Diacre : " Sportivement, c'est un échec "

Diacre : " Sportivement, c'est un échec "©Media365
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Arthur Merle, publié le vendredi 28 juin 2019 à 23h50

Après l'élimination des Bleues contre les Etats-Unis vendredi soir, en quarts de finale du Mondial (2-1), la sélectionneure de l'équipe de France Corinne Diacre a tenté d'analyser l'échec tricolore, tant à l'échelle de la rencontre qu'à celle de la compétition. Avec une certitude : sur le plan sportif, l'objectif n'a pas été atteint.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL AU PARC DES PRINCES

Corinne Diacre, qu'avez-vous pensé de la prestation globale de votre équipe ?

On a été crispées en première période. Les joueuses se sont davantage libérées en deuxième. On a eu la mainmise sur le jeu mais ça n'a pas suffi. Le plan de jeu a fonctionné pour les contrer mais on a manqué de justesse dans le dernier geste, dans nos choix. Et de justesse technique. En amenant le ballon sur le côté, si on n'arrive pas à centrer... Et on a encore vu certaines joueuses en dessous de leur potentiel.

La non utilisation du VAR en fin de rencontre est-il un tournant ?

On pourrait débattre toute la nuit, à quoi ça servirait ? Par moments ça a été en notre faveur, ce soir visiblement non. Doit-on s'arrêter là-dessus ? Je ne pense pas. Mais le regret est ce manque d'attention sur une touche. On avait prévenu mais ça n'a pas suffi. L'idée était de ne pas encaisser de but trop rapidement. On a fait une erreur d'inattention, qu'on paye cash. Ça s'est joué sur un détail et leur expérience a fait parler le reste.

Peut-on parler d'échec ?

On a vu qu'on n'était pas très loin des Etats-Unis. Car je peux vous dire que je ne les ai jamais vues finir à cinq joueuses derrière. On a vu un beau visage de l'équipe de France mais la qualification n'y est pas donc sportivement ça ne peut pas être autre chose qu'un échec.

Diacre : « Certaines joueuses n'ont pas été au top »

Avez-vous envie de continuer ?

Je ne suis pas du genre à renoncer, le président m'a fait confiance sur un bail assez long. Pour ma part, j'ai encore du travail à faire. On a beaucoup de choses à faire ensemble encore, j'espère. C'est un échec sportif, il ne faut pas se cacher. On est loin de notre objectif mais j'espère qu'on a gagné autre chose : le cœur des gens. J'espère que ça va aider notre discipline à franchir encore un cap.

Eugenie Le Sommer a semblé en difficulté. Regrettez-vous de l'avoir titularisée ?

Je ne regrette rien. Eugenie n'était pas blessée. Elle l'a été mais a été bien soignée. Ça a juste tronqué la préparation qu'on lui avait concoctée, en plus de sa longue saison. C'est vrai qu'Eugenie n'était pas au top de sa forme. Est-ce qu'on peut enchaîner une autre compétition de haut niveau après une telle saison ? On avait travaillé sur cette donnée mais des blessures sont venues tronquer notre plan. Certaines joueuses n'ont pas été au top de leur forme. Mais on ne doit pas attribuer cet échec à ça.

C'est votre cinquième élimination de suite à ce stade d'une grande compétition. Que manque-t-il ?

On a joué les Etats-Unis quand même ce soir. Je ne vais pas me chercher d'excuse mais les jouer en quarts n'est pas un cadeau. On a fait bonne figure mais il nous manque du travail. Le staff a fait ce qu'il fallait. On va faire un bilan, se poser, bien analyser ce qui a fonctionné et le reste. Il faut laisser retomber un peu la pression. Réagir à chaud n'est pas bon. Si je savais ce qu'il manque, on serait passées.

Quel a été votre discours après la rencontre ?

Leur dire qu'elles n'avaient pas beaucoup de regrets à avoir si ce n'est sur cette erreur. Elles ont gagné le coeur de millions de gens. Les filles étaient malheureuses, on avait beaucoup d'espoir.

C'est la double-peine avec l'élimination des JO...

C'était un objectif secondaire, même une demie n'aurait pas suffi. On n'a pas beaucoup de regrets.

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