La génération Verratti joue sa crédibilité

La génération Verratti joue sa crédibilité©Media365
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Geoffrey Steines, publié le vendredi 10 novembre 2017 à 08h34

Rarement en 60 ans de présence continue l'Italie s'est retrouvée si près de manquer la Coupe du Monde, avant son barrage aller contre la Suède vendredi. Une double confrontation qui doit permettre à la nouvelle génération, symbolisée par Marco Verratti, de se révéler à elle-même.



C'est une question d'honneur, un rendez-vous avec l'histoire que l'Italie ne doit pas rater. Présente à toutes les éditions de la Coupe du Monde depuis 1958, passée une seule fois par les barrages sur cette période (contre la Russie pour le Mondial 1998), elle doit prolonger cette série en passant par une double confrontation avec la Suède. « Ça va être difficile, mais en même temps, nous sommes l'Italie et nous avons l'obligation d'aller à la Coupe du Monde », a lancé Leonardo Bonucci dans un entretien accordé au site officiel de la FIFA en préambule du match aller, programmé ce vendredi à Solna (20h45). Néo-trentenaire au sein d'une sélection coincée entre deux générations, le défenseur du Milan AC fait partie des cadres qui doivent montrer la voie à une jeunesse pétrie de talent, mais pour l'instant en difficulté pour assumer la relève. « Il y a un processus de rajeunissement de la sélection et il faut être patient. Nous, les plus âgés de l'équipe, devrons motiver les jeunes pour qu'ils se donnent toujours à 100 %. »
Exit le 4-2-4, le retour du 3-5-2 et de la BBC
Ils ne doivent certainement pas avoir besoin de ça avec un tel enjeu. Parce qu'ils sont bien conscients de faire partie des responsables principaux de cette situation précaire. La génération Marco Verratti, représentée par Matteo Darmian, Alessandro Florenzi, Lorenzo Insigne ou encore Stephan El Shaarawy, galère pour emboîter le pas de ses aînés. Elle n'a pas capitalisé sur un parcours probant jusqu'en quart de finale l'Euro 2016, ni profité des idées novatrices de Gian Piero Ventura pour donner une nouvelle philosophie à la Squadra Azzurra. Contraint de se rendre à l'évidence de l'échec de son 4-2-4 ultra-offensif pendant les éliminatoires, avec une correction reçue en Espagne (3-0) et un nul malvenu contre la Macédoine (1-1), le sélectionneur italien reviendra à du classique pour vendredi. Il devrait ressortir des cartons le 3-5-2 installé par Antonio Conte et mis de côté après son départ. Il devrait ainsi s'appuyer sur l'ex-BBC de la Juve (Bonucci-Andrea Barzagli-Giorgio Chiellini) et sur les anciens pour franchir l'obstacle suédois. Comme un symbole de l'échec de la génération Verratti et du besoin récurrent du football de la Botta de revenir à ses fondamentaux, la moyenne d'âge du onze de départ devrait dépasser les 30 ans à la Friends Arena.
Zlatan : « L'Ibrahimovic de l'Italie, c'est Verratti »
Mais le milieu parisien (25 ans) sera bien là, comme Insigne (26 ans), Ciro Immobile (27 ans) ou Simone Zaza (26 ans), à condition que l'attaquant de Valence soit apte. Tous ont joué un rôle mineur, au mieux, pendant l'Euro 2016 et attendent leur match-référence en sélection. La patience des tifosi à leur égard a néanmoins ses limites, comme pour un Verratti qui cristallisait les critiques après la défaite à Madrid. Bonne nouvelle pour la Nazionale : il s'approche de son meilleur niveau avec le PSG. Primordial pour récupérer la place qui doit être la sienne. « A mon avis, l'Ibrahimovic de l'Italie, le joueur que nous devons craindre le plus, c'est Marco Verratti, sans aucun doute le plus fort, a assuré Zlatan dans un entretien accordé à Sky Sport. Mais il doit être utilisé de la meilleure manière, de façon à ce qu'il puisse donner non pas 100%, mais 200%. Il a un talent incroyable. » Des promesses à concrétiser avec la sélection, après tant d'espoirs déçus. Sinon, Verratti et consorts pourraient à jamais dans l'histoire du football italien comme ceux qui n'ont pas su saisir le flambeau tendu par les anciens et ont fait partir en fumée soixante ans d'histoire.
Bonucci : « Nous avons la volonté de ne pas tomber plus bas »
Pour éviter un couac retentissant à cette génération dorée désormais plus proche d'être sacrifiée, Bonucci a une idée de la recette à suivre : « Nous devons former un groupe au sein duquel chaque joueur est prêt à se sacrifier pour tous les autres. Il faudra aussi faire preuve d'humilité et se donner en permanence au maximum. Il n'y a que comme cela que le football italien a réussi à obtenir des résultats au cours de son histoire, au niveau de la sélection comme des clubs. (...) À l'heure actuelle, le football italien ne traverse pas la meilleure période de son histoire, et c'est bien pourquoi nous avons la volonté de ne pas tomber plus bas. (...) Ça ne doit pas nous mettre la pression. La situation est ce qu'elle est mais dans les moments difficiles nous, les Italiens, savons donner encore un peu plus, ce millimètre de plus qui nous permet d'aller en Coupe du Monde. » Jusqu'alors, les vingtenaires italiens n'ont pas fait preuve de ce mental qui caractérise leurs prédécesseurs. Il leur reste 180 minutes pour retrouver ce supplément d'âme qui doit faire partie de leur ADN.
 
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