Les Bleuets partent de rien avec beaucoup

Les Bleuets partent de rien avec beaucoup©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mardi 05 septembre 2017 à 08h42

« Le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance ». Plus de dix ans après leur dernière phase finale d'une compétition internationale (Euro 2006), celle des Bleuets se fait toujours attendre.

Et pourtant, ce n'est pas le chaos qui lui manque. Les générations passent, toutes plus prometteuses, et les déceptions s'enchaînent. Après vingt ans comme homme de club au FC Lorient, Sylvain Ripoll est arrivé en mai au poste de sélectionneur de l'équipe de France Espoirs pour briser la spirale infernale. Une nomination tardive, tant Noël Le Graët et la Fédération ont mis le temps avant de se décider sur le successeur de Pierre Mankowski. Ce dernier, qui avait échoué à qualifier la génération Rabiot-Tolisso-Bakayoko-Kimpembe pour l'Euro 2017, devait initialement être remplacé en février. Il a fallu attendre trois mois de plus pour trouver celui qui assumerait la mission de remettre les Bleuets sur la carte du football international.

« On sait que ça va prendre du temps »

Elle débute mardi avec la réception du Kazakhstan mardi (18h30). Un match déjà piège contre le leader provisoire du groupe 9 des éliminatoires pour l'Euro 2019 de la catégorie, après une victoire au Luxembourg (1-2) et un nul contre le Monténégro (1-1).   Facétie d'un calendrier brouillon concocté par l'UEFA, la France n'est toujours pas entrée dans la compétition. Ce n'est pas plus mal, puisqu'elle est apparue encore en rodage vendredi lors de son galop d'essai face au Chili (1-1) avant le début des choses sérieuses. « Il va falloir qu'on progresse énormément pour être compétitif et être au niveau que l'on souhaite, a lancé Ripoll après la rencontre. (...) C'est un nouveau projet, une nouvelle génération, on sait que ça va prendre du temps. » Parce que les Bleuets repartent d'une page blanche, avec un groupe à reconstruire de zéro, ou presque.

Et encore, Mbappé, Dembélé ou Coman sont au-dessus

Mais a priori, il y a tout pour en faire de haut niveau. Le Celtic Glasgow, l'Inter Milan, l'Atlético Madrid, la L1 ou la Bundesliga : voilà où Ripoll a le bonheur de piocher pour composer son effectif. Un luxe que peu de ses confrères peuvent se permettre. Et encore, Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou Kingsley Coman, qui seraient éligibles à une sélection chez les Espoirs, ont déjà leur place au niveau au-dessus. C'est dire le potentiel monstrueux dont dispose la France. S'il y a des surclassés (Alban Lafont, Malang Sarr ou Ronaël Pierre-Gabriel pour ce premier rassemblement de la saison, il est emmené par les générations 1996 et surtout 1997, victorieuse du titre européen chez les U19 en 2016. Elle est symbolisée par Lucas Hernandez, Marcus Coco, Amine Harit, Lucas Tousart ou encore Allan Saint-Maximin, pour ne citer qu'eux.

Des écarts de conduite

Jean-Kévin Augustin, aussi, mais l'ancien attaquant du PSG désormais au RB Leipzig a été exclu du groupe pour une altercation avec Ripoll suite à son remplacement à la mi-temps vendredi. Sanction provisoire ou pas, l'avenir le dira, mais l'un des leaders annoncés du groupe Espoirs s'est déjà mis en marge. Une très mauvaise habitude chez les Bleuets, qui ont davantage marqué les esprits par leurs écarts de conduite que par leurs résultats sportifs depuis des années. La sortie parisienne d'Antoine Griezmann, Yann M'Vila et consorts avant l'élimination par la Norvège en 2012, la provocation de Layvin Kurzawa se retournant contre lui en Suède en 2014 : ces épisodes ont rompu le lien entre la France et une équipe Espoirs qu'elle suit désormais de très loin. Il est grand temps de le renouer, avec pour objectif une qualification pour les JO 2020, la France n'ayant plus participé au tournoi olympique masculin depuis 1996. Une éternité qui n'a que trop duré.

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