Un King nommé Coman

Un King nommé Coman©Media365
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Rémi Farge, publié le dimanche 08 septembre 2019 à 08h45

Couvé par Didier Deschamps mais jamais épargné par un physique fragile, Kingsley Coman a livré samedi soir contre l'Albanie son meilleur match en équipe de France. Pour le plus grand bonheur de coéquipiers aux anges après la rencontre.


DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU STADE DE FRANCE

Il est là depuis presque quatre ans mais ne compte même pas vingt sélections. Avant d'être aligné d'entrée contre l'Albanie samedi soir, Kingsley Coman n'avait même fait trembler les filets qu'une seule fois en équipe de France, trois ans et demi plus tôt en match amical contre la Russie (4-2). L'histoire du joueur formé au PSG avec l'équipe de France n'a jamais été simple. Même pas à cause de l'énorme concurrence dans le secteur offensif. Que ses « rivaux » s'appellent Payet, Dembélé ou Mbappé, Didier Deschamps a toujours continué à lui accorder beaucoup de crédit. Ce ne sont que des blessures à répétition qui ont privé le Bavarois d'un autre destin pour ses premières années chez les Bleus. « Il était là avant l'Euro, a rappelé le sélectionneur samedi en conférence de presse. Il a toujours eu ces qualités-là. Il faut qu'il ne lui arrive rien sur le plan athlétique, » a-t-il ajouté, comme un vœu pour le futur. Comme Kingsley Coman a commencé très tôt, il n'est pas trop tard pour rattraper le temps perdu. Pour l'éternité, il pourra nourrir des regrets de ne pas avoir pris part à l'aventure russe de l'été 2018, mais son avenir peut encore été brillant. Parce qu'il en a un.

Griezmann : « Il a un jeu qu'on n'a pas devant »

Samedi soir, contre l'Albanie, l'ancien Turinois a été le meilleur Français sur la pelouse du Stade de France. Dès les premières minutes, on l'a senti en jambes et désireux de faire très mal à ses adversaires avec sa vitesse et sa technique. Et très vite, il a ouvert le score après une merveille de passe de Raphaël Varane. En confiance, Coman a tenté beaucoup de choses. Et force est de constater que le déchet n'a presque jamais été au rendez-vous. « Kingsley a un jeu qu'on n'a pas devant. De la percussion, des un contre un, des centres. Cela nous fait du bien, » apprécie Antoine Griezmann. « Quand il fait un crochet c'est très dur de le rattraper, » témoigne Benjamin Pavard, sans doute bien placé pour en parler, lui qui côtoie Coman tous les jours à l'entraînement depuis son arrivée en Bavière cet été.

De manière générale, tous les Bleus étaient d'ailleurs ravis pour leur partenaire à la sortie du Stade de France. Mieux valait aller vers eux pour la pêche aux compliments, l'intéressé reconnaissant du bout des lèvres avoir réussi « l'un de ses meilleurs matchs en équipe de France, et le meilleur sur le plan statistique. » Interrogé sur la réussite du secteur offensif tricolore contre l'Albanie, Olivier Giroud a naturellement déporté son propos sur le joueur munichois : « Je suis content pour Kingsley parce qu'il n'a pas été épargné par les blessures. Il s'est créé des occasions, il a marqué, » a salué l'attaquant de Chelsea. Corentin Tolisso confessait lui que son coéquipier au Bayern Munich s'était fixé « de hauts objectifs » cette saison, et qu'il était en train de les remplir « merveilleusement bien. »

Deschamps : « Ça fait plaisir de le revoir à un tel niveau »

Au bout du compte, il y a donc ce premier doublé avec le maillot bleu sur les épaules et surtout un rendez-vous pris pour les prochaines listes. Si son physique le laisse enfin tranquille, comme toujours. Mais comme Mbappé ou Dembélé, l'ailier du Bayern a en lui ce côté frisson que la planète envie à beaucoup de joueurs de l'équipe de France. « Ça fait plaisir de le revoir à un tel niveau, » a résumé Didier Deschamps devant la presse avant de se tourner sur la préparation du match contre l'Andorre. Il y a d'ailleurs de grandes chances pour qu'on revoie Kingsley Coman mardi. Avec un nouveau festival ? Le public, qui a réservé une belle ovation au double buteur de samedi soir, en redemande. Car même s'il est là depuis presque quatre ans, le natif de Paris souffre encore d'un léger déficit de reconnaissance dans l'Hexagone. Moins décisif, moins régulier et aussi et surtout moins exposé dans une Bundesliga qui fait toujours un peu moins rêver le téléspectateur français. Tout ça peut changer. Et si les absents ont toujours tort, alors Florian Thauvin a sans doute compris samedi soir qu'il lui faudrait retrouver un sacré niveau de performance à l'OM pour ne pas voir sa place dans le groupe des champions du monde se fragiliser.

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