Jean Canesse, Media365 : publié le mercredi 29 juillet 2026 à 20h15
Le président de la FFF n'a pas directement critiqué Gianni Infantino et la Fifa ce mercredi sur France Inter, mais il s'est voulu un peu plus tranchant en début de soirée pour L'Equipe.
Alors que l'annonce du projet de commercialisation de la Coupe du monde, mardi dans les colonnes du Times, a provoqué des réactions en chaîne partout dans le monde, Philippe Diallo a sans surprise été interrogé sur le sujet lors de son passage matinal à France Inter ce mercredi. Lors d'un entretien consacré en grande partie, aussi, à l'arrivée de Zinédine Zidane à la tête des Bleus, le président de la FFF ne s'est pas joint à la cohorte des critiques, semblant surtout regretter le processus et non le fond.
« Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui (...) soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football », a surtout observé le successeur de Noël Le Graët.
Diallo défend le bilan du Mondial
Alors que, comme l'UEFA, la ministre des Sports Marina Ferrari s'est montrée particulièrement critique ce mercredi via un communiqué (« le football n'est pas à vendre ! », « La méthode est aussi préoccupante que le fond »), Philippe Diallo n'en a lui pas dit plus sur le sujet et a ensuite été questionné sur Gianni Infantino et le Mondial 2026. « Bon, d'abord, la Coupe du monde a été un grand succès. Populaire. On disait que les Etats-Unis n'était pas un pays de football et tous les stades étaient pleins, on n'a jamais eu autant de gens dans les stades », a félicité Diallo, avant d'être relancé sur les prix exorbitants des places. « Mais les stades étaient pleins », a-t-il rétorqué à Alexis Morel.
Si Philippe Diallo a tout de même reconnu que « ce Mondial a soulevé des questions, des interrogations », il n'a jamais réagi à la mention du journaliste au sujet de Donald Trump (qui avait demandé l'annulation du carton rouge de Folarin Balogun) ou à celle sur l'arbitre somalien privé de Coupe du monde. « Moi, je l'ai dit, je ne suis pas un fan des pauses fraîcheurs », a-t-il cité comme unique exemple pour étayer son propos.
Quelques heures plus tard : « Ce projet est inquiétant »
Tandis que la grogne est montée un peu partout dans la journée et que les nations européennes, entre autres, tentent de se coordonner, Philippe Diallo a tenu un discours d'une autre teneur pour L'Equipe en début de soirée. « Ce projet est inquiétant, a-t-il alors affirmé, avant de se présenter comme un critique régulier de la Fifa. Je suis déjà intervenu sur les conditions de revenus de la Coupe du monde reversées aux sélections car je les trouvais assez injustes. Ce projet, on ne sait pas d'où il sort. Et différents événements récents, comme le carton rouge enlevé à Balogun, le projet de passage à 64 équipes après 48 ou certains montages financiers nécessitent de revoir cette gouvernance qui n'est pas à la mesure de ce que représente le football. »
Interrogé deux fois sur la possibilité de voir la France soutenir la candidature de Gianni Infantino à la prochaine élection de la Fifa, Diallo a toutefois botté en touche. Les deux fois. « On se doit de construire une relation exigeante avec la FIFA et là on n'y est pas. Il y a, là aussi, des interrogations et une remise en cause. D'autres pays mènent les mêmes réflexions que moi », a-t-il dans un premier temps répondu, avant, relancé, d'évacuer : « Il ne peut pas y avoir de nouvelle élection sans plus de clarification, de démocratie et de transparence. »













