Coupe du Monde 2018 - Bleus : Deschamps, Le Graët, gouvernement... Tout le monde fustige Rabiot

Coupe du Monde 2018 - Bleus : Deschamps, Le Graët, gouvernement... Tout le monde fustige Rabiot©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 23 mai 2018 à 16h55

« Une énorme erreur » pour Didier Deschamps, « une mauvaise décision » pour Noël Le Graët : le sélectionneur de l'équipe de France et son président ont tous deux réagi mercredi à la décision d'Adrien Rabiot de refuser son statut de suppléant en vue de la prochaine Coupe du Monde. Un choix qui a même fait réagir Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Didier Deschamps le savait pertinemment en entrant dans l'auditorium de Clairefontaine ce mercredi après-midi : sa conférence de presse à venir allait se concentrer sur le cas Adrien Rabiot. Ça n'a pas loupé, puisque quatre des cinq premières questions posées au sélectionneur des Bleus étaient liées de près ou de loin au milieu du PSG et à sa décision, révélée mardi soir par L'Equipe et Le Parisien, de refuser son statut de suppléant dans le groupe France pour la prochaine Coupe du Monde. Un choix qui n'a pas manqué d'étonner Deschamps. « J'ai été surpris, bien évidemment, a-t-il reconnu. Je peux comprendre l'immense déception, mais de là à prendre une telle position... On parle d'un jeune joueur, qui était dans le groupe France depuis un moment. Il s'auto-exclut de lui-même. J'ose espérer que ça lui permettra de mûrir, de réfléchir. Je suis convaincu qu'il a fait une énorme erreur en prenant une telle position. »

Le Graët : « Sa déception ne l'autorise pas à abandonner l'équipe de France »


Une position que Rabiot a explicitée par un mail directement envoyé à son sélectionneur lundi, et non par une lettre envoyée à la Fédération. Deschamps a cherché à en savoir davantage sur les motivations profondes du Parisien. Sans succès. « Je l'ai appelé, je lui ai envoyé un SMS pour avoir confirmation que c'était bien lui. Il ne m'a pas répondu, mais j'ai eu la réponse par mon responsable administratif. J'ai averti mon président (Noël Le Graët) du contenu. Par correction, j'ai aussi averti le président du PSG (Nasser Al-Khelaïfi). » Si le club de la Capitale, où Rabiot est sous contrat jusqu'en juin 2019, n'a pas encore réagi publiquement, Le Graët y est allé de son communiqué. Il y transpire la même incompréhension que chez Deschamps. « Adrien Rabiot est un joueur de grande qualité et un garçon attachant qui s'est toujours bien comporté dans les sélections nationales où il a évolué. Sa réaction est donc très surprenante. Sa déception ne l'autorise pas à abandonner et à ne pas se mettre au service de l'équipe de France. »

Deschamps n'écarte pas un retour de Rabiot à l'avenir


De là à lui infliger une sanction, ce n'est visiblement pas à l'ordre du jour pour le moment. « Adrien a pris une mauvaise décision. Il se pénalise et se sanctionne tout seul », a soufflé Le Graët. « Je n'ai jamais pris de position radicale, a tempéré Deschamps quand il lui était demandé si Rabiot avait une chance d'être à nouveau appelé chez les Bleus avec lui comme sélectionneur. Il se met à la faute, point barre. J'ai argumenté le fait qu'il ne soit pas là par rapport à ce qu'il a pu se passer avec nous sur le terrain. Je n'ai rien eu à lui reprocher sur le comportement, c'est pour ça que ça me surprend encore plus. Je n'avais pas le moindre signe. C'est l'équipe de France, elle est au-dessus de tout. On parle d'un joueur qui a peu de sélections (6), qui a 23 ans. Un gars de 30 ans, avec davantage de vécu et 50 sélections, il aurait plus de circonstances atténuantes. J'espère qu'il apprendra. »

Deschamps : « Il n'y a pas de place pour les états d'âme »


Surtout que l'épisode risque de dépasser le simple cadre du sport. D'après des propos relayés par L'Equipe, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement français, a réagi en Conseil des Ministres : « Je pense que, quand on a l'honneur d'être appelé à porter le maillot tricolore et à défendre les couleurs de son pays, on répond présent, quel que soit le poste proposé. » « Il n'y a pas de place pour les états d'âme au très haut niveau, a confirmé indirectement Deschamps. On se doit d'être professionnels en toutes circonstances. Je ne vais pas vous dire que ça me fait plaisir, mais je ne vais pas en faire une histoire pendant des jours. J'en prends acte et je sais que je ne peux pas compter sur lui. Il refuse son statut de réserviste, le fait de suivre un programme et d'être appelé comme suppléant s'il y avait un problème. C'est sa décision, il assume. » Avec désormais l'obligation de vivre avec pour le reste de sa carrière.

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