La Roja, rupture et fin de cycle

La Roja, rupture et fin de cycle©Media365
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Julien Pereira, publié le mercredi 11 octobre 2017 à 18h45

Le foot promeut-il toujours les surhommes ? Il a peut-être consacré le plus grand d'entre eux, mardi soir, au bout d'une soirée d'ivresse que seul Lionel Messi pouvait offrir. Le héros solitaire s'est invité tout seul au Mondial alors que dans le même temps, des génies solidaires se sont condamnés.

La plus belle génération chilienne a peut-être écrit la dernière page d'une formidable histoire qu'elle avait entamée, en 2007, avec un autre demi-dieu à sa tête, Marcelo Bielsa. Deux succès historiques en Copa America (2015, 2016) et une finale de Coupe des Confédérations (2017) plus tard, la Roja regardera la plus prestigieuse des compétitions internationales à la télévision, sans que l'on ne sache encore si ce coup d'arrêt est véritablement définitif. Les premiers indices n'incitent pas à l'enthousiasme.

« Ce cycle rempli de joie a pris fin »

Il y a d'abord les motifs de résignation. Ceux qui précèdent les grands départs. « Merci les gars, pour tout, pour toutes ces années ensemble, à jouer sa vie à chaque match, pour m'avoir appris et avoir appris à un pays qu'avec des efforts et du travail, tout est possible dans la vie. Avec l'âme détruite mais à la fois heureux de ces joueurs et du staff technique ». Par ces mots, Arturo Vidal a laissé plané le doute, un temps, sur son avenir en sélection. Mais il a fini par réaffirmer sa volonté « d'appartenir à ce groupe ». Dans le même temps, le sélectionneur Juan Antonio Pizzi, dont le contrat a expiré sans être renouvelé après cet échec, n'a pas cherché à trouver un nouvel élan pour son futur successeur : « Malheureusement, ce cycle rempli de joie a pris fin. Et ce chagrin que nous ressentons aujourd'hui, est encore plus fort que le plus triste moment que chacun a connu dans sa carrière ».

« D'autres ne s'entraînent pas parce qu'ils sont ivres »

Le technicien de 49 ans a aussi eu l'élégance d'embarquer une part de pression avec lui, se jugeant « seul et unique responsable de la débâcle ». Il s'agissait là d'une formule de politesse puisque dans la nuit, la femme de Claudio Bravo, gardien de but de la sélection, a révélé une déchirure plus profonde. « Merci pour tous ces beaux moments, ma sélection. Merci mon capitaine America pour tout ce qu'on a vécu. C'était vraiment beau, a-t-elle d'abord exprimé sur son compte Instagram, avant de développer : Mais quand on enfile ce maillot, on doit être professionnel. Je sais que la majorité se casse le c.., alors que les autres vont faire la fête et ne s'entraînent même pas parce qu'ils sont ivres. »

Même Bravo songe à partir

La compagne du capitaine n'en a pas dit plus sur les joueurs visés. Par le passé, Arturo Vidal avait déjà connu quelques ennuis liés à l'alcool, comme lorsqu'il avait crashé sa Ferrari au lendemain d'un match nul contre le Mexique (3-3), lors de l'édition 2015 de la Copa América. Le message de Carla Prado traduit peut-être un mal plus profond, une rupture entre les joueurs impliqués et ceux qui donnent l'impression de ne plus l'être. Dans un tel contexte, chacun réclame du temps, et Claudio Bravo lui-même, souvent irréprochable, a affirmé avoir « besoin de réfléchir sur avenir en sélection ». Sans son capitaine, certains joueurs majeurs et un sélectionneur du même ADN que les précédents, le Chili aura probablement besoin d'une éternité pour se renouveler. Encore une.

 
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