Ligue des Nations - Bleus : Les Tricolores maîtrisent aussi l'art du rebond

Ligue des Nations - Bleus : Les Tricolores maîtrisent aussi l'art du rebond©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mardi 16 octobre 2018 à 23h15

Plus déséquilibrée et moins souveraine que pendant la Coupe du Monde, l'équipe de France garde pour elle un mental à toute épreuve, qui lui a permis de renverser l'Allemagne mardi (1-1). Mais elle est clairement en quête de son juste équilibre.

DE L'UN DES NOS ENVOYES SPECIAUX AU STADE DE FRANCE

En cinq jours, les Bleus ont expérimenté pendant plus d'une heure une situation qu'il n'avait connue que 9 minutes pendant la Coupe du Monde : être menés. Un constat qui dit autant de leur solidité pendant le tournoi que de leur recherche en cours d'un équilibre nouveau, avec leur statut de champions du monde. Mais au moins, cette étiquette n'a pas changé ce qui constitue leur force principale : un mental à toute épreuve. Rudy Tomjanovich, coach des Houston Rockets doubles champions NBA dans les années 90, avait susurré à ceux qui doutaient de la faim de doublé de son équipe qu'il ne fallait jamais douter du coeur d'un champion. Les Bleus en sont une nouvelle démonstration. Après avoir remonté deux buts à l'Islande dans les cinq dernières minutes jeudi dernier en match amical (2-2), ils ont renversé l'Allemagne mardi (2-1), histoire de quasiment composter leur billet pour le Final Four de la Ligue des Nations. Ils ont ainsi conservé leur invincibilité, qui court maintenant depuis 15 matchs, soit la plus longue série du genre sous Didier Deschamps.

Les Bleus l'ont joué comme l'Allemagne du Mondial


Mais si les Bleus ont dû tant lutter pour la faire perdurer, c'est que quelque chose ne tourne plus aussi rond que durant le Mondial. Ils avaient affiché en Russie une incroyable maîtrise en toutes circonstances, s'exposant rarement aux offensives adverses et ne lui laissant que peu d'espaces pour manoeuvrer. Sur ce rassemblement d'octobre, ces qualités ont en partie disparu. Déjà flagrant face à l'Islande, qui s'était délecté des boulevards entre la ligne défensive et le milieu français, le manque d'équilibre a encore sauté aux yeux contre la Mannschaft. Maintes fois la troupe de Didier Deschamps s'est fait transpercer sur des contres fulgurants au cours de la première demi-heure, et encore avec plus de parcimonie par la suite. Comme si elle imitait l'Allemagne de la Coupe du Monde... Avec plus de justesse et un Hugo Lloris moins costaud, les champions du monde 2014 auraient probablement breaké leurs successeurs et cela aurait reflété la physionomie des trente premières minutes. Cette situation était liée au coup tactique de Joachim Löw, qui avait opté pour un 3-4-3 pour surprendre les Bleus au coup d'envoi, avec des flèches devant (Sané, Werner, Gnabry) pour se projeter rapidement.

Une quête offensive en ordre désordonné


Elle était aussi une question d'attitude. Critiqués pour leur style pendant la Coupe du Monde, les Français se demandent comment concilier au mieux leur potentiel offensif sans perdre la recette du succès. Le problème, c'est qu'ils se lancent pour l'instant dans cette quête en ordre très désordonné. Quand Lucas Hernandez termine une séquence sur action placée en position d'avant-centre et que l'Allemagne est à une passe mieux ajustée de Leroy Sané de prendre deux buts d'avance, il y a un souci. Les problèmes viennent aussi quand la paire N'Golo Kanté - Paul Pogba ne rayonne pas dans l'entrejeu. Moins au point physiquement que cet été, les deux hommes ont souffert le martyr, à courir après le ballon sans parvenir à la ressortir proprement après la récupération. Mais une fois qu'ils ont rééquilibré les débats dans leur secteur, les Bleus ont refait surface, comme par magie, Kanté montant sérieusement en régime au fil des minutes. La réaction est venue d'abord du banc, où Deschamps a décidé de renoncer à son 4-2-3-1 champion du monde pour passer un 4-3-3 adapté au schéma allemand.

La sacre de juillet n'a pas étanché leur soif


Ses joueurs ont alors haussé le ton dans tous les domaines, de la justesse technique à l'envie, ce qui s'est ressenti dès la fin de la première période, pour s'accentuer au retour des vestiaires. Remontés comme des coucous et poussés par un public qui a joué à merveille son rôle, ces Bleus, à l'image de leur sélectionneur, refusent la défaite. Ce n'est pas un hasard si c'est le duo de l'Atlético Madrid, avec Lucas Hernandez et Antoine Griezmann, qui a remis l'équipe de France dans le droit chemin. Eux vivent au quotidien dans cette culture de ne jamais rien lâcher et déteignent sur leurs coéquipiers, dont la soif n'est pas étanché par leur sacre de juillet. Une fois que le score avait basculé de leur côté en un doublé de Grizou, les partenaires de Raphaël Varane ont retrouvé leurs vieux réflexes, s'arc-boutant dans leur surface et courbant l'échine sans craquer. Preuve que les Bleus gardent des acquis de leur campagne de Russie. Maintenant, pour devenir plus imprévisibles et par conséquent plus forts, ils se penchent sur leurs axes de progression. Ils en sont au stade du brouillon. Il reste deux ans pour rendre la bonne copie. 

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