Ligue des Nations - Bleus / Didier Deschamps : " On ne va pas affronter une équipe démobilisée "

Ligue des Nations - Bleus / Didier Deschamps : " On ne va pas affronter une équipe démobilisée "©Media365

Rémi Farge, publié le lundi 15 octobre 2018 à 18h10

Didier Deschamps était en conférence de presse ce lundi à la veille du match des Bleus contre l'Allemagne. Le sélectionneur de l'équipe de France se méfie de l'orgueil des Allemands.

Didier Deschamps, êtes-vous optimiste pour ce match retour contre l'Allemagne ?

Oui, par nature. Quand je prépare un match, je ne pense qu'à mettre mes joueurs dans les meilleures conditions. En face de nous, on aura une équipe d'Allemagne qui est forte, même si elle sort d'un résultat très négatif aux Pays-Bas, sur un score très sévère car cette équipe allemande a été dominatrice mais a manqué d'efficacité. Je ne m'attends pas à affronter une équipe démobilisée, bien au contraire. On a le même objectif qu'eux : prendre les trois points pour nous rapprocher de la première place de notre poule.

Vous avez piqué certains de vos joueurs sur les exigences du haut-niveau ces derniers jours. N'Golo Kanté nous a dit que l'évolution du jeu des Bleus était un sujet au cœur des discussions dans le groupe...

Je pense qu'il y a une interprétation un peu fausse (sourire). On peut parler de style, mais la finalité du football est d'être efficace dans deux zones : offensive et défensive. On peut jouer avec des profils différents, on peut amener plus de créativité, mais la difficulté est de garder la même solidité. On peut jouer haut, on peut jouer bloc médian, on peut jouer bas... On peut toujours s'améliorer, mais si on maintient déjà ce qui a été fait jusqu'à maintenant, ce serait déjà bien.

Deschamps : « Mbappé en pointe ? Pas possible de répondre catégoriquement »


Kylian Mbappé devait débuter en pointe contre l'Islande, est-ce que cette idée pourrait revenir contre l'Allemagne, voire s'imposer à plus long terme ?

Cela peut être un débat. Kylian est performant dans différentes positions. C'est une solution différente de ce que propose Olivier Giroud. J'étais parti dans cette idée-là jeudi et j'ai dû modifier mes plans suite au petit problème qu'a eu Kylian. Il y a des avantages et des inconvénients selon son positionnement. Ce n'est pas possible de répondre catégoriquement aujourd'hui. Mais c'est une évolution qui demande des aménagements.

Comment faire pour éviter qu'il prenne le melon avec tout ce qui lui arrive ?

Il ne l'a pas. Je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit pour qu'il ne l'ait pas. Kylian vit très bien sa notoriété, sa popularité, et ça ne le fait pas dévier de la route qu'il a tracée. Il a conscience de ce qu'il fait, de ce qu'il doit encore faire, il n'y a pas de melon.

On vous a vu longuement discuté avec Presnel Kimpembe à l'entrainement, que doit-il faire de plus ?

Kim est un joueur qui est avec nous depuis un moment mais ce n'était que sa deuxième titularisation. Lors de la première contre le Danemark, il avait été très performant. Il a des étapes à franchir. Il s'est retrouvé dans un match où l'équipe n'était pas au mieux dans globalité. Il faut gagner en efficacité, notamment sur l'action du premier but, où il aurait dû la mettre en touche. Cette action conditionne un peu son match. Mais j'ai confiance en lui, comme en d'autres joueurs qui n'étaient pas au mieux.

Que manque-t-il à Thomas Lemar pour s'imposer en équipe de France ?

Vous me posez la même question pour Ousmane Dembélé ou Florian Thauvin. Thomas Lemar est habitué à être dans le groupe, même s'il n'a pas eu un temps de jeu très important. Il a changé de club, on lui demande des choses différentes. Il a eu de bonnes périodes, d'autres un peu moins bonnes. Il a toutes les qualités du joueur de haut-niveau mais il y a beaucoup de concurrence.

Deschamps : « Je ne me rappelle pas de mes rêves »


Sentez-vous que cette Ligue des Nations prend dans l'esprit de vos joueurs, qu'elle commence à créer une émulation ?

Dès le départ. On a enchaîné Allemagne et Pays-Bas en trois jours en septembre. C'est une compétition avec un objectif au bout, les joueurs le savent. C'est déjà l'avant-dernier match, il est décisif pour l'Allemagne de par leur classement, et il est très important pour nous. L'adrénaline est là et sera encore présente demain (mardi).

De quoi rêve-t-on quand on a 50 ans et qu'on est double champion du monde ?

Je ne me rappelle pas de mes rêves. Le meilleur est à venir, comme le disait toujours mon ami Marcel Desailly. Je veux bien le croire. Je n'ai pas à me plaindre. C'est un passage symbolique car ça représente un demi-siècle, mais je le vis bien. Le plus important reste la santé pour mes proches et moi.

Propos recueillis par R.F., au Stade de France

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