Soupçons d'espionnage par le Qatar : Trois enquêtes ouvertes en France

Soupçons d'espionnage par le Qatar : Trois enquêtes ouvertes en France©Panoramic, Media365
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Paul Rouget, Media365 : publié le mercredi 25 janvier 2023 à 13h19

La justice française a ouvert trois enquêtes préliminaires suite aux soupçons d'espionnage par le Qatar de plusieurs personnalités, dont Michel Platini, qui avait déposé plainte.



Le parquet de Paris a confirmé mardi l'ouverture de trois enquêtes préliminaires sur les soupçons d'espionnage par le Qatar de différentes personnalités avant la Coupe du monde 2022, annonce l'AFP. Une affaire révélée en novembre dernier par le Sunday Times, dans une enquête où on avait découvert que des journalistes, des avocats, mais aussi une sénatrice française ainsi que Michel Platini avaient été ciblés. L'ancien patron de l'UEFA a porté plainte, et il a été entendu le 4 janvier dernier comme témoin, dans une de ces enquêtes, ouverte pour "atteinte à un système automatisé de données" et "atteinte au secret des correspondances" et confiée à l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC). Il aurait été espionné en mai 2019 peu avant sa garde à vue dans l'enquête sur les soupçons de corruption dans l'attribution de la Coupe du monde au Qatar, pour laquelle il ne fait aujourd'hui l'objet d'aucune poursuite.

Un gang de pirates informatiques basé en Inde

Parmi les autres personnalités qui ont porté plainte, et qui ont commun d'avoir tenu des propos critiques vis-à-vis du Qatar ou de l'attribution du Mondial 2022 à l'émirat, on retrouve la sénatrice Nathalie Goulet (Union centriste), qui avait notamment accusé le Qatar de financer le terrorisme islamique. Après les révélations du journal anglais, elle a confié avoir reçu plusieurs mois plus tôt un appel téléphonique d'un individu "se disant enquêteur mais qui ne s'est pas présenté", et qui connaissait le mot de passe de son compte de messagerie électronique. Elle a porté plainte et l'enquête a été confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) parisienne, qui enquête également sur une plainte de Mediapart et d'un de ses journalistes, Yann Philippin. Ce dernier, qui avait signé plusieurs articles sur le Qatar, a été la cible de tentatives d'hameçonnage en ligne, et l'enquête a repris après l'apport d'éléments nouveaux. Selon le Sunday Times, un gang de pirates informatiques basé en Inde aurait été embauché pour cibler les détracteurs du Qatar et protéger la réputation du pays avant la Coupe du monde.

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