Mais qui est Corinne Diacre ?

Mais qui est Corinne Diacre ?©Media365

David HERNANDEZ, publié le mercredi 05 juin 2019 à 08h32

A l'approche de l'ouverture de la Coupe du Monde féminine et de l'entrée en lice de l'équipe de France face à la Corée du Sud ce vendredi (21h00), zoom sur la sélectionneure Corinne Diacre, qui aime marquer l'histoire.

Parc des Princes, vendredi 21h00. Dans deux jours, l'équipe de France féminine de football fera son entrée dans la Coupe du Monde 2019. Son Mondial, à domicile. Au moment où ses joueuses entreront sur la pelouse parisienne pour affronter la Corée du Sud, Corinne Diacre fera abstraction de tout le folklore engendré par cette compétition en France. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle n'est pas du genre à se laisser porter par ses émotions. Issue d'une famille de la classe ouvrière, la sélectionneure sait d'où elle vient et les sacrifices qu'elle a fait pour en arriver jusqu'à prendre la tête des Bleues en septembre 2017.

Membre des Bleues 2003

La vie avec le maillot ou le survêtement de l'équipe de France, Diacre la connaît bien. Cela fait maintenant 25 ans qu'elle vit au rythme des rendez-vous internationaux, comme défenseure centrale, capitaine, adjointe de Bruno Bini et maintenant sélectionneure. Si les Bleues font aujourd'hui partie des nations qui comptent, la native de Croix n'y est pas étrangère. A l'époque où le football féminin n'avait de résonnance qu'aux Etats-Unis ou chez le voisin allemand, Corinne Diacre et toute une génération ont marqué l'histoire du foot français.

Un soir de novembre 2002 à Geoffroy Guichard, c'est elle qui a marqué le but qui a envoyé la France à son premier Mondial. Avec Marinette Pichon ou Sandrine Soubeyrand, l'aventure s'arrêtera au premier tour. Mais avec 121 capes, Diacre a bien marqué l'histoire de son empreinte. La page de footballeure tournée en 2007 dans son club de toujours l'ASJ Soyaux, Diacre s'est logiquement tournée vers le coaching, elle qui a toujours été vantée pour ses qualités de leadership.

Pionnière à Clermont

Sous sa coupe, Soyaux a continué à se faire une place en D1, malgré deux descentes (2010-2011 et 2012-2013). Mais une fois de plus, la femme au regard perçant a surtout joué les pionnières. Ceux qui ne s'intéressent que très peu au football féminin ont malgré tout déjà entendu parler de Diacre. Grâce à son statut de première femme à diriger un club professionnel chez les hommes en France. Une distinction dont elle se passerait bien, mais quand même... C'est Clermont qui a fait ce choix en 2014, après avoir été laissé en plan par une autre technicienne, Helena Costa.

Ce pari, Claude Michy président à l'époque, ne l'a pas regretté. Malgré le contexte, l'actuelle sélectionneure des Bleues a réussi à faire oublier cette question du sexe par son coaching. Ses qualités de meneuse d'hommes ont d'ailleurs été louées en interne durant trois saisons. « Parfois quand j'étais en difficulté, elle a su me prendre dans son bureau, ce n'était jamais dans mon dos, elle me disait les choses », avoue Adrien Hunou à L'Equipe. Le vainqueur de la Coupe de France avec Rennes a joué sous les ordres de Diacre le temps d'un prêt et confirme ce franc-parler.

La Deschamps au féminin

Bien évidemment, cette franchise peut déplaire. Mais elle a choisi de ne pas s'en détacher afin de ne pas fuir ses responsabilités. Pour trouver la trace d'un sourire sur le visage de Diacre ou d'indice sur sa vie hors-foot, il faut se lever tôt. Elle aime cultiver cette image mystérieuse. Qu'on l'aime ou pas, Diacre sait ce qu'elle veut et ne dévie pas de sa ligne de conduite, tout en gardant de l'humilité. Car la sélectionneure sait que malgré un bilan positif avec les Bleues (17 victoires en 23 matchs), elle n'a encore rien gagné depuis ses premiers pas dans le monde professionnel.

Durant un mois, elle sera focalisée sur cet objectif, pour écrire encore l'histoire. Une épopée dans cette Coupe du Monde qui pourrait la voir faire de ce groupe France le premier à décrocher une médaille dans un tournoi mondial. A 44 ans, elle en est bien consciente et n'a pas hésité à faire des choix forts. Exit Marie-Antoinette Katoto, malgré son titre de meilleure buteuse de D1 féminine et place à un groupe qu'elle connait et sur lequel elle s'appuie depuis plus d'un an. Le groupe au-dessus de l'individualité. Une doctrine qui n'est pas s'en rappeler un certain Didier Deschamps. Avec l'espoir de retrouver le même succès au bout du chemin.

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