Tentative d'enlèvement et but annulé par le cheikh : Les deux moments fous de Hidalgo

Tentative d'enlèvement et but annulé par le cheikh : Les deux moments fous de Hidalgo©Media365

Thomas Siniecki : publié le vendredi 27 mars 2020 à 18h00

Deux anecdotes ont particulièrement marqué le passage de Michel Hidalgo sur le banc de l'équipe de France de football : une tentative d'enlèvement qu'il a lui-même déjouée, en 1978, puis le fameux France - Koweït de 1982.



Tous les supporters de l'équipe de France lors du Mondial 1982 s'en souviennent : Michel Hidalgo fou de rage, après avoir vu le but d'Alain Giresse annulé face au Koweït quand le cheikh était descendu sur le terrain et avait fait infléchir l'arbitre, prétextant un coup de sifflet dans les tribunes (c'était le but du 4-1, ce qui sera bien le score final après un dernier but de Bossis). En short, le sélectionneur des Bleus avait dû être contenu par les policiers espagnols, quittant alors le terrain face à cette situation ubuesque. « J'ai pris une caméra sur le visage, se rappelait-il en 2010 pour L'Equipe. Il est descendu avec ses sbires, et lui on l'a laissé entrer sur le terrain. Après, il nous a invité huit jours au Koweït, c'était un type adorable. Il a été tué lors de la guerre du Golfe, en 1991. »

Ce qu'on sait moins, en revanche - et ce qui est beaucoup moins drôle -, c'est que Michel Hidalgo a été victime d'une tentative d'enlèvement juste avant le départ pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine. Le 23 mai, deux hommes font arrêter sa voiture près de Bordeaux. L'un le contraint à descendre jusque dans un bois, l'autre reste avec sa femme dans le véhicule. Sous la menace d'un pistolet, Michel Hidalgo se retourne dans un geste désespéré et parvient à faire tomber l'arme, provoquant la fuite de ses agresseurs. Une revendication anonyme attribue cette tentative de rapt aux opposants à la dictature argentine, « pour attirer l'attention sur l'hypocrite complicité de la France, qui fournit du matériel militaire en Argentine ».

Sur TF1, le soir même, Michel Hidalgo est évidemment choqué et révèle alors s'être posé la question d'une démission : « Ils ne voulaient pas me dire ce qu'ils attendaient... On se demande où est le sport, je ne voyais plus d'intérêt, la grande joie de la qualification s'effaçait d'un seul coup. Je me suis dit, en pensant à ma famille, que ce n'était pas la peine d'y aller. Mais avec les joueurs, on a besoin de continuer notre action pacifiste, de réunir les gens plutôt que les diviser. »

Vos réactions doivent respecter nos CGU.