Evra tacle Le Graët sur le racisme

Evra tacle Le Graët sur le racisme©Media365

Paul Rouget : publié le mercredi 30 septembre 2020 à 16h45

Alors que, pour Noël Le Graët, le racisme dans le football "n'existe pas ou peu", l'ancien capitaine des Bleus Patrice Evra s'en est pris au patron de la FFF : "Noël, t'as pété un câble. Il va falloir que tu dégages."



Les déclarations de Noël Le Graët font toujours réagir. Il y a deux semaines, le président de la Fédération française de football avait affirmé sur BFM Business que "le phénomène raciste dans le sport, et le foot en particulier, n'existe pas ou peu. Sur un match, il peut y avoir des écarts, mais dans l'ensemble, on a moins de 1% de difficultés. Il y en a eu mais vous savez, quand un black marque un but, tout le stade est debout." Une sortie qui n'avait pas manqué d'interpeller, notamment Olivier Dacourt. "Ça devient gênant", avait écrit sur Twitter l'ancien milieu de terrain des Bleus, qui avait consacré un documentaire au racisme dans le football intitulé «Je ne suis pas un singe», diffusé l'an dernier sur Canal+. Patrice Evra s'est lui montré beaucoup plus explicite sur Instagram, taclant sévèrement le patron de la FFF. "Noël, t'as pété un câble, explique-t-il notamment. Il va falloir que tu dégages. J'ai perdu tout mon respect pour toi."

L'ex-capitaine des Bleus (81 sélections) n'est "pas une balance" mais se sent "obligé de parler. Au château (de Clairefontaine, ndlr), tu sais très bien ce qu'il se passe. Combien de lettres racistes on reçoit ? Où il est marqué : «Didier reprend tes singes et dégage en Afrique, barre-toi avec tes singes, tes gorilles». On les cache pour que les joueurs ne les voient pas. Mais moi, j'en ai vu certaines. On recevait même des cartons remplis de caca... " Evra, qui a annonce sa retraite sportive à l'été 2019, cite également l'exemple des visites d'hommes politiques à Clairefontaine. "Quand on mange, on a l'habitude de se mettre à côté d'un gars parce qu'on a de bonnes relations. À chaque fois qu'un président venait, ou un homme politique, tout changeait. Où il y avait normalement Mamadou Sakho et Bacary Sagna - beaucoup de sombritude -, on mettait un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny avec le président au milieu. Mais on le savait, on est en France, on n'est pas chez nous. Quand il y avait une photo, c'était mieux de voir un Lloris et un Koscielny qu'un Sakho ou un Sagna, c'est dommage...", regrette encore l'ancien défenseur mancunien.

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