Pourquoi les Bleus nous ont tant frustrés

Pourquoi les Bleus nous ont tant frustrés©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 11 octobre 2017 à 08h38

L'équipe de France a conclu sa campagne de qualification pour la Coupe du Monde avec un billet direct pour la Russie sans pour autant convaincre dans le jeu. Un constat qui découle d'explications diverses. Revue de détail.


DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU STADE DE FRANCE

L'équipe de France a tout pour elle. Elle est vice-championne d'Europe en titre, s'appuie sur des joueurs confirmés au haut niveau et dispose d'un vivier de jeunes talents parmi les plus excitants du monde. Elle devrait ainsi figurer parmi les outsiders logiques pour la Coupe du Monde 2018, voire même mieux. Et pourtant, elle a bouclé mardi sa campagne de qualification par une énième sortie poussive contre la Biélorussie (2-1) et l'enthousiasme née de son potentiel sur le papier s'étiole au fil des semaines. Depuis son match-référence contre les Pays-Bas fin août (4-0), elle a enchaîné trois rencontres sans saveur, avec celles face au Luxembourg (0-0) et en Bulgarie (0-1). Un constat implacable, sur lequel tout le groupe France s'accordait dans la zone mixte du Stade de France, des joueurs au staff technique. Il est surtout la résultante de divers facteurs, même s'il n'y a rien d'insurmontable pour que les Bleus affichent un autre visage en Russie dans huit mois.
L'enjeu a pris le pas sur le jeu
Depuis des semaines, l'environnement s'est appliqué à rameuter les fantômes à Clairefontaine. La malédiction bulgare, le souvenir d'Emil Kostadinov, l'angoissante perspective des barrages : tout était fait pour envisager le pire. Mais les Bleus ont tenu bon - « Même quand il y a du scepticisme, on est là pour mettre le bleu de chauffe » (Olivier Giroud) -, en obtenant les deux victoires, certes étriquées, dont ils avaient besoin pour composter leur billet direct pour le Mondial. Un objectif de résultats passé au-dessus de tout lors de ce rassemblement d'octobre. Ce n'est pas un hasard si les Bleus avaient brillé face aux Pays-Bas, quand ils étaient dos au mur et dans l'obligation de se lâcher. Depuis cette démonstration de force, ils avaient tout à perdre dans le groupe A de la zone Europe et craignaient le faux-pas qui pouvait leur être fatal. Ils sont devenus plus calculateurs, moins enthousiastes et spontanés. Ils sont allés à l'essentiel, en somme, avec la récompense au bout. Sans se préoccuper outre mesure de la qualité de jeu fournie et du spectacle proposé.

L'avis de Blaise Matuidi : « On sait qu'on peut améliorer des choses, mais au niveau des résultats, on est là. On est satisfaits. »
La jeunesse a ses défauts
Il est bien beau d'avoir « un très gros potentiel », dixit Matuidi, il ne suffit pas pour dérouler sur le terrain. La constance dans les performances, la régularité tout au long d'un match, ce sont des qualités qui s'acquièrent avec le temps, avec l'expérience. Ces Bleus en manquent encore et c'est bien normal avec une moyenne d'âge d'à peine 25 ans dans l'effectif présent pour ce rassemblement. Ils ont aussi tendance à tomber dans la facilité, à ne pas faire les efforts nécessaires et à se reposer sur leur seule qualité technique. Un écueil qui ne pardonne pas au niveau international. Sans oublier qu'un rien les fait douter. La réduction du score biélorusse, au moment où ils semblaient en contrôle et prêts à se lâcher, a fait peser une pression folle sur leurs frêles épaules. Ils n'ont jamais réussi à s'en défaire, jouant avec le frein jusqu'à la libération du coup de sifflet final. « On avait ce but d'avance, on ne savait pas trop s'il fallait les presser, c'était assez compliqué dans les têtes », a soufflé Corentin Tolisso. Avec des tauliers sur le terrain, le débat aurait été tranché.

L'avis de Didier Deschamps : « J'ai une équipe jeune. L'adversaire n'a pas lâché et a mis beaucoup d'intensité, de vitesse. Ça ne porte pas à conséquence sur le résultat, mais on doit être capable de mieux maîtriser certaines situations. »
L'équipe bouge sans cesse
Didier Deschamps l'a répété en conférence de presse une fois l'obstacle biélorusse franchi, il doit toujours composer avec les impondérables. Laurent Koscielny, Paul Pogba, N'Golo Kanté, Benjamin Mendy, Layvin Kurzawa, Ousmane Dembélé : tous sont des titulaires en puissance et étaient absents pour ce double rendez-vous d'octobre sur blessure. Corentin Tolisso n'a fêté que sa troisième sélection mardi, Lucas Digne n'avait pas joué de match officiel en Bleu depuis la Coupe du Monde 2014, Thomas Lemar n'est toujours pas installé sur le côté gauche, Kingsley Coman apparait dans le onze de départ au gré des circonstances. Même chose pour les joueurs qui sortent du banc, que ce soit un Dimitri Payet de retour en équipe de France ce mois-ci ou un Kylian Mbappé encore vert chez les A. Difficile dans ces conditions de construire pour le sélectionneur, qui pare dès lors au plus pressé. Avec pragmatisme plus que romantisme.

L'avis de Blaise Matuidi : « On n'avait pas forcément l'habitude de jouer ensemble. Il y a des jeunes qui arrivent. Il faut qu'on arrive à trouver des automatismes, mais je ne suis pas inquiet. »
L'identité n'est pas définie
La France n'a pas le monopole des pépins physiques avant ou pendant un rassemblement. Mais l'Espagne ou l'Allemagne, deux des nations érigées en référence par Deschamps sans les citer mardi en conférence de presse, ont un cadre de jeu bien défini qui facilite l'intégration de nouveaux joueurs et les met immédiatement dans une zone de confort. Rien de tout ça chez les Bleus, où aucune identité claire ne se dégage, ce qui n'est pas entièrement imputable au staff (formation, culture, etc.). Deschamps n'a pas (encore ?) osé le grand basculement qui consisterait à pencher ouvertement vers l'avant, pour coller aux caractéristiques de son groupe. Résultat, son équipe reste dans un entre-deux problématique. Elle ne presse pas assez haut pour récupérer vite le ballon et ne positionne son bloc assez bas pour faire mal en contre. Elle n'est pas suffisamment sereine dans la possession basse et ne brille pas dans la transition à la récupération du ballon. Le tout avec des associations de joueurs dont la complémentarité reste à prouver. Bref, il y a là un vrai chantier et une grande réflexion à mener.

L'avis de Didier Deschamps : « On peut progresser dans tous les domaines. Sur le plan offensif, ça demande plus de temps, bien évidemment, mais l'un ne va pas sans l'autre. On finit cette phase de qualification en ayant encaissé six buts sur dix matchs, mais on a concédé des occasions. Il y a du travail dans toutes les lignes. »
 
12 commentaires - Pourquoi les Bleus nous ont tant frustrés
  • avec une équipe comme celle là ,nous n'irons pas loin en RUSSIE ,à moins d'un retournement de tactique ou une envie de jouer plus encrée les bons joueurs n'ont pas l'air de ce donner à fond pour la bannière FRANCAISE si les absents font défaut il ne faut quand même pas faire une équipe à 11 joueurs bon courage pour tous à revoir

  • heureusement il y avait des films avec Jean Rochefort

  • Il manque à cette équipe de France un projet de jeu. Nous avons de très bons solistes mais pas de jeu collectif. Avec des attaquants comme Dembélé, Mbappé, Lemar et Griezmann on devrait jouer la contre attaque rapide basée sur une défense de fer avec Kante et Pogba au milieu pour relancer rapidement. Je pense que nos défenseurs latéraux devraient s'occuper plus de défendre que vouloir à tout prix attaquer et abandonner leur marquage! Varane et Umtiti ont montré leur solidité et leur engagement, ce sont des éléments sur lesquels on doit compter.Je pense que le sélectionneur doit bâtir des phases de jeu, des circuits préférentiels car Mbappé et Griezmann doivent mieux se compléter!

  • Bon ils ont gagnè .....

    MAIS sont -ils obligès d'aller en Russie ?

    pour le peu de temps qu'ils vont y rester

  • Déjà au championnat d'europe ,deschamps avait commencé par mettre Griezman sur un côté puis dans l'axe ou c'est SA place . Là il a recommencé le même numéro . Il est grand temps de faire l'équipe autour de Griezman axial .Giroud indispensable pour le moment .
    Pour le reste ,il ne pouvait faire beaucoup mieux ;compte tenu des blessés .
    Mais rabiot pas au niveau et payet devenu lourd et lent sont en dessous des autres .
    Ne pas trop attendre non plus des M'Bappé ,coman ,dembélé ,martial ,talentueux mais encore tendres ,brillants solistes ,mais compliqués pour réussir à mettre en place un fond de jeu collectif .

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