Divers : Le Covid-19, son vote pour la candidature du Qatar... Michel Platini se confie

Divers : Le Covid-19, son vote pour la candidature du Qatar... Michel Platini se confie©Media365
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Aurélien CANOT : publié le lundi 22 juin 2020 à 13h09

Interrogé longuement dans Le Monde au lendemain de son 65eme anniversaire, Michel Platini évoque la crise sanitaire. L'ancien homme fort de l'UEFA revient également sur son vote pour la candidature du Qatar pour le Mondial 2022.



Ce dimanche 21 juin, Michel Platini a fêté ses 65 ans. Pour l'occasion, l'ancien numéro 10 des Bleus s'est confié dans un long entretien pour le journal Le Monde. L'ancien président de l'UEFA y explique notamment pourquoi il avait décidé de donner son vote à la candidature du Qatar, alors uniquement en course pour organiser la Coupe du Monde 2022. Une voix qui lui avait valu d'être placé en garde à vue en juin 2019 dans le cadre de l'enquête pour corruption sur l'attribution de ce Mondial 2022. A l'époque, un déjeuner à l'Elysée en novembre 2010 entre Platini, Nicolas Sarkozy et celui qui allait devenir émir du Qatar figurait notamment dans le viseur du Parquet national financier (PNF). Le vainqueur de l'Euro 1984 avec l'équipe de France nie avoir été influencé ou soudoyé par l'Elysée pour donner son vote au comité de candidature qatari (« Je n'ai pas besoin de l'argent du Qatar, j'ai été l'un des meilleurs joueurs du monde, j'en ai gagné, de l'argent »). A l'entendre, s'il a voté pour le Qatar, c'est uniquement par convictions personnelles et pas parce qu'il avait subi une pression de qui que ce soit.

Platini : « Ce qui m'a convaincu de voter pour le Qatar ? Moi ! »

« Ce qui m'a convaincu de voter pour le Qatar ? Moi, répond Platini dans Le Monde. C'est vrai que, sur la carte, Angleterre et Etats-Unis, c'était bien au départ. Et après j'ai changé (d'avis). Les Etats-Unis l'avaient eue (l'édition 1994), les Anglais aussi (en 1966). La Russie ne l'avait jamais eue. Je suis pour l'expansion, le développement du football. Qu'un pays arabo-musulman ait la Coupe du Monde, c'était mieux que de la redonner à d'autres. Je voulais que cette Coupe du Monde se joue dans tous les Pays du Golfe et pas uniquement au Qatar. Si j'étais resté à la FIFA, je l'aurais peut-être obtenu. Je voulais que ça se joue à Dubaï, à Abou Dabi. Que ce soit le Golfe. » Quant à ce qu'il s'est dit et passé lors de ce fameux déjeuner de novembre 2010 à l'Elysée, Platini jure qu'il n'a même pas été question du Mondial ce jour-là. « On n'a jamais parlé de la Coupe du Monde le jour de ce déjeuner. Ils ont parlé de politique internationale (...) Si j'avais eu un intérêt personnel, j'aurais demandé de l'argent aux Qataris. Si j'avais eu un intérêt financier, je ne serais pas allé voir Sarkozy. Les autorités suisses ont regardé tous mes comptes. Il n'y a pas un centime du Qatar. »

Platini : « Je dis pour qui je vote et j'en prends plein la gueule »

L'ex-international français insiste d'ailleurs sur le fait que « s'il y a eu corruption, il faudra enlever la Coupe du Monde au Qatar ». Toujours dans ce même souci de transparence qu'il regrette presque aujourd'hui, en ayant vu l'opinion publique se retourner contre lui. « J'avais voté Maroc pour le Mondial 2006 et l'avais dit à Chirac. J'ai perdu. J'avais voté l'Italie pour l'Euro 2012 et j'ai perdu. J'ai toujours dit pour qui je votais. Vous voulez de la transparence les journalistes ? Je dis pour qui je vote, et j'en prends plein la gueule... (sic) » En revanche, s'il y a bien un sujet sur lequel l'ancien homme fort de la plus haute instance européenne peut s'exprimer librement, c'est le Covid-19. Le Meurthe-et-Mosellan explique dans Le Monde qu'il a passé le confinement chez lui à Cassis auprès de ses proches. Privé de football à la télévision, comme tout le monde, Platini, suspendu quatre ans entre 2015 et 2019 pour avoir reçu en 2011 de la FIFA un paiement présumé déloyal de 2 millions de francs suisses (1,84 M€) pour un travail effectué bien plus tôt (entre 1998 et 2002), n'a pas davantage regardé les matchs depuis que le football a repris.

Platini : « Le Covid n'aura aucune conséquence sur le football »

« Non, je n'ai pas regardé. D'ailleurs, on sait pourquoi ces matchs ont repris : ils sont joués pour l'argent des droits télévisuels », déplore le meneur de jeu passé par Nancy, Saint-Etienne et la Juve du temps de sa carrière de joueur, au même titre qu'il regrette tout le « bla-bla » autour de l'arrêt de la L1. « Il y a eu beaucoup de bla-bla pour tout ce qui concernait la France, mais, du moment que le gouvernement dit que tu ne peux pas jouer au football pour des raisons sanitaires, ce bla-bla ne sert à rien. » « A long terme, le Covid-19 n'aura aucune conséquence sur le football », est d'ailleurs certain « Platoche », pas du tout inquiet pour l'avenir du ballon rond en dépit de ce violent coup de frein. Bien au contraire. « Tout ce qui va se passer dans les années à venir ne dépendra pas du Covid de l'année 2020, mais de l'évolution des intérêts et des enjeux du football professionnel. Le système sera toujours plus fort. Il va reprendre, s'accélérer. »

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