Eriksen doit sortir de l'ombre

Eriksen doit sortir de l'ombre©Media365
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Geoffrey Steines, publié le dimanche 08 octobre 2017 à 10h06

Sous-coté par la faute de résultats collectifs mitigés avec son club de Tottenham et la sélection danoise, Christian Eriksen est pourtant le symbole de deux équipes en progrès. De là à le faire prochainement entrer dans une autre dimension, il n'y a qu'un pas.

Si le Danemark voit la Russie pour la Coupe du Monde 2018, il le devra en grande partie à Christian Eriksen. Le maître à jouer de la sélection scandinave s'occupe de tout depuis le début des éliminatoires. Il en est à sept buts en neuf matchs, dont quatre sur les quatre derniers, auxquels il convient d'ajouter quatre passes décisives. Encore décisif jeudi au Monténégro dans un match-charnière pour la qualification (0-1), le milieu de Tottenham a mis les siens dans une situation intéressante avant la dernière journée. Un nul à domicile contre la Roumanie (18h) et une place de barragiste sera sécurisée. Une victoire, conjuguée à une défaite de la Pologne face au Monténégro (18h), offrirait même au Danemark un ticket pour la Russie. Un rêve pour un pays qui a manqué les deux dernières grandes compétitions internationales et qui compte sur sa star pour mettre fin à cette disette. Une participation au Mondial et Eriksen tiendrait une opportunité en or d'accéder au statut qu'il mérite.
Des statistiques énormes pour Eriksen
Parce que la réputation du natif de Middelfart est loin de coller à ses performances en club ou en sélection. Il paye forcément les résultats en dents de scie de ses deux équipes, et peu importe qu'il fasse tout individuellement pour que la dynamique s'inverse. C'est flagrant chez les Spurs, qui s'installent doucement comme des candidats crédibles au titre de champion d'Angleterre après avoir longtemps fait figure de seconds couteaux. Il affiche des statistiques probantes depuis qu'il a rejoint le club londonien à l'été 2013 en provenance de l'Ajax Amsterdam (44 buts et 60 passes décisives en 187 apparitions toutes compétitions confondues). II a gardé le même tempo en ce début d'exercice 2017-18, avec deux réalisations et quatre offrandes. Et pourtant, il n'y en a que pour Harry Kane, Hugo Lloris ou Dele Alli, rarement pour Eriksen. Ce dont s'offusque Slaven Bilic. « Ils ont beaucoup d'excellents joueurs, mais celui qui est peut-être leur héros méconnu, c'est Christian Eriksen », a lancé le manager de West Ham dans le London Evening Standard.
Vertonghen : « Christian est énorme »
Même ton chez Jan Vertonghen, dithyrambique avec celui qu'il côtoie depuis plus de quatre ans dans le Nord-Ouest de Londres. « Je pense que Christian a fait d'incroyables progrès, a souligné récemment le capitaine de Tottenham. Je le connais depuis des années et il a toujours eu un grand talent, mais il a énormément évolué ces deux dernières saisons. (...) Il marque des buts, donne des passes décisives, et même quand il descend d'un cran, il est très bon. Christian est énorme. » Une évidence pour ceux qui le côtoient, pas forcément pour les observateurs extérieurs, tant le bonhomme se fait discret en dehors des terrains et ne crève pas l'écran avec son style de jeu « à l'ancienne ». Dans une sélection danoise qui dispose de pléthore de talents en devenir (Kasper Dolberg, Pione Sisto, Yussuf Poulsen, Lukas Lerager, Andreas Christensen) et de cadres autour de la trentaine (Simon Kjaer, Lasse Schöne, Nicklas Bendtner), Eriksen sert de liant. Sur la pelouse comme en dehors.
Eriksen a besoin de son quart d'heure de gloire
Il est au cœur du dispositif d'Age Hareide, le sélectionneur norvégien du Danemark. Dans une position de deuxième attaquant derrière la pointe, le joueur formé à Odense se régale et prend à chaque sortie davantage de poids dans le collectif. Il faut dire qu'il a un CV international qui ne va pas avec son âge. A seulement 25 ans, il affiche déjà 72 sélections au compteur et le rythme ne fait que s'accélérer depuis ses débuts chez les A en mars 2010. Au moment où il arrive à la période de la maturité, il est temps pour Eriksen de changer de dimension et de rejoindre ceux avec lesquels il partage un talent largement au-dessus de la moyenne. Un Tottenham plus consistant en Angleterre et en Europe l'y aidera, mais ça ne suffira pas. A l'image de Gareth Bale avec le pays de Galles à l'Euro 2016, Eriksen franchirait un énorme cap s'il portait le Danemark sur ses épaules pendant le Mondial 2018. Parce que s'il était déjà là à la Coupe du Monde 2010 et à l'Euro 2012, quittés dès le premier tour, il n'était pas encore devenu celui qu'il est aujourd'hui. Celui qui a sa place dans la cour des grands.

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