Bleus : L'absence d'efficacité offensive pose problème

Bleus : L'absence d'efficacité offensive pose problème©Media365
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David HERNANDEZ, publié le mardi 15 octobre 2019 à 08h50

Après le nul face à Turquie ce lundi et à l'image de ce qui a pu être aperçu depuis deux mois, la France a fait preuve d'une inefficacité offensive nouvelle. Une explication de la contre-performance turque qui coûte deux points.

En 2018, la Belgique s'était attirée les foudres de toute une nation en ayant l'élimination mauvaise après leur courte défaite en demi-finale de la Coupe du Monde. Les coéquipiers d'Eden Hazard avaient pris en plein visage la marque de fabrique de cette équipe de France, en passe de devenir championne du monde. En Russie, la bande à Didier Deschamps s'est forgée une réputation d'équipe clinique voire chirurgicale. Avec Antoine Griezmann et compagnie, il ne fallait pas 50 occasions pour faire la différence et pour s'ouvrir les portes d'un deuxième titre mondial. « A la Coupe du Monde on n'avait pas besoin d'autant d'occasions pour marquer, en ce moment c'est le cas, a avoué le Barcelonais en zone mixte. Il va falloir qu'on travaille tous dans nos clubs pour nous améliorer devant le but. »

La situation personnelle des attaquants est-elle en cause ?

Un an après, la situation a en effet bien changé. Non pas que les Bleus aient désormais oublié de marquer. En 8 matchs de qualifications, ils ont trouvé le chemin des filets à 21 reprises, soit 2,6 buts par matchs. Mais, à la solidité défensive chère à Deschamps s'est ajoutée une inefficacité de l'autre côté du terrain. Contre l'Andorre, l'Albanie et l'Islande, le talent pur français avait fait la différence. Pas lundi. Contre la Turquie, les champions du monde ont largement maîtrise leur sujet et mis en place le plan prévu avec une forte utilisation des ailes et de Kingsley Coman. Seulement, comme cela avait déjà été le cas en Islande trois jours plus tôt, les occasions franches n'ont pas fini en but.

Ou du moins pas assez. Si Mert Günok a fait des miracles dans le but turc avec notamment cette double parade devant Griezmann et Sissoko au quart d'heure de jeu, le portier d'Istanbul Basaksehir n'explique pas à lui seul cette incapacité à ne mettre qu'un but sur 21 tirs. « On aurait pu se mettre à l'abri plus tôt, concède Benjamin Pavard. On a manqué d'efficacité et c'est dommage parce que, dans l'ensemble, je trouve qu'on a fait un bon match. » Cette inefficacité est peut-être le fruit de quelque chose de plus extérieur au groupe France. Griezmann ne s'est pas encore adapté au Barça, et Giroud n'est presque plus dans le groupe de Chelsea. Sans compter l'absence sur blessure de Mbappé.

Deux fois moins efficaces qu'au Mondial

Quand on est attaquant, la confiance joue beaucoup et depuis deux mois ça se ressent. A l'occasion des quatre matchs éliminatoires joués lors des deux derniers rassemblements, les Bleus ont souvent fait le siège sur le but adverse (85 tirs en 4 matchs) mais n'ont finalement marqué que 9 buts, dont près de la moitié face à l'Albanie. Avec un but marqué tous les 9,4 tirs, Olivier Giroud et ses coéquipiers sont loin de ce qui faisait leur force durant le Mondial où ils avaient besoin de moitié moins de frappes pour faire trembler les filets (1 but pour 4,3 tirs). « On a mis du mouvement, on a fait des centres mais le gardien turc a fait deux bons arrêts. On aurait dû être plus tueur devant le but, ajoute Moussa Sissoko. C'est ce qui nous a manqué ce soir car le contenu est là. » A écouter les Français après la rencontre, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Avec seulement deux points à prendre pour se qualifier contre la Moldavie et l'Albanie, les Bleus ont de quoi voir venir. Mais, comme l'a si bien dit Griezmann, un tel déchet aura forcément des conséquences négatives dans un tournoi comme l'Euro. D'ici juin 2020, les situations personnelles des attaquants français auront certainement évolué. Reste à souhaiter que leur efficacité aussi.

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