Mathieu Armand, Media365 : publié le lundi 15 juin 2026 à 16h42
Grande nouveauté de cette Coupe du monde, les pauses fraîcheur ne font pas l'unanimité. Virgil van Dijk s'est encore opposé à ses « cooling break », dimanche, après le match face au Japon.
C'est devenu un rituel à la 22ème minute de chaque période : les pauses fraîcheur. Mais elle suscite un vrai débat concernant leur utilité. Le capitaine des Pays-Bas, Virgil van Dijk, s'est exprimé sur ces « cooling break » après le nul de son équipe face au Japon (2-2). En zone mixte, il a déclaré avoir regardé tous les matchs de la Coupe du monde 2026. Et à chaque pause fraîcheur, le défenseur central a avoué que « ce n'est pas comme s'il aimait ça ». Le joueur de Liverpool estime que « pour les supporters à la télévision, ce n'est pas bien ». Il déclare tout de même que « s'il fait vraiment chaud, évidemment que ce serait bien ».
La FIFA a justifié l'ajout de ces pauses fraîcheur comme une récupération forcée pour les joueurs lors des grandes chaleurs. Pour beaucoup, elles sont un moyen pour les diffuseurs et la FIFA d'ajouter des pubs supplémentaires pendant ces trois minutes de pause. Sur le côté sportif, certains sélectionneurs et joueurs regrettent que ces « cooling break » mettent un terme à la période de domination d'une équipe.
Quatre quarts-temps
De nombreux grands noms du football se sont exprimés sur ces pauses fraîcheur. Didier Deschamps doutait déjà de leur utilité, en mars, lors du match amical face au Brésil. « On joue quatre quart-temps. Si vous êtes dans un temps fort, les trois minutes, ça coupe tout. Ça peut aider si vous êtes moins bien, mais si vous êtes proche de faire plier l'adversaire », avait lancé le sélectionneur des Bleus au micro de TF1. « Quand j'ai vu les joueurs rester plantés là pendant une pause canicule alors que les temps morts télévisés dictaient le rythme du match, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander : à qui la Coupe du monde sert-elle vraiment ? Aux supporters ? Aux joueurs ? Ou aux annonceurs ? », se questionne Jurgen Klopp sur le plateau de la ZDF. Il estime que « le football était autrefois l'événement principal » mais risque « de devenir la musique de fond d'un spectacle publicitaire ».
Une aubaine tactique
Certains défendent ces pauses, comme Rudi Garcia, sélectionneur de la Belgique. « Moi j'appelle ça le coaching break et non pas le cooling break », a expliqué le Français. « Franchement, c'est une aubaine. Je ne vais pas dire merci à la publicité aux États-Unis, mais ce sont vraiment des moments où on pourra parler avec les joueurs, recadrer tactiquement, leur donner des conseils », estime-t-il. L'ancien coach de l'OM et de Lille a pris comme exemple le match amical face à la Croatie pour justifier ses propos : « Ça nous a permis de donner des infos à l'équipe, qui a bien répondu et on s'est améliorés en fin de première période. Donc je trouve ça vraiment bien. »
Même si certains pensent que ces pauses ne servent à rien, le rapport de Météo-Paris estime qu'au moins 26 rencontres de la Coupe du monde pourraient présenter un risque en raison de la chaleur lors du Mondial. De quoi rendre utile ce que l'on pense inutile.














