Euro 2020 : Les Bleus pas forcément desservis

Euro 2020 : Les Bleus pas forcément desservis©Media365
A lire aussi

Geoffrey Steines, publié le samedi 30 novembre 2019 à 23h50

Même si la France est tombée dans le groupe de la mort de l'Euro 2020, ce n'est peut-être pas une si mauvaise chose...



Du lourd. Du très lourd même. Les trois derniers champions du monde ou d'Europe et trois des quatre demi-finalistes de l'Euro 2016 réunis dans la même poule : pas de doute, le groupe F sera incontestablement le plus relevé de l'édition 2020. L'équipe de France en sera, en compagnie de l'Allemagne, qui aura l'avantage d'accueillir ses trois matchs du premier tour, et du Portugal. Sur le papier, les Bleus pourront s'estimer malheureux de devoir affronter une telle adversité d'entrée. « On estime que c'est un groupe relevé, difficile, a reconnu Guy Stéphan après le tirage. Mais je pense que nos amis allemands et portugais l'estiment aussi pour eux. On a nos forces, on sait ce qu'on a fait en Russie. Evidemment qu'il va falloir s'en servir. On aurait souhaité avoir des adversaires avec une qualité moindre. Mais le sort en a voulu ainsi. » En effet, il n'a pas gâté les Bleus. Ça reste toutefois de la théorie.

Les Bleus de 2000 étaient sortis d'un groupe de la mort

Dans les faits, tomber dans un groupe de la mort peut aussi se transformer en bénédiction. L'équipe de France et Didier Deschamps sont bien placés pour le savoir. Pour l'Euro 2000, le capitaine DD et ses partenaires avaient hérité d'un groupe monstrueux : les Pays-Bas, demi-finalistes de la Coupe du Monde 1998, le Danemark, quart-de-finaliste, et la République tchèque, emmenée par une génération dorée (Nedved, Poborsky, Koller, Rosicky, Smicer). Avec pour résultat une victoire finale, les Bleus pratiquant un football total qui avait failli leur jouer des tours lors des matchs à élimination directe. Les Français ne sont pas seuls récemment à avoir profité d'un premier tour compliqué pour se lancer. La Croatie a atteint la finale de la Coupe du Monde 2018 après avoir terminé en tête d'une poule avec l'Argentine, le Nigeria et l'Islande. L'Allemagne avait dominé un groupe avec le Portugal, le Ghana et les Etats-Unis sur la route de son sacre planétaire en 2014. L'Espagne championne d'Europe en 2012 avait devancé l'Italie et la Croatie en poule.

Physique, confiance : une excellente rampe de lancement

En démarrant le tournoi par un déplacement à Munich pour y affronter la Mannschaft, qu'ils avaient accrochée déjà à l'Allianz Arena en septembre 2018 dans le cadre de la Ligue des Nations (0-0), les Bleus ne pourront pas remettre leur pic de forme à plus tard. « Il faudra évidemment être quasiment à 100% de ses possibilités très rapidement, dès le début de la compétition, a soufflé Stéphan. On a encore un petit peu de temps pour se préparer. Le fait que ce soit un groupe aussi relevé, ça va montrer qu'il faudra être très dynamique sur le plan physique, de la fraîcheur. » Mais se sortir d'un tel piège est aussi synonyme de spirale positive et de confiance pour la suite de la compétition. C'est aussi la garantie de ne plus recroiser deux potentiels candidats à la victoire finale avant le dernier carré. Les Bleus devront se méfier pour éviter l'humiliation d'une élimination d'entrée pour des champions du monde en titre. Mais s'ils passent, ce groupe de la mort pourrait les lancer sur la voie d'une belle épopée.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.