Equipe de France : Gagner, c'est bien, séduire, c'est mieux

Equipe de France : Gagner, c'est bien, séduire, c'est mieux©Media365
A lire aussi

Rémi Farge, publié le mardi 10 octobre 2017 à 07h05

Il y a un objectif clair depuis le début : celui de la qualification pour la prochaine Coupe du Monde. Cet « objectif », Didier Deschamps et ses joueurs n'ont eu de cesse l'évoquer devant la presse depuis un an.

Ils le tiennent avec une main et quatre autres doigts. Ne leur reste plus qu'à battre la Biélorussie ce mardi soir (20h45) pour déboucher le champagne. Mais on attend plus. Plus que la qualification. Lors de leurs derniers passages au Stade de France, les Bleus ont fait le show contre l'Angleterre et les Pays-Bas. Il serait de bon ton d'en faire de même face à la modeste sélection biélorusse. Car à la différence de l'Allemagne, de l'Espagne ou de la Belgique, la France n'en a pas mis plein la vue à son public pendant ces éliminatoires. « On part du principe que le plus important est de se qualifier. Si on peut y ajouter la manière c'est encore mieux, répond Hugo Lloris. On se rend compte qu'à travers les générations il est arrivé très peu de fois que la France se qualifie directement. Se rendre les choses faciles c'est le plus dur dans le football, et dans la vie en général, mais l'objectif doit être atteint quels que soient les moyens. »
Au mieux, les Bleus stagnent
Un an et trois mois après l'Euro, on en vient quand même à se demander si les Bleus n'ont pas régressé. Au mieux, ils stagnent. Dans le jeu, malgré la confiance qu'était censée leur donner la finale de l'Euro, même perdue, les évolutions sont minces pour ne pas dire inexistantes. Après avoir développé le 4-4-2 (ou 4-2-3-1), le sélectionneur a même fait marche arrière pour le match le plus important de l'année, samedi en Bulgarie, en débutant en 4-3-3. Sur le plan des individualités, on reste là aussi sur notre faim. Antoine Griezmann n'a pas su enchaîner pour conserver le statut de star de cette équipe après un tournoi continental de très haut niveau. Paul Pogba est de plus en plus contesté, les latéraux donnent parfois des sueurs froides, et même Hugo Lloris nous a fait le coup de la panne en Suède. Même la jeune génération, hormis Kylian Mbappé, donne le sentiment qu'elle a du mal à s'installer. Brillant en club, Adrien Rabiot marche encore sur la pointe des pieds avec l'équipe de France. Ousmane Dembélé et Benjamin Mendy ont vu leur intégration freinée par des blessures, et Thomas Lemar doit encore gagner en constance.
Deschamps ne se voile pas la face
« J'ai la lucidité nécessaire pour voir qu'on a manqué de maîtrise en Bulgarie, se défend Didier Deschamps. Les intentions sont toujours d'être le plus fluide possible, d'avoir le ballon et de maîtriser. Je ne me voile pas la face, on n'est pas les plus beaux, pas les meilleurs. L'idéal serait qu'on maîtrise 90 minutes et que l'adversaire n'ait rien. Il faut plus de justesse technique, plus d'efficacité. Il y a une marge de progression importante. » Pourtant l'équipe de France peut se qualifier directement pour la Coupe du Monde 2018 ce mardi soir. Ce qui n'avait pas été le cas pour les deux derniers Mondiaux. Didier Deschamps cultive la science de la gagne et la simple réussite de cet objectif de qualification lui suffira amplement. Pour être ambitieux en Russie et faire mieux qu'au Brésil, où le parcours tricolore s'était arrêté en quart de finale contre l'Allemagne, il faudra cependant progresser, apporter une identité de jeu à cette jeune équipe.
Pour durer, il faut une identité
Le capitaine Hugo Lloris partage cette vision plus lointaine du problème : « Le premier objectif est de gagner. Si on peut ajouter la manière il faut le faire. Il la faudra de toute façon pour durer sur le moyen et le long terme. On a conscience que tout n'est pas parfait. » Heureusement, dès le lendemain de la Biélorussie, il restera aux Français huit mois pour travailler. Travailler, mais aussi apprendre selon le sélectionneur français. « Sur le onze qui démarre à Sofia, à part Hugo, Raphaël, Antoine et Blaise qui ont de la bouteille, les autres joueurs ont moins de dix sélections. Cela fait partie de l'apprentissage. » Et la meilleure manière de lancer ce nouveau chapitre de labeur, c'est de gagner avec la manière contre la Biélorussie. Et, cette fois, ne pas se contenter du résultat. Un feu d'artifice en quelque sorte. Avec le bouquet final.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU