France - Moldavie : Une fausse peur bleue

France - Moldavie : Une fausse peur bleue©Media365

Geoffrey Steines, publié le jeudi 14 novembre 2019 à 07h55

Depuis le début de la semaine, les Bleus évitent soigneusement de s'imaginer la qualification pour l'Euro 2020 déjà en poche, avant de recevoir la Moldavie jeudi (20h45). En surjouant le registre de la méfiance, comme pour invoquer de vieux démons.

Deux matchs, une victoire à glaner pour se qualifier. Sur le papier, le scénario n'est pas sans rappeler la catastrophe de 1993. Avec un seul point à prendre à domicile contre Israël ou la Bulgarie, l'équipe de France se trouvait dans une situation extrêmement confortable pour composter son billet pour la Coupe du Monde 1994. Deux défaites plus tard, les Bleus vivaient la plus grosse déconvenue de leur histoire en phase de qualification. Didier Deschamps était joueur et avait pris cette claque de l'intérieur. D'où probablement sa méfiance avant d'aborder la réception de la Moldavie jeudi (20h45). « Prudence ne signifie pas crainte. C'est toujours bien d'être vigilant, a lancé le sélectionneur français mercredi en conférence de presse. La réalité aujourd'hui, c'est qu'on n'est pas qualifiés. On a tout pour atteindre notre objectif, faisons en sorte de l'atteindre. C'est juste être pragmatiques, c'est mieux que ce soit comme ça. »

La Moldavie n'est ni Israël ni la Bulgarie

Sa prudence, Deschamps l'a diffusée à ses joueurs. Clément Lenglet et Steve Mandanda en avaient fait preuve mardi à Clairefontaine, Raphaël Varane n'a pas fait exception au Stade de France le lendemain. « Je ne dirais pas que c'est une crainte. Tant que ce n'est pas fait, on ne sait jamais, a soufflé le capitaine des Bleus, en l'absence d'Hugo Lloris. Le coach a toujours été très prudent, à ne jamais vouloir laisser les choses au hasard. On ne va pas se relâcher. Le coach est toujours prêt à nous motiver et à faire en sorte qu'on reste bien concentrés. Il tire ça de son expérience et essaye de nous le transmettre. » Ce fameux épisode de 1993 trotte forcément dans la tête de Deschamps. Mais le contexte n'a rien à avoir. La Moldavie de 2019, 175eme nation au classement FIFA, n'est pas Israël, encore moins la Bulgarie, futur demi-finaliste du Mondial américain en 1994. Elle n'a gagné qu'un match sur cette phase de qualification (1-0 contre Andorre), n'a planté que deux buts en 8 matchs (dont un face aux Bleus à l'aller) et reste sur cinq défaites de rang sans marquer.

Ils avaient fait le travail en 2017

Certes, les Moldaves ont changé de sélectionneur depuis le dernier rassemblement et la nomination du Turc Engin Firat pourrait être un électrochoc dont Deschamps se méfie. « Entre les deux derniers rassemblements et celui-là, il y a sept joueurs qui ne sont pas là. Il y a des anciens qui sont revenus. Ça se rapprochera plus de l'équipe qu'on avait dû rencontrer là-bas. » Les Bleus n'avaient pas tremblé à Chisinau en mars pour entamer leur campagne de qualification (1-4). Il n'y a aucune raison pour les champions du monde qu'il en soit autrement au Stade de France, une enceinte dont la dimension pourrait surprendre les Moldaves. Les vieux démons du passé, les Bleus de Deschamps en avaient parfaitement fait abstraction sur le chemin de la Coupe du Monde 2018 pour vaincre successivement la Bulgarie (0-1) et la Biélorussie (3-1) dans deux matchs décisifs en octobre 2017. Un vécu qui ne doit pas les autoriser à se faire peur avant d'accueillir la Moldavie.

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