Même à trois devant, ça reste poussif pour les Bleus

Même à trois devant, ça reste poussif pour les Bleus©Media365

Rémi Farge, publié le dimanche 08 octobre 2017 à 08h08

Didier Deschamps avait choisi d'aligner trois attaquants samedi soir en Bulgarie (0-1). Mais le trio Griezmann-Lacazette-Mbappé a déçu. Pas assez complices, les trois joueurs n'ont pas posé assez de difficultés aux Bulgares.

Depuis plusieurs mois, Didier Deschamps résistait contre vents et marées à la pression populaire pour faire sortir Olivier Giroud de son onze départ. De moins en moins utilisé à Arsenal, l'ancien Montpelliérain a finalement perdu sa place pour le déplacement capital en Bulgarie samedi soir. Un choix étonnant quand on sait que ce n'est pas Kylian Mbappé qui lui a été préféré, mais Alexandre Lacazette dans un 4-3-3 remis au goût du jour pour la première fois depuis l'Euro 2016. Les Français voulaient un maximum de potentiel offensif, les Français ne voulaient plus de Giroud... Mais malgré les choix forts du sélectionneur, les interrogations restent nombreuses sur le rendement offensif après une nouvelle prestation médiocre à Sofia (0-1).
Manque de complicité
« On doit être capables de faire beaucoup mieux, » a soufflé Didier Deschamps après la rencontre. Et ses trois attaquants étaient sans doute visés. Si Antoine Griezmann s'est mué en passeur décisif en début de rencontre, et a failli doubler la mise d'une reprise hors cadre pour quelques centimètres, c'est l'animation offensive qui pose question. Lacazette, Mbappé et Griezmann ont manqué de complicité et n'ont que très peu combiné. Dans ces conditions, pas surprenant que le Parisien et le Gunner soient passés à côté de leur rencontre. « C'est lié à nous-même. Ce sont des problèmes techniques, des problèmes de concentration, » jugeait Kylian Mbappé au micro d'Infosport+ après le match.
Les Bleus, ce n'est pas le PSG
Auteur d'une adaptation remarquée au PSG, l'ancien Monégasque n'est pas parvenu à conserver le même rendement avec les Bleus. « Ça n'a rien à voir avec Paris, c'est complètement différent, se défend-il. A Paris, il y a Neymar avec qui je peux combiner. En équipe de France, il y a deux buteurs qui sont très bons et qui peuvent aussi combiner. Mais ils le sont moins que Neymar. Ce sont de très bons joueurs et avec le temps et des automatismes, on peut faire quelque chose de bien en équipe de France », poursuit-il. Cette difficulté à combiner, Didier Deschamps l'a aussi relevée : « Il y a eu beaucoup d'enchaînements en première. En deuxième, il y a eu beaucoup moins de liant et de combinaisons. On a eu du mal à combiner dans ce combat. C'est peut-être individuel ou collectif. Plus le match avançait, plus on a pensé à préserver le résultat, logiquement. On aurait dû être plus présent devant », regrette-t-il.
La France ne marque pas assez
Mardi, face à la Biélorussie (20h45), pas sûr que Didier Deschamps reconduise le 4-3-3 contre un adversaire qui nécessitera sûrement moins de sécurité au milieu. Mais Mbappé compte bien débuter. Ce serait l'occasion d'améliorer des statistiques jusqu'ici moyennes en sélection. « De n'avoir marqué qu'un but avec les Bleus, ça ne me pèse pas car sur les sept sélections, il y a eu beaucoup de rentrées. Ce n'est pas quelque chose qui me tracasse. Je vis d'abord pour le collectif », assure l'ancien joueur de Monaco. Au rayon statistique, il serait trop facile d'incriminer le jeune joueur de 19 ans. Car si la Pologne a Lewandowski (15 buts), si le Portugal a Ronaldo (15 buts) et si la Belgique a Lukaku (10 buts), la France n'a... personne. Giroud et Griezmann, avec trois réalisations, sont les meilleurs buteurs français des éliminatoires. Plus de quarante joueurs les devancent.

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