Jean Canesse, Media365 : publié le dimanche 19 juillet 2026 à 15h50
Alors qu'il s'apprête à commenter la finale du Mondial, Omar Da Fonseca a livré sa vision du métier, évoquant aussi son rapport au jeu.
Qui de mieux, ou assurément de plus évident, pour commenter la finale de l'Argentine avec l'Espagne ce dimanche pour beIN Sports ? Avant de s'atteler à l'exercice, en compagnie de son acolyte Benjamin Da Silva, Omar Da Fonseca a répondu aux questions de L'Equipe pour évoquer sa philosophie. « On s'attarde moins sur les stratégies et pas du tout sur les statistiques, on aime être léger et sur l'émotion, a confié celui qui se désintéresse totalement des données chiffrées. La dernière fois, j'ai entendu qu'un joueur avait remporté 14,3 duels. Ça veut dire quoi la virgule ? Qu'il avait deux doigts de pied coupés (sourire) ? »
Questionné sur la nature éventuellement coincée des commentaires français, Da Fonseca a validé. « En France, on est radin avec nos émotions, on n'en donne pas assez, dit-il. J'ai très souvent entendu : 'Il faut faire propre et carré.' Mais nous parlons de foot les amis. Il y a trop de fiches, avec trop d'infos préparées en amont. Et certains veulent absolument les placer. Vivons le match avant tout ! Me dire que le grand-père du défenseur suisse a battu Manchester United 2-0 avec son club en 1968, ça ne va pas m'empêcher de dormir. Donnons de l'énergie. Je vais très souvent au cinéma et au théâtre. Si au bout d'un quart d'heure, je n'ai pas ri, été ému ou interpellé, je m'en vais ! »
« Je ne glorifie jamais le jeu mesquin »
International argentin (deux sélections), joueur du championnat de France pendant 11 ans (Tours, PSG, Monaco, Toulouse, Paris FC) entre 1982 et 1993, l'ancien attaquant a également été interrogé sur la récente rivalité entre Français et Argentins. « Il y a eu le résultat du match (ndlr : la finale 2022 remportée par l'Albiceleste), des gestes inappropriés, des chants racistes. Mais je ne veux pas qu'on dise 'les' Argentins quand on en parle. Peut-on nuancer ?, a demandé Da Fonseca. Je ne veux pas être taxé de raciste, cela me révolte ! (...) Ce qui m'attriste le plus, c'est qu'on s'éloigne encore un peu plus les uns des autres. Le football est une récréation existentielle qui te fait oublier le quotidien. Le foot, c'est même mieux que la vie ! »
Le foot, oui, mais pas n'importe lequel. Même s'il reconnaît avoir été « parfois roublard » au cours de sa carrière, Da Fonseca ne se reconnaît pas dans le football vicieux qui est prôné au plus haut niveau, a fortiori en Argentine selon lui : « En Argentine, on essaye de l'embellir, de dire que cela va faire sortir l'adversaire du match. S'il y a un tacle assassin dans les trois premières minutes, on dit : 'Il donne le ton' ou 'C'est la première, c'est bon...' Mais ça reste assassin. (...) Ce côté vicieux a toujours été valorisé. Moi, je ne l'ai jamais cautionné. Je ne glorifie jamais le jeu mesquin. J'ai entendu certains journalistes dire qu'il avait manqué ça aux Français, mais il faut éviter de mettre en avant cet aspect du football. »













