Les Bleus face à leur premier gros test en Turquie

Les Bleus face à leur premier gros test en Turquie©Media365
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Rémi Farge, publié le samedi 08 juin 2019 à 07h30

Ce samedi soir en Turquie, l'équipe de France va certainement disputer le match le plus important depuis son titre de champion du monde. Parce qu'il s'agira de faire un pas vers la qualification pour l'Euro 2020, et que la mission ne sera pas si aisée que cela.

En dominant largement la Moldavie puis en confirmant contre l'Islande, l'équipe de France a parfaitement lancé ses éliminatoires de l'Euro 2020. Avec le succès contre la Bolivie, dimanche dernier en amical, on peut aller jusqu'à dire que l'année 2019 des Bleus frise pour l'instant l'excellence. Les nations affrontées n'avaient rien d'effrayantes, mais les hommes de Didier Deschamps ont montré de belles choses dans le jeu. Idéal pour chasser les doutes nés d'une fin d'année plus compliquée, avec notamment l'élimination en Ligue des Nations. Une compétition officielle, certes, mais aux yeux du sélectionneur français et de ses joueurs, la qualification pour le prochain Championnat d'Europe revêt une importance largement plus importante. Et ça tombe bien, car ce samedi soir, à Konya, les coéquipiers de Paul Pogba auront l'occasion de faire un premier pas vers le tournoi continental de l'année prochaine. Déjà ? Oui, car en gagnant en Turquie, sur la pelouse de l'autre leader de leur groupe, les Bleus prendraient une avance considérable au classement comme dans les têtes.

Une Turquie en confiance et poussée par son public

« Le contexte rajoute encore plus de piment puisque le vainqueur prendra la première place du groupe », a reconnu Hugo Lloris en conférence de presse vendredi. Mais le gardien tricolore, comme son entraîneur, se sont surtout évertués à répéter que ce rendez-vous en Turquie n'avait rien de simple. On peut difficilement donner tort au portier de Tottenham. Même si la Turquie occupe une triste 39eme place au classement FIFA, la sélection entraînée par Senol Günes se porte bien depuis quelques mois. Elle reste même sur quatre victoires d'affilée, sans avoir, il est vrai, défier plus fort que la Grèce. On dit les Turcs en reconstruction, après une période de vaches maigres entre l'Euro 2016 et le début de l'année 2019, mais Didier Deschamps juge la reconstruction en très bonne voie.

« J'ai trouvé que cette équipe avait quand même beaucoup de maturité et de maîtrise. C'est une équipe qui joue, avec des joueurs intéressants. La doublette offensive avec Yilmaz et Calhanoglu est capable de créer du jeu, d'apporter du danger », analyse le sélectionneur. « On prend notre adversaire avec beaucoup de sérieux », renchérit Hugo Lloris. Surtout qu'en Turquie, les champions du monde seront attendus de pied ferme. L'équipe de France n'a joué qu'une seule fois sur le sol turc dans toute son histoire (une victoire 4-0 en 2000). Elle n'en ignore pourtant pas l'ambiance incroyable qui règne dans tous ses stades. Ce samedi soir, les Bleus ont beau ne pas être à Istanbul, ils verront que la ferveur est la même à Konya.

Kanté n'est pas là, et c'est un vrai problème

« On s'attend, au-delà de la température qu'il fait ici, à une ambiance chaude avec un stade qui va pousser cette équipe de Turquie », a reconnu Didier Deschamps face aux médias. Hugo Lloris, qui n'a encore jamais joué en Turquie dans sa carrière, parle même de climat « hostile ». A l'enjeu, à la qualité de l'adversaire et à l'hostilité, il faut rajouter deux points essentiels qui invitent la France à la prudence malgré son statut du moment. Elle sera privée de N'Golo Kanté, qui n'a manqué qu'un match depuis le début de la Coupe du Monde (2-2 contre l'Islande en amical). Un joueur « essentiel » dixit Deschamps, « qui a pris une place importante dans le groupe » selon Lloris. Touché à un genou, le milieu de Chelsea est absent, comme Lucas Hernandez ou encore Ousmane Dembélé, par exemple. Pas simple de préparer ce déplacement dans les meilleures conditions, donc, surtout à une période de l'année où les Bleus n'ont jamais montré une grande fiabilité. « La période n'est pas évidente, mais c'est valable pour toutes les équipes. J'ai prévenu les joueurs, on s'attend à un match difficile ». Didier Deschamps a planté le décor.

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