Bleus : Ses choix, la Moldavie, Griezmann sous-coté... La conférence de presse de Didier Deschamps

Bleus : Ses choix, la Moldavie, Griezmann sous-coté... La conférence de presse de Didier Deschamps©Media365

Rémi Farge, publié le lundi 18 mars 2019 à 15h25

Didier Deschamps était en conférence de presse ce lundi pour le début du rassemblement de l'équipe de France à Clairefontaine. Le sélectionneur a évoqué ses choix, le début des éliminatoires et le regard porté en France sur Antoine Griezmann.



Didier Deschamps, vous avez été confronté au forfait d'Anthony Martial. Pourquoi avoir choisi Thomas Lemar pour le remplacer.

Anthony Martial a un problème récurrent à un genou, il ne pouvait pas être disponible. Thomas Lemar a une saison compliquée, il a changé de club et donc d'exigences. Il est amené à modifier son jeu. C'est surtout un joueur de ballon, un créateur. Et là, il évolue dans une équipe qui pense à bien défendre. Il a le potentiel, il a encore à progresser, mais je n'ai aucun souci sur sa qualité.

Au-delà de son match difficile à Paris, Steve Mandanda peut-il reculer dans la hiérarchie des gardiens de but ?

C'est juste une action... Steve a eu des moments un peu plus difficiles cette saison. Alphonse a eu une bonne période aussi, même s'il n'a pas été concerné par les matchs les plus importants du PSG. C'est évolutif dans un sens comme dans l'autre. Steve, avant le match d'hier, avait retrouvé un bon niveau. Même s'il n'a pas beaucoup de sélections, il est venu bien plus que 100 fois avec nous. J'ai la chance de pouvoir m'appuyer sur ces trois-là qui sont tous des gardiens de haut niveau. Aujourd'hui, il n'y a pas de raison de changer aujourd'hui.

Deschamps : « Les Pays-Bas, c'est un mauvais souvenir »

Avec du recul, comment percevez-vous la défaite contre les Pays-Bas en novembre ? Comme un avertissement ?

C'était il y a quatre mois, c'est un mauvais souvenir car on a raté notre match. La sanction est immédiate au haut niveau. Mais ce n'est pas un seul match qui va tout changer. Il n'y a pas d'obligation de régénérer le groupe. De toute façon, ça se passe toujours comme ça, il n'y avait que treize joueurs de l'Euro qui étaient à la Coupe du Monde. Il y a un noyau de 30-35 joueurs, en tenant compte de la sélection Espoirs. Le critère de bas, c'est la performance en club, mais je dois aussi sentir qu'ils sont capables de faire ça au haut niveau. Ceux qui ont un vécu et l'ont déjà démontré ont cet avantage.

La Moldavie, est-ce l'adversaire idéal pour débuter les éliminatoires ou est-ce plutôt le premier des pièges dans ce groupe ?

Par expérience, et en regardant l'historique des qualifications de l'équipe de France, ça n'a jamais été un chemin tranquille. Il n'y a pas de match idéal. Ça dépendra beaucoup de nous. La Moldavie va jouer sa chance à fond à domicile et ce sera à nous de mettre l'engagement nécessaire pour aller chercher ces trois premiers points.

Ce rassemblement ne dure qu'une semaine, cela vous laisse-t-il le temps pour travailler sur de nouvelles choses ?

Non. La plupart des joueurs ont joué hier. Aujourd'hui et demain, ce sera de la récupération. Mercredi, on sera déjà à J-2. On ne va pas changer pour changer. On va s'appuyer sur nos forces. On aura sûrement un bloc bas en face de nous, ce n'est pas la situation la plus simple car ça nécessite beaucoup de justesse et de mouvement. L'animation offensive sera importante et variée.

Deschamps : « Griezmann sous-coté ? Oui, certainement »

L'avenir d'Antoine Griezmann est-il un sujet de discussion entre vous deux ?

Je parle de tout avec Antoine. Il est suffisamment lucide et mature. C'est le jeu des médias. Il n'y a aucun souci avec Antoine. Il a prolongé. Et s'il est sollicité, il peut être amené à réfléchir. Comme tout joueur, il faut faire des choix de carrière et ce n'est pas facile, ça demande une longue réflexion, mais c'est leur lot quotidien.

Trouvez-vous qu'il est sous-coté en France ?

Oui, certainement. Je suis beaucoup plus âgé que lui, et ça a toujours été le cas des joueurs français qui évoluent à l'étranger. Antoine a réalisé une saison dernière de très grande qualité. Il a gagné la Ligue Europa en étant décisif et a remporté la Coupe du Monde en étant décisif aussi. Il aurait certainement mérité une récompense individuelle, mais il fait partie des meilleurs attaquants mondiaux. L'exposition médiatique, en France, pourrait être mise plus en valeur, mais ça reste quelqu'un de très apprécié par les supporters. Il pense toujours collectif, même si c'est un attaquant. On l'a vu lors du dernier match où il était censé tirer le penalty et l'a laissé à Olivier Giroud. Ce geste résume à lui seul ce qu'est Antoine par rapport à un collectif.

Le niveau des latéraux vous inquiète-t-il ?

Je ne suis pas inquiet. Il y a certainement une réflexion à approfondir. J'en ai discuté avec Hubert Fournier récemment. Ce poste est peu considéré dans la formation car c'est souvent des joueurs qui jouent plus haut qu'on fait redescendre. Un latéral est aussi souvent jugé par ce qu'il apporte offensivement. Trop, à mon goût. Cela reste un défenseur avant tout. Il y a un travail plus spécifique à faire peut-être, avec cette qualité défensive qui doit être là, et aussi un travail de gammes sur la qualité des centres dans différentes positions. Ce poste n'est pas assez important par rapport aux autres postes dans les catégories de jeunes.

Propos recueillis par R.F., à Clairefontaine

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