes, pas une de plus où le petit au physique tout frêle enchaîne les jongles avec une aisance étonnante. "Maradoo, Maradoo" scande le public qui s'extasie devant tant de facilité. C'est le petit nouveau, ce Lionel Messi qui vient d'être recruté par le club local. L'usage du mot "petit" ici fait référence à son mètre onze qu'il atteint alors qu'il est déjà âgé de neuf ans. A 11 ans, alors qu'il poursuit tranquillement sa progression, sa taille n'évolue guère et le retard accumulé est conséquent. En décembre 1996, la présence de Diego Schwartzstein, endocrinologue à Rosario et officiant parallèlement dans le club, diagnostique une anomalie chez le joueur qu'il parvient à préciser un an plus tard : un déficit partiel d'hormones de croissance. Ce souci de santé peut se régler par le biais d'injection intramusculaire d'hormones synthétiques mais c'est un traitement lourd et coûteux (1000 dollars par mois) sans quoi Messi ne dépassera pas 1,50 m à l'âge adulte. « Ce sont mes parents qui m'administraient les injections dès l'âge de huit ans jusqu'à ce que j'apprenne. Vers 12 ans, je le faisais tout seul, dans les jambes toutes les nuits. C'était routinier mais nécessaire » se rappelle la future star. Sans cela, sa carrière aurait pu ne jamais décoller. En 1997, l'attaquant démarre son traitement, financé d'abord par la fondation Acindar puis, crise économique oblige, par ses propres parents. Malgré son talent, les clubs d'Argentine sont réticents à prendre en charge le dossier médical du futur crack et Messi voit son avenir s'obscurcir.

Une signature sur un bout de nappe

Incité à chercher des clubs en Italie ou en Espagne par un agent qui les met en relation avec Josep Minguella (à l'origine de la venue de Maradona au FCB), le clan Messi démarche pour faire recruter ce diamant pur mais fait face à plusieurs critiques qui mettent en doute cette histoire de déficit de croissance. Sous contrat avec Newell's et sans autorisation, Lionel Messi se rend à Barcelone en juillet 2000 avec son père pour effectuer un test. Afin de contourner la législation, Jorge Messi exerce son droit pour emmener son fils sous prétexte d'un déménagement, alors que dans l'ombre, toutes les parties commencent à négocier. Le Barça, alors en peine crise interne, est conscient du talent du joueur mais réticent au fait de le signer à un âge illégal, rendant la situation de plus en plus nerveuse. En coulisses, Juan Lacueva le responsable exécutif - qui a vu le premier une vidéo de Messi en Argentine - milite pour sa venue. Devant l'impatience du clan argentin, une nouvelle réunion est organisée dans un bar avec Minguella, Carles Rexach le patron technique du FC Barcelone et Horacio Gaggioli, le représentant de la famille Messi. Finalement, Rexach accepte, au nom du club, de prendre en charge le traitement hormonal de Messi et lui fait signer un contrat symbolique sur un bout de nappe. Si, au début, Lacueva paye de sa poche le traitement du joueur, le club prend le relais après validation auprès des dirigeants barcelonais et l'officialisation du natif de Rosario à Barcelone, au début du mois de mars 2001.

Un emploi fictif pour le père

Après un match avec les cadets, Lionel Messi se fracture le péroné qui l'éloigne trois mois des terrains puis Newell's revient à la charge pour dénoncer ce contrat officieux et obtenir justice. Pendant six mois, l'attaquant ne pourra pas jouer et c'est la commission administrative de la FIFA qui entérine ce transfert le 17 février 2002. Malgré la décision de la juridiction du football international, de nombreux doutes subsistent encore à propos de ce transfert. Comme le fait que pour contourner les règlements, le club a inscrit Messi sur une feuille de match auquel il n'a pas participé ou encore que le FC Barcelone a réussi à obtenir Lionel Messi uniquement en offrant un emploi fictif à Jorge Messi (en qualité "d'observateur", payé 45 000 euros par an). De ce fait, si le père doit se rendre en Catalogne pour travailler, le fils est en droit de porter le maillot barcelonais. Une maison est également dans la ligne des "cadeaux" offerts à la famille Messi. Même si personne ne mettra en doute la carrière du Petit Léo, né d'une vidéo où il jongle avec une orange, au FC Barcelone, ils sont nombreux en revanche à avoir tiré des ficelles dans l'ombre pour faire venir la Puce.

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